En bref
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite indique que les attaques houthies d'octobre ont tué 19 personnes et fait 364 blessés, dont 17 morts et 330 blessés à l'aéroport international King Khalid de Riyad.
Deux escortes du Premier ministre Shayaa al Zindani ont été tuées lorsque des missiles ont frappé le palais présidentiel à Aden le jeudi 15 octobre, et le gouvernement a indiqué qu'il était sain et sauf.
L'UE a reporté sine die son sommet prévu en octobre avec le Conseil de coopération du Golfe, qui aurait été le deuxième de ce format après 2024.
Le porte-parole de la coalition, Turki al Maliki, a déclaré que les houthis avaient tiré 1 104 missiles et un nombre plus élevé de drones contre l'Arabie saoudite depuis le début des opérations.

- 3 sept.Les houthis lancent une offensive de grande ampleur dans l'ouest du Yémen
- 12 oct.L'aéroport de Riyad fermé depuis le lundi, toujours à l'arrêt au 15 octobre
- 14 oct.Les houthis revendiquent une frappe contre Aramco à Dhahran ; l'aéroport d'Abha attaqué
- 15 oct.Des missiles frappent le palais d'Aden ; l'UE reporte le sommet avec le Golfe
Le bilan s'alourdit après les attaques contre des aéroports saoudiens
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a chiffré à 19 morts et 364 blessés le bilan des attaques houthies d'octobre. Son porte-parole, Turki al Maliki, a donné ces chiffres lors d'une conférence de presse le jeudi 15 octobre, précisant que 17 des morts et 330 des blessés se trouvaient à l'aéroport international King Khalid de Riyad. Des rapports publiés plus tôt dans la matinée faisaient état de bilans inférieurs, de 13, 14 puis 18 morts pour les attaques de Riyad, et le décompte de la coalition est le plus récent. L'aéroport de Riyad est fermé depuis le lundi 12 octobre, après plus de vingt attaques houthies contre lui depuis le début du mois. Al Maliki a également déclaré que les houthis avaient tiré 1 104 missiles et un nombre plus élevé de drones contre l'Arabie saoudite depuis le début des opérations, et que les forces de la coalition avaient détruit 127 dépôts houthis dans les zones montagneuses du Yémen.
Des missiles frappent le palais d'Aden
Le jeudi, des missiles ont touché le complexe du palais présidentiel à Aden, la ville portuaire du sud qui abrite le gouvernement yéménite depuis la prise de Sanaa par les houthis en 2014. Deux escortes du Premier ministre Shayaa al Zindani ont été tuées, a indiqué le ministère yéménite de l'Information, ajoutant qu'al Zindani et des membres du gouvernement étaient sains et saufs. Les houthis, par l'intermédiaire de leur agence de presse Saba, ont affirmé avoir visé un centre d'opérations dirigé par des officiers saoudiens au palais Maasheeq ainsi que des dépôts d'armes sur place. Une source militaire a déclaré à EFE sous couvert d'anonymat que quatre missiles balistiques avaient été tirés sur le complexe, et des témoins ont fait état de quatre fortes explosions et de colonnes de fumée. Une grande partie de la haute direction du gouvernement se trouve à Riyad pour des raisons de sécurité. C'est la première fois que les houthis frappent le palais avec des missiles balistiques depuis le début de la nouvelle phase de la guerre, début septembre.
Le sommet avec le Golfe reporté
L'UE et le Conseil de coopération du Golfe avaient prévu un sommet en octobre, qui aurait été le deuxième de ce format après une réunion en 2024 à Bruxelles. Le Conseil de l'UE a annoncé le report à Bruxelles et indiqué qu'une nouvelle date serait communiquée en temps voulu. Le Conseil a qualifié le partenariat d'une grande importance stratégique pour les deux régions et déclaré que l'UE entendait l'approfondir. Le Premier ministre bulgare Rumen Radev, s'exprimant en anglais, a déclaré :
« Malheureusement, pour autant que je sache, cette réunion à Riyad sera reportée, peut-être pour des raisons de sécurité. »
Frappes contre Aramco et réponse de la coalition
Le mercredi 14 octobre, le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a revendiqué une « opération militaire de haute qualité » contre Aramco à Dhahran, ainsi que des frappes contre l'aéroport de Riyad et une raffinerie de la capitale. Un responsable du ministère saoudien de l'Énergie a confirmé qu'un bâtiment appartenant à Aramco à Dhahran avait été touché, provoquant un incendie limité mais sans victimes. L'aéroport d'Abha, dans le sud-ouest, a également été attaqué ce jour-là, et un Égyptien et un Algérien y ont été tués. Les attaques contre l'aéroport de Riyad mercredi et jeudi avaient déjà tué trois Saoudiens, dont un pilote, et un ressortissant soudanais. La coalition a qualifié l'attaque contre l'aéroport de Riyad de crime de guerre et promis une réponse puissante, tandis que ses frappes ont touché Sanaa, bastion houthi de la capitale yéménite.
Une escalade plus large
Des forces alignées sur le gouvernement yéménite ont déclaré jeudi avoir intercepté un drone se dirigeant vers Médine et un missile tiré vers Riyad. Un missile balistique a été intercepté dans la nuit au-dessus d'Al-Kharj, où se trouve la base aérienne du prince Sultan, et la coalition l'a attribué aux houthis. Le cessez-le-feu de 2022 s'est effondré ces derniers mois, et les houthis ont pris le contrôle de vastes portions du littoral du détroit de Bab al-Mandab. Le conflit yéménite s'est rallumé parallèlement à la guerre contre l'Iran que les États-Unis et Israël ont lancée fin février. Les prix mondiaux du pétrole ont augmenté dans le contexte de cette escalade. La Turquie prépare une aide pour l'Arabie saoudite avec prudence, une étape qui met à l'épreuve le pacte de La Mecque, un accord de défense liant l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.