En bref
Le juge Santiago Pedraz a mis en examen l'ancien juge Luis Sáenz de Tejada, dont l'audition est fixée au 28 octobre à 10 h 30.
Le ministère de l'Intérieur, dirigé par Fernando Grande-Marlaska, assure une protection policière à la juge Beatriz Biedma à partir du mercredi 14 octobre.
Un témoin a déclaré à l'UCO le 24 septembre que l'ancien juge avait évoqué l'élimination de la magistrate, selon un rapport versé à l'affaire Leire Díez.
Le Partido Popular a cité un décompte de 130 personnes mises en examen, Sáenz de Tejada étant la 130e, un chiffre avancé par le parti lui-même.
- 13 oct.Le juge Pedraz met en examen l'ancien juge Sáenz de Tejada
- 14 oct.Début prévu de la protection policière de la juge Biedma
- 28 oct.Sáenz de Tejada doit être entendu comme mis en examen
Le juge met en examen un ancien magistrat
Le juge Santiago Pedraz de l'Audiencia Nacional, qui instruit l'affaire dite Leire Díez, a convoqué l'ancien juge Luis Sáenz de Tejada pour qu'il soit entendu comme mis en examen le 28 octobre à 10 h 30. Les enquêteurs le relient à des agissements présumés contre la juge Beatriz Biedma, de Badajoz, qui avait instruit l'affaire visant David Sánchez, le frère du Premier ministre Pedro Sánchez. La Guardia Civil le rattache à un réseau présumé dirigé par l'ancienne militante socialiste Leire Díez, qui aurait tenté de saboter des procédures judiciaires touchant le PSOE et des proches de Pedro Sánchez. Pedraz a relevé des indices selon lesquels Sáenz de Tejada aurait pu commettre des faits d'organisation criminelle, de calomnie, de contrainte et d'atteinte à l'intégrité morale. Sáenz de Tejada a été exclu de la magistrature en 2022 après une condamnation dans une affaire de mauvais traitements envers son ancienne compagne, selon El País. Mardi 13 octobre, Biedma avait demandé au juge de convoquer Sáenz de Tejada ainsi qu'un témoin qui affirme que le réseau l'avait contactée pour « éliminer » la magistrate.
Un témoignage dans le rapport de l'UCO
Un rapport de l'Unité centrale opérationnelle (UCO) de la Guardia Civil, versé à l'affaire Leire Díez, contient le témoignage d'une femme liée au clan Los Rocho de Badajoz, entendue par l'UCO le 24 septembre. Selon le rapport, l'ancien juge a eu plusieurs contacts avec elle, au cours desquels il a présenté la juge comme une gêne et affirmé qu'elle devait être éliminée. Le témoin a également déclaré que l'ancien juge et un homme se présentant comme avocat lui avaient communiqué l'adresse du domicile de la magistrate, rapporte El Mundo.
« Selon le récit de la déclarante, ces propos relèveraient du champ d'une action physique. »
Protection policière pour la juge
Le ministère de l'Intérieur, dirigé par Fernando Grande-Marlaska, a accédé à la demande de Biedma d'un dispositif de protection policière, qui débute selon des sources policières le mercredi 14 octobre. El País a confirmé la décision après que La Razón l'a révélée, et la protection est assurée par le secrétariat d'État à la Sécurité du ministère après une évaluation des risques. Biedma a témoigné comme partie lésée à l'Audiencia Nacional le 8 octobre, décrivant une campagne menée contre elle par des vidéos diffusées sur la chaîne YouTube de Sáenz de Tejada. Elle a déclaré à la cour avoir ressenti de l'« angustia » en apprenant les manœuvres dirigées contre elle. El Mundo rapporte qu'elle se rendra pour la première fois mercredi au palais de justice de Badajoz sous escorte. Des sources judiciaires citées par El País indiquent que le sentiment de menace s'est accru ces derniers jours, à mesure que les attaques se répandaient sur les réseaux sociaux.
Réactions politiques
Le Partido Popular a réagi le 13 octobre par la voix de sources du parti, accusant le PSOE de corruption et avançant un décompte de 130 personnes mises en examen, Sáenz de Tejada étant la 130e. Le parti a accusé Sánchez de tenter de dissimuler ce qu'il a qualifié de gestion désastreuse par des chiffres, et a affirmé que la seule chose qui avançait comme une fusée était la corruption du PSOE. Ce décompte renvoie à des personnes formellement mises en examen, et non à des condamnations. Le chiffre de 130 est celui du parti lui-même, et les articles ne le vérifient pas.
La suite
Sáenz de Tejada doit être entendu comme mis en examen le 28 octobre à 10 h 30, selon l'ordonnance du tribunal. Le dispositif de protection de Biedma doit débuter le mercredi 14 octobre. EL MUNDO rapporte que Sáenz de Tejada s'était vanté sur sa chaîne YouTube qu'aucun tribunal ne l'avait convoqué, pas même comme témoin, avant que l'ordonnance de mise en examen ne soit rendue. Biedma avait également déclaré à Pedraz qu'elle s'était sentie poursuivie pendant l'instruction de l'affaire David Sánchez, qui s'est achevée par une peine de neuf ans d'inéligibilité pour prévarication.