Élections · New Delhi, Bengaluru et Alwar
L'Inde annule des trains vers Delhi et interpelle des manifestants sur la révision des listes électorales
La police a annulé des trains vers Delhi et suspendu les transports en commun avant un rassemblement samedi à Jantar Mantar pour exiger la démission du chef de la commission électorale, Gyanesh Kumar. La révision des listes électorales a supprimé plus de 130 millions de noms.
Texte IA fondé sur les articles de AP NEWS, The New York Times, BBC et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait
En bref
Les autorités ont annulé des trains à destination de Delhi et suspendu les transports en commun vendredi 9 octobre, avant un rassemblement samedi à Jantar Mantar. Le Cockroach Janta Party affirme que 10 000 de ses sympathisants ont été interpellés.
La plus haute juridiction indienne a rendu vendredi après-midi une ordonnance d'urgence rare, demandant au gouvernement de reconsidérer les restrictions et de proposer un autre lieu de manifestation, et a estimé que le métro de Delhi ne devait pas être totalement interrompu.
La Révision intensive spéciale a débuté en juin de l'année dernière et a supprimé plus de 130 millions d'électeurs, près de 14 pour cent du total des électeurs indiens, selon Al Jazeera.
Une enquête de l'Indian Express publiée le mois dernier a révélé que deux des trois commissaires électoraux s'étaient formellement opposés au moins 14 fois à des décisions clés de la SIR prises par Gyanesh Kumar.
La police a brièvement interpellé Rahul Gandhi et d'autres dirigeants du Congrès mardi alors qu'ils tentaient de marcher vers le siège de la commission électorale à New Delhi.
- 8 oct.La police du Rajasthan interpelle Deepak Baliyan à son domicile à Kathumar, dans le district d'Alwar, dans la nuit de jeudi
- 9 oct.Trains vers Delhi annulés, transports en commun suspendus et la Cour suprême rend une ordonnance d'urgence vendredi après-midi
- 10 oct.Rassemblement du Cockroach Janta Party prévu à Jantar Mantar
Des trains annulés avant le rassemblement de samedi
Vendredi 9 octobre, les autorités indiennes ont annulé des trains à destination de Delhi et suspendu les transports en commun dans la capitale, tandis que plusieurs manifestants potentiels ont été placés de fait en résidence surveillée, selon The New York Times. Ces mesures répondaient à l'appel du mouvement de la génération Z connu sous le nom de Cockroach Janta Party, qui invitait des personnes de tout le pays à converger vers le centre de Delhi pour une manifestation samedi contre ce que le groupe qualifie de purge politique des listes électorales. Le rassemblement de samedi doit se tenir à Jantar Mantar, un lieu de protestation de longue date que les forces de sécurité bloquent actuellement. Le parti affirme que la police a interpellé 10 000 de ses sympathisants dans tout le pays, et des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des policiers extrayant de jeunes manifestants potentiels de trains à destination de Delhi dans diverses régions du pays.
La Cour suprême intervient
La plus haute juridiction indienne a rendu vendredi après-midi une ordonnance d'urgence rare, demandant au gouvernement de reconsidérer les restrictions imposées à la manifestation et de proposer un autre lieu pour celle-ci. Saisie d'un recours par un responsable d'un parti d'opposition, la Cour a également estimé que le métro de la ville ne devait pas être totalement interrompu. Le président de la Cour suprême, Surya Kant, a posé le problème en termes de maintien de l'ordre.
« Il faut empêcher certaines choses »
Le Premier ministre Narendra Modi n'a pas commenté les manifestations de cette semaine, selon The New York Times.
La controverse sur les listes électorales
Les manifestations visent la Révision intensive spéciale, dite SIR, lancée en juin de l'année dernière pour identifier les électeurs décédés, en double ou douteux et les radier des listes. Al Jazeera rapporte que le processus a supprimé plus de 130 millions d'électeurs, près de 14 pour cent du total des électeurs indiens, et qu'une écrasante majorité d'entre eux sont des musulmans qui ne votent généralement pas pour le parti nationaliste hindou de Modi. Une enquête de l'Indian Express publiée le mois dernier a révélé que deux des trois membres de la commission électorale s'étaient formellement opposés au moins 14 fois à des décisions clés de la SIR prises par le commissaire en chef Gyanesh Kumar. Des responsables de l'opposition et des critiques accusent Kumar, nommé par le gouvernement Modi, d'agir à la demande du BJP et exigent une enquête indépendante sur les décisions de la commission pendant son mandat. Bloomberg fait état de la crainte que des électeurs éligibles puissent aussi être radiés, ce qui pourrait influencer l'issue des scrutins.
Des dirigeants de l'opposition et des militants interpellés
Mardi, la police de New Delhi a brièvement interpellé le chef de l'opposition Rahul Gandhi et d'autres dirigeants du Congrès alors qu'ils tentaient de marcher vers le siège de la commission électorale. Gandhi a déclaré aux journalistes que le pays avait été pris en main par le vol de voix.
« Le pays a été détourné par Narendra Modi au moyen du vol de voix. »
Dans la nuit de jeudi, la police du Rajasthan a emmené Deepak Baliyan, co-responsable national du Cockroach Janta Party, de son domicile à Kathumar, dans le district d'Alwar, selon la BBC. Le cofondateur du parti, Saurav Das, a écrit que le parti s'inquiétait pour sa sécurité, et sa libération a été exigée par le porte-parole du parti et député de Nagaur, Hanuman Beniwal, avant que la police ne le relâche tard dans la nuit. Le porte-parole du Cockroach Janta Party a indiqué que plusieurs autres responsables et militants du Rajasthan avaient également été placés en résidence surveillée.
Militantisme et satire des jeunes sous pression
Neha Bora, militante de 29 ans suivie par plus d'un million de personnes sur Instagram, est devenue un visage marquant de la contestation après avoir été interpellée plusieurs fois par la police alors qu'elle franchissait les barrières du lieu de protestation dans la capitale. Elle a montré ses hématomes sur Instagram le week-end dernier et a promis de continuer à manifester.
« Demain, nous marcherons encore »
L'humoriste Brijesh Jha a publié le 29 septembre une vidéo parodique affirmant que Gyanesh Kumar avait privé des millions d'électeurs de leurs droits à la demande du BJP, qui a été vue 1,7 million de fois. Meta, propriétaire d'Instagram, a retiré la vidéo deux jours plus tard, invoquant les « lois locales » sans autre explication. Jha a déclaré à Al Jazeera qu'il se sentait impuissant après avoir perdu son vote, qu'il a décrit comme la seule chose qu'il possédait dans le pays.
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Sources et contexte
- Gyanesh Kumar
- Chef de la commission électorale indienne dont les manifestants exigent la démission
- Narendra Modi
- Premier ministre de l'Inde, critiqué par l'opposition sur la révision des listes électorales et qui n'a pas commenté les manifestations
- Rahul Gandhi
- Chef de l'opposition interpellé par la police alors qu'il marchait vers le siège de la commission électorale
- Surya Kant
- Président de la Cour suprême dont l'ordonnance d'urgence a demandé au gouvernement de reconsidérer les restrictions à la manifestation
- Neha Bora
- Militante de 29 ans, visage marquant des manifestations de jeunes
- Hanuman Beniwal
- Porte-parole du Cockroach Janta Party et député de Nagaur, qui a exigé la libération de Baliyan
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