En bref
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a confirmé que les ministres du G20 n'ont pas atteint de consensus sur les surcapacités ni sur le travail forcé, laissant en cours 16 enquêtes américaines visant autant d'économies.
Les ministres se sont accordés le 1er octobre 2026 pour dénoncer les actions commerciales coercitives sur l'alimentation, après les critiques européennes contre les attaques russes sur les ports ukrainiens de la mer Noire.
Les discussions n'ont apporté aucune solution aux différends commerciaux bilatéraux après l'imposition par Washington de droits de douane de 50 % sur 20 milliards de dollars de biens canadiens et l'interdiction d'un milliard de dollars d'importations canadiennes.
- Fin septembre 2026Les États-Unis interdisent près d'un milliard de dollars d'importations canadiennes, dont des produits laitiers et de l'alcool
- 1 oct.Les ministres du Commerce du G20 achèvent deux jours de réunion à Milwaukee dans l'impasse sur les surcapacités
- décembre 2026Le sommet des dirigeants du G20 doit se tenir à Miami
Impasse sur les capacités industrielles et le travail forcé
Les ministres du Commerce du Groupe des Vingt ont achevé le 1er octobre 2026 deux jours de négociations à Milwaukee sans parvenir à un consensus sur les surcapacités industrielles structurelles ni sur le travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les États-Unis, qui assurent la présidence tournante du G20 en 2026, cherchaient une coopération sur quatre priorités commerciales mais n'ont obtenu un accord multilatéral que sur une seule. Les discussions sur les surcapacités ont porté sur des biens produits en quantités supérieures à la demande mondiale, notamment en provenance de Chine, dans des secteurs comme l'acier, la construction automobile, les batteries, le papier et les semi-conducteurs.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré lors d'une conférence de presse que les instruments actuels de défense commerciale ne suffisent pas à absorber le volume d'exportations à bas coût arrivant sur les marchés mondiaux.
« Presque tous les pays conviennent qu'il s'agit d'un problème qui exige une action, et presque tous conviennent que notre système actuel de mesures correctives commerciales ou de ripostes est inadéquat pour le résoudre. »
Les États-Unis ont ouvert des enquêtes sur 16 économies au sujet des surcapacités, dont la Chine, l'Union européenne, le Japon et l'Inde. M. Greer a averti que les économies qui s'appuient sur la surproduction risquent de bâtir des structures économiques non viables. Les négociations n'ont pas non plus abouti à un accord sur l'élimination du travail forcé des chaînes d'approvisionnement, une préoccupation invoquée par l'administration Trump lorsqu'elle a imposé des droits de douane à 60 partenaires commerciaux. Une tentative similaire de traiter les politiques non marchandes et le travail forcé avait échoué lors d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, en septembre 2026, après les objections de la Chine.
- Visés par des droits de douane liés au travail forcé
- 60 Partenaires
- Sous examen pour surcapacités
- 16 Partenaires
Données tirées du texte de l’article
Accord sur la coercition dans le commerce alimentaire
Le seul consensus obtenu par les ministres à Milwaukee a été une déclaration commune dénonçant l'instrumentalisation de l'alimentation par des actions commerciales coercitives. Pendant ces deux jours de réunion, les délégués européens, dont le ministre délégué français au Commerce extérieur Nicolas Forissier ainsi que des représentants britanniques et allemands, ont critiqué les attaques russes touchant les exportations agricoles ukrainiennes. Les frappes militaires sur les installations portuaires de la mer Noire ont perturbé la capacité d'exportation de la région plus vite que les routes de transport commercial ne peuvent s'en remettre.
Malgré l'adoption du texte sur le commerce alimentaire, le ministre polonais des Finances et de l'Économie, Andrzej Domański, a déclaré que l'accord était largement dépourvu de portée. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a indiqué que les volumes d'exportation chinois menacent des secteurs manufacturiers européens essentiels, soulignant que les surcapacités se sont accrues au cours de la dernière décennie jusqu'à affecter les producteurs européens d'automobiles et d'acier.
Différends bilatéraux et réforme du système tarifaire
La réunion multilatérale a coïncidé avec des frictions commerciales bilatérales non résolues entre les États-Unis et le Canada. À l'été 2026, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de biens canadiens, ce qui a entraîné des droits de rétorsion immédiats d'Ottawa. Les tensions se sont encore aggravées la semaine du sommet lorsque Washington a interdit près d'un milliard de dollars d'importations canadiennes, visant les produits laitiers, les boissons alcoolisées et les motocyclettes.
Le ministre canadien du Commerce, Maninder Sidhu, a évoqué ces frictions bilatérales lors des réunions et demandé un regain de coopération entre les deux partenaires commerciaux.
« Vous êtes confrontés à certains des mêmes défis que nous. Aidons-nous mutuellement et essayons de trouver une solution. »
Outre les discussions bilatérales, les États-Unis ont présenté une proposition de réforme du système de droits de douane inconditionnels de la nation la plus favorisée, qui régit les règles du commerce international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. M. Greer a déclaré que le principe de taux inconditionnels ne favorise pas la réciprocité et laisse place à des passagers clandestins dans le système commercial. La réunion commerciale du G20 s'inscrit dans une série de sessions ministérielles menant au sommet des dirigeants du G20, prévu à la mi-décembre 2026 à Miami, en Floride.