En bref
Glucksmann a recueilli plus de 66 % des voix, environ 79 000 bulletins pour 134 000 inscrits, devant Olivier Faure à 14 % lors de la primaire organisée dimanche 11 octobre.
Un sondage Toluna Harris Interactive publié lundi 12 octobre donne Glucksmann entre 10 et 11 % et Jean-Luc Mélenchon à 18 %, mais il a été réalisé avant la primaire.
Une personne non identifiée a versé de la farine sur la tête de Glucksmann alors qu'il quittait la Cantine de Belleville dimanche soir, et Glucksmann a laissé entendre que des partisans de Mélenchon en étaient responsables.
Ségolène Royal a écrit sur X lundi 12 octobre qu'elle aiderait l'union de la gauche mais ne soutiendrait pas une dérive vers le macronisme.
Une nette victoire au premier tour
Raphaël Glucksmann a remporté la primaire sociale-démocrate organisée dimanche 11 octobre par le Parti socialiste, Place publique et leurs alliés, avec plus de 66 % des voix au premier tour. Le Monde fait état d'environ 79 000 bulletins pour 134 000 inscrits. Le patron du PS, Olivier Faure, arrive deuxième avec 14 %, selon Het Parool. Glucksmann, 46 ans, siège au Parlement européen et a cofondé le petit parti Place publique. Il a fêté le résultat à la Cantine de Belleville, à Paris, où Deutsche Welle rapporte que militants et sympathisants s'étaient rassemblés.
- Raphaël Glucksmann (plus de 66 %)
- 66 %
- Olivier Faure
- 14 %
Données tirées du texte de l’article
Un jet de farine et une rupture avec Mélenchon
Alors que Glucksmann quittait le bar dimanche soir, une personne lui a versé de la farine sur la tête. Les images de l'incident ont circulé rapidement en ligne, et Glucksmann a laissé entendre que des partisans du plus radical Jean-Luc Mélenchon en étaient à l'origine, rapporte Het Parool. Deutsche Welle indique qu'on ignore encore si l'assaillant appartient à La France insoumise de Mélenchon. Lundi matin, Glucksmann a exigé que Mélenchon condamne toute agression commise par ses partisans. Il a déclaré sur France Inter être souvent confronté à l'agressivité mais refuser de se laisser intimider. Glucksmann a exclu toute coopération avec Mélenchon, ce qui pose la question de la conquête de son électorat, selon Deutsche Welle.
Rivaux et conditions
Les anciens rivaux de la gauche ont tardé à se rallier. Ségolène Royal, principale adversaire de Glucksmann dans la primaire, a écrit sur X lundi 12 octobre qu'elle aiderait à l'union de la gauche comme promis. Dans le même message, elle pose une condition :
« S'il y a une union de la gauche, j'aiderai comme promis. Si elle dérive vers le macronisme, qui a mis la France en faillite financière et gouverné par la peur et la brutalité, ce sera sans moi. »
Après les résultats, Royal a félicité Glucksmann sur Franceinfo, ajoutant que « la stagiaire a gagné la primaire, malheureusement ». François Hollande, s'exprimant lundi 12 octobre lors du centenaire de l'Union nationale des centres communaux d'action sociale, s'est félicité du résultat du premier tour et a appelé la gauche à élargir sa base :
« Il faut l'élargir à toute la société. C'est l'enjeu d'une démocratie comme la nôtre, où les partis ont perdu une grande partie de leur force. »
Hollande a estimé que l'union ne peut pas être celle des seuls socialistes, et il décidera en fin d'année s'il se présente à nouveau à la présidentielle.
Programme et sondages
Glucksmann est pro-européen, favorable aux livraisons d'armes à l'Ukraine, et juge qu'une certaine immigration est nécessaire, selon Het Parool. Il promet une « révolution » écologique et se présente en défenseur de la démocratie libérale, tout en critiquant la politique favorable aux entreprises du président Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter après deux mandats. Un sondage Toluna Harris Interactive publié lundi place Glucksmann entre 10 et 11 % selon la configuration des candidatures, et Mélenchon à 18 %. Cette enquête a été réalisée avant la primaire et ne reflète donc aucun élan lié à l'investiture. Het Parool cite des intentions de vote entre 9 et 14 % pour Glucksmann, avec Marine Le Pen au-dessus de 30 %. Le premier tour aura lieu le 18 avril et le second le 2 mai.
Ondes de choc de la campagne
Valérie Trierweiler, ancienne compagne de François Hollande, a publié « Pensées pour Léa Salamé » sur X après le résultat, et dans un second message lundi, elle a écrit :
« Une campagne présidentielle, c'est une machine à laver. C'est violent. »
Léa Salamé, présentatrice sur France 2 et compagne de Glucksmann, s'est retirée de la présentation du 20 Heures pour la durée de la campagne afin d'éviter tout conflit d'intérêts, selon Het Parool. Le Parisien rapporte que Trierweiler espérait que la défaite de Glucksmann permettrait à Salamé de retrouver son fauteuil de présentatrice cet automne, et qu'il n'en sera rien.