En bref
Jeudi 15 octobre, des milliers de personnes ont manifesté à Buenos Aires. Des personnes masquées ont jeté des pierres sur une barrière, et la police a riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, selon Clarín et le ministère de la Sécurité.
Le ministère de la Sécurité a fait état d'au moins 25 arrestations et de huit policiers blessés, La Nación a compté dix policiers blessés, et ABC a rapporté que plus de 30 personnes avaient été interpellées.
Le Congrès a passé outre le veto de Milei sur la loi de 2025, mais le gouvernement affirme qu'elle est suspendue pendant qu'il poursuit son action en justice. Une décision de la Cour suprême en juin a confirmé la légalité de la loi.
Le budget 2027 alloue 430 millions d'euros aux universités publiques, soit 33 % de moins que ce que les recteurs avaient demandé, tandis que les dépenses de 2026 sont inférieures de 25,3 % en termes réels à celles de 2023.
- mai 2026Manifestations dans tout le pays ; les organisateurs font état de 1,5 million de participants
- juin 2026La Cour suprême confirme la légalité de la loi et appelle à son application
- 15 oct.Cinquième Marche universitaire fédérale ; affrontements devant le Congrès à Buenos Aires
Des milliers de personnes défilent vers le Congrès
Jeudi 15 octobre, des étudiants, des personnels universitaires, des syndicalistes et des partisans de l'opposition se sont rassemblés devant le Congrès à Buenos Aires pour exiger du gouvernement qu'il applique la loi sur le financement des universités. Cette Marche universitaire fédérale était la cinquième de ce type depuis l'arrivée au pouvoir de Javier Milei en décembre 2023, et des organisations sociales et des syndicats s'y sont joints pour réclamer des hausses de salaires et la fin d'une austérité qui frappe aussi les retraités et les personnes handicapées. Les estimations de la foule varient : l'AFP a compté plusieurs milliers de personnes dans la capitale, tandis qu'ABC a évoqué des dizaines de milliers de participants sur place et estimé à environ un million le nombre de manifestants dans le pays. Selon Clarín, le rassemblement a débuté calmement avant que les affrontements ne commencent.
Affrontements et arrestations
Alors que le rassemblement durait depuis un certain temps, des personnes masquées ont jeté des pierres sur une barrière protégeant le Congrès, et la police a riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Selon l'AFP, les forces de l'ordre ont également utilisé des balles en caoutchouc, et les confrontations, essentiellement à distance, ont duré un peu plus d'une heure dans l'après-midi. Le ministère de la Sécurité, cité par DW et l'AFP, a fait état d'au moins 25 arrestations, tandis qu'ABC a rapporté que plus de 30 personnes avaient été interpellées. La ministre de la Sécurité, Alejandra Monteoliva, a déclaré que les manifestants voulaient « semer le chaos » et a écrit sur X que le droit de manifester n'est pas « un droit d'exercer la violence ». Le décompte provisoire du ministère fait état de huit policiers parmi les blessés, La Nación en a compté dix, et l'ANSA a indiqué que certains manifestants avaient été touchés directement par des grenades lacrymogènes.
La loi et le refus du gouvernement
Le Congrès a adopté la loi sur le financement des universités en 2025. Elle prévoit des augmentations de salaires pour les personnels universitaires indexées sur l'inflation avec pour référence décembre 2023, rétablit les bourses étudiantes et alloue davantage de moyens au fonctionnement des universités. Milei a opposé son veto à la loi, mais le Congrès a passé outre, et plusieurs décisions de justice ont ordonné au gouvernement de débloquer les fonds. Le gouvernement ne les a pas versés et affirme que la loi est suspendue en raison de sa propre action en justice contre elle. Milei a justifié son veto en déclarant qu'il n'y a « pas d'argent » pour des hausses de salaires indexées sur l'inflation. En juin, la Cour suprême argentine a confirmé la légalité de la loi et appelé à son application, selon DW. Emiliano Yacobitti, vice-recteur de l'Université de Buenos Aires, a exhorté le président à respecter la loi, déclarant :
« Personne n'est au-dessus des lois, pas même le président. »
Coupes budgétaires et budget 2027
L'ANSA cite des études sectorielles selon lesquelles le budget universitaire de 2026 est inférieur de 25,3 % en termes réels à l'enveloppe de 2023. Le Centre de recherche économique nationale de l'Université de Buenos Aires, cité par DW, a constaté que les dépenses des universités publiques ont reculé de 41 % en termes réels au premier semestre 2026. La loi de finances 2027 alloue 430 millions d'euros aux universités publiques, ce qui, selon l'ANSA, représente 33 % de moins que ce que les recteurs avaient demandé pour les salaires, les infrastructures, la recherche, les bourses et les hôpitaux. Ce budget a alimenté le bras de fer sur le financement.
Un conflit depuis 2024
Le différend sur les dépenses d'éducation dure depuis 2024, les étudiants et les personnels retournant régulièrement dans la rue. En mai, les organisateurs ont affirmé que 1,5 million de personnes avaient participé à des manifestations dans tout le pays. Des syndicats et d'autres organisations de la société civile se sont joints à la marche d'octobre pour réclamer l'abrogation d'un vaste décret présidentiel de dérégulation économique qui touche le marché locatif, selon Clarín. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a également supprimé des milliers d'emplois dans le secteur public, réduit les subventions et démantelé des programmes sociaux.