En bref
Un extrait de « I confini contano » (2021) a été l'un des sujets de texte argumentatif de la première épreuve écrite de l'examen national de fin d'études secondaires italien, le 18 juin 2026.
Le sujet demande aux élèves d'analyser l'estompage des frontières entre l'enfance et l'âge adulte, et d'expliquer le terme de Furedi, « adultescenti », pour désigner les 20-35 ans qui évitent les responsabilités adultes.
Né à Budapest, émigré après 1956, devenu professeur de sociologie à Kent, passé du communisme révolutionnaire à des positions conservatrices, et dirige aujourd'hui un think tank lié à Orbán.
Furedi soutient que l'abolition de toutes les frontières (géographiques, morales, générationnelles) affaiblit l'identité et la démocratie, et que les sociétés doivent redécouvrir l'art de tracer des lignes.
- 1947Né à Budapest, Hongrie (certaines sources citent 1948).
- 1956Fuit la Hongrie avec sa famille après la révolution ; s'installe au Canada, puis au Royaume-Uni.
- 2021Publie « I confini contano. Perché l'umanità deve riscoprire l'arte di tracciare frontiere » en Italie chez Meltemi.
- 18 juinUn extrait de l'essai apparaît comme sujet dans la première épreuve écrite du Maturità 2026.
Le sujet de l'examen
Le 18 juin 2026, plus d'un demi-million d'étudiants italiens ont passé la première épreuve écrite du Maturità, l'examen national de fin d'études secondaires. Parmi les sujets proposés pour le texte argumentatif (type B3, selon plusieurs sources) figurait un extrait de l'essai de Frank Furedi paru en 2021, « I confini contano. Perché l'umanità deve riscoprire l'arte di tracciare frontiere », publié en Italie par Meltemi. Le sujet invite les candidats à expliquer l'affirmation de Furedi selon laquelle « le manque de clarté sur la frontière entre les générations est désormais largement reconnu » et à définir le néologisme « adultescenti ».
« Furedi met sous la loupe la tranche d'âge des vingt à trente-cinq ans, qu'il appelle « adultescents » : un terme désignant ceux qui refusent de s'engager et préfèrent prolonger un mode de vie juvénile bien au-delà de ce qui est dû. L'auteur souligne que la ligne de démarcation entre les générations s'est désormais estompée. Grandir est perçu presque comme une nuisance, synonyme de stress et de solitude, provoquant une forte idéalisation de l'enfance et de la puérilité au détriment de la responsabilité. »
Qui est Frank Furedi
Frank Furedi est né à Budapest en 1947 (certaines sources indiquent 1948). Après la révolution hongroise de 1956, sa famille a fui d'abord vers le Canada, puis vers le Royaume-Uni. Il a construit sa carrière académique à l'Université du Kent, où il est aujourd'hui professeur émérite de sociologie. Dans les années 1980, il a été parmi les fondateurs du Parti communiste révolutionnaire en Grande-Bretagne, mais au fil des décennies, il s'est orienté vers une critique du progressisme moderne et de la culture de l'annulation. Aujourd'hui, il dirige le MCC Brussels, un think tank financé par le gouvernement de Viktor Orbán, ou le Mathias Corvinus Collegium (les sources divergent).
La thèse de l'essai
Furedi soutient que l'obsession contemporaine pour l'abolition de toutes les barrières (géographiques, morales, générationnelles) n'a pas produit une plus grande liberté, mais a au contraire privé les individus des repères nécessaires pour s'orienter. Selon lui, tracer des frontières n'est pas un acte d'hostilité, mais une nécessité pour la survie des sociétés démocratiques et pour la construction d'une identité collective solide. L'essai dénonce également la « culture de la peur » qui, selon Furedi, rend les sociétés occidentales obsédées par l'élimination de tout danger, réduisant l'autonomie personnelle.
Réactions et contexte
Le choix du texte de Furedi a attiré l'attention en raison de sa trajectoire intellectuelle et de son rôle actuel à la tête d'un think tank lié à Orbán. Les médias italiens ont décrit le sujet comme « souverainiste » ou « à contre-courant ». L'examen lui-même est le premier sous une réforme promue par le ministre de l'Éducation Giuseppe Valditara, qui place le concept de « maturité » au centre de l'évaluation. L'accent mis par le sujet sur la frontière floue entre l'adolescence et l'âge adulte résonne ainsi avec les objectifs plus larges de l'examen réformé.