En bref
Le plan franco-allemand abaisse l'objectif 2035 de 100 % à 90 % par rapport à 2021, sans compensation exigée pour les 10 % restants, selon un document consulté par l'AFP.
L'Allemagne accepte des critères plus stricts dans l'Industrial Accelerator Act, portés par la France, imposant aux entreprises bénéficiant de fonds publics de s'approvisionner en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires.
La ministre de l'Environnement Carsten Schneider avait retardé l'accord par une lettre à Friedrich Merz le mercredi 14 octobre, avant de lever son opposition le vendredi 16 octobre.
- décembre 2025La Commission européenne propose de ramener l'objectif CO2 de 2035 à 90 % par rapport à 2021
- 14 oct.La ministre de l'Environnement Carsten Schneider adresse une lettre au chancelier Friedrich Merz réclamant davantage de conditions pour l'acier vert
- 15 oct.Le document franco-allemand sur l'ensemble est consulté par l'AFP et révélé par Handelsblatt
- 16 oct.La France et l'Allemagne publient une déclaration commune après une rencontre bilatérale en marge d'un sommet de l'UE
Déclaration commune sur l'industrie automobile
Le vendredi 16 octobre, la France et l'Allemagne ont confirmé un accord sur l'avenir de l'industrie automobile européenne, annoncé dans une déclaration commune après une rencontre bilatérale en marge d'un sommet de l'UE le matin même. Les deux gouvernements affirment que leur cap climatique reste inchangé : réduire nettement les émissions de CO2 tout en renforçant la capacité de l'Europe à concevoir et à produire la prochaine génération de véhicules électriques. Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé sur X après l'annonce.
« Avec l'Allemagne, nous sommes parvenus à un accord pour garantir l'avenir du secteur automobile européen. »
Les gouvernements proposent un ensemble qui associe une trajectoire de décarbonation ambitieuse à une flexibilité réglementaire adaptée aux différents marchés et à l'ouverture technologique. Ils disent vouloir travailler rapidement avec leurs partenaires européens pour parvenir à un accord plus large.
Un objectif 2035 assoupli
L'objectif actuel de l'UE impose une réduction de 100 % des émissions de CO2 des nouveaux véhicules thermiques d'ici à 2035 par rapport à 2021, les constructeurs pouvant revendiquer 10 % de flexibilité via des mesures compensatoires. Dans le plan franco-allemand, l'objectif passerait de 100 % à 90 %, sans compensation supplémentaire exigée. Un document franco-allemand consulté par l'AFP jeudi indique que l'industrie devra réduire ses émissions de 90 % d'ici à 2035 sans compenser les 10 % restants, contrairement à une première proposition de la Commission. Le texte justifie cette évolution par le recours croissant aux carburants « renouvelables », dont les biocarburants. Paris a accepté une flexibilité supplémentaire pour les véhicules thermiques réclamée par Berlin, une concession qui confirme l'abandon d'un objectif 2035 tout-électrique, au grand dam des organisations environnementales.
- Objectif actuel de l'UE
- 100 %
- Plan franco-allemand
- 90 %
Données tirées du texte de l’article
Des règles plus strictes pour le « fabriqué en Europe »
L'Allemagne a accepté des critères plus stricts de « fabriqué en Europe » pour le secteur automobile dans l'Industrial Accelerator Act, une avancée portée par la France. Les entreprises bénéficiant de fonds publics devraient s'approvisionner en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires. Cette logique couvrirait les 27 États membres de l'UE et des partenaires proches comme le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. Berlin a longtemps défendu un concept plus large de « fabriqué avec l'Europe » englobant bien davantage de pays, et la mesure vise en partie à résister au flux de véhicules chinois vers l'Europe. Le vice-chancelier et ministre des Finances Lars Klingbeil a déclaré dans un communiqué :
« Nous ne voulons pas que l'Allemagne se contente d'assembler des composants venus d'Asie, mais que les composants clés soient développés et produits ici. »
Blocage sur l'acier vert et calendrier
La ministre de l'Environnement Carsten Schneider avait retardé l'accord par une lettre adressée au chancelier Friedrich Merz le mercredi 14 octobre, réclamant davantage de conditions pour l'acier vert. Après une discussion des ministres SPD sur les prochaines étapes le vendredi matin, il a levé son opposition. Des sources ministérielles indiquent que l'achat d'acier vert et recyclé pourrait être régulé au niveau national. Carsten Schneider a déclaré dans un communiqué :
« Il était important pour moi que nous obtenions aussi, à cette occasion, des avancées en matière de climat et de politique industrielle pour la sidérurgie. »
La chronologie va d'une proposition de la Commission fixant un objectif de 90 % en décembre 2025 à l'ensemble révélé par Handelsblatt le 15 octobre, puis à la déclaration commune du 16 octobre.
Avertissement d'un expert et prochaines étapes
L'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer prévoit qu'en 2035 les voitures thermiques circuleront encore majoritairement sur les routes américaines, tandis que l'électrique dominera en Europe et en Chine. Il avertit que les emplois liés au thermique pourraient se déplacer vers l'Amérique, la production suivant la demande. L'ensemble doit encore être négocié entre les 27 États membres et au Parlement européen. Berlin et Paris disent vouloir un accord rapide avec leurs partenaires.