Le 11 juillet 2021, des milliers de Cubains ont défilé dans les rues de La Havane, Santa Clara et Santiago de Cuba, exigeant liberté, nourriture et électricité lors de la plus massive manifestation anti-régime en 67 ans.
Au moins 300 des plus de 1 000 manifestants poursuivis sont encore derrière les barreaux cinq ans plus tard, certains avec des peines dépassant 20 ans pour des crimes tels que le sabotage ou la sédition, selon Amnesty International.
L'île endure des coupures d'électricité prolongées de plus de 24 heures, des pénuries de nourriture et de médicaments, une augmentation de la pauvreté et de la mortalité infantile, et une baisse de population de 11 millions à moins de 10 millions en raison de l'émigration massive.
Cuba détient désormais plus de 1 300 prisonniers politiques et cible les jeunes qui expriment leur dissidence via les réseaux sociaux, alors que le régime intensifie la surveillance préventive contre les militants et les journalistes.
Le 10 juillet 2021, un utilisateur de Facebook à San Antonio de los Baños a appelé ses voisins à protester contre les coupures d'électricité incessantes et la négligence du gouvernement. Le lendemain, des milliers de Cubains ont défilé dans les rues de La Havane, Santa Clara, Santiago de Cuba et ailleurs, criant « liberté » et réclamant de la nourriture, de l'électricité et un changement politique. Ce fut la plus grande vague de protestations à Cuba depuis 1959. Andy García Lorenzo, alors âgé de 23 ans, s'est rendu à la manifestation de Santa Clara. Il se souvient avoir voulu « mêler sa colère individuelle à la rage du peuple. »
« C'était logique de sortir dans la rue. Cela a changé toute ma vie, m'a donné un but. »
Le président Miguel Díaz-Canel a répondu en appelant les révolutionnaires « dans la rue » et en donnant « l'ordre de combat ». La police et les forces spéciales ont violemment réprimé les manifestations. Les sources officielles ont confirmé au moins un mort ; des dizaines de blessés.
En quelques heures, une vaste opération policière a balayé l'île. Les sources divergent, mais entre 1 500 et plus de 2 000 personnes ont été détenues. Environ 700 à 1 000 ont été poursuivies, beaucoup après avoir été torturées. Les fils de Martha Perdomo, Jorge et Nadir Martín Perdomo, ont été condamnés respectivement à huit et six ans de prison ; elle affirme qu'ils ont été torturés par la police politique. L'artiste d'opposition Luis Manuel Otero Alcántara, chef du Mouvement San Isidro, a été arrêté avant de pouvoir rejoindre les manifestations et condamné plus tard à cinq ans de prison pour profanation et trouble à l'ordre public. Aujourd'hui, on ignore où il se trouve.
Cinq ans plus tard, au moins 300 personnes purgent toujours des peines liées aux manifestations du 11-J, selon Johanna Cilanno d'Amnesty International.
« Ils purgent les peines les plus longues, dans certains cas dépassant 20 ans, pour des crimes tels que le sabotage ou la sédition. L'un des héritages du 11-J a été précisément l'utilisation du droit pénal par l'État de manière hautement discrétionnaire et exemplaire. »
Au total, Cuba détient aujourd'hui plus de 1 300 prisonniers politiques, selon Prisoners Defenders. Le régime a utilisé des programmes télévisés pour rappeler les peines à la population, et la peur a étouffé les manifestations tout au long de 2022.
La situation quotidienne s'est aggravée depuis 2021. Des coupures d'électricité prolongées, durant parfois plus de 24 heures, paralysent les services publics, les écoles et les entreprises. La nourriture et les médicaments sont rares, la pauvreté et la mortalité infantile ont augmenté, et les transports publics se sont effondrés en raison de la pénurie de carburant. Les sanctions américaines imposées en janvier ont accentué l'étranglement économique. La population est passée de 11 millions à moins de 10 millions, en raison d'une émigration sans précédent de jeunes professionnels qualifiés. Dans de nombreux quartiers, le bruit des casseroles (cacerolazos) est devenu un rituel nocturne de colère.
Des petites manifestations ont refait surface malgré la répression. Les autorités ont intensifié la surveillance préventive contre les dissidents, les journalistes et les militants. « Le profil des détenus a changé ; nous voyons maintenant plus de jeunes s'exprimer via les réseaux sociaux », a noté Cilanno. Le souvenir du 11-J est si redouté que l'État déploie une vigilance constante. Pourtant, le slogan « Patria y vida » résonne encore comme un contre-hymne au « Patria o muerte » officiel.
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À l'occasion du cinquième anniversaire du soulèvement de juillet 2021, au moins 300 manifestants restent derrière les barreaux selon Amnesty International, tandis que l'île endure des coupures d'électricité prolongées et une baisse de population de 11 millions à moins de 10 millions.
Texte IA fondé sur les articles de EL PAÍS, El Periódico, ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL et d’autres médias. Publié .