En bref
La marine française a arraisonné le DF Peak le lundi 12 octobre 2026, à plus de 450 milles nautiques au sud de La Réunion, et l'a redirigé sous escorte navale.
Macron a déclaré que le pétrolier était soupçonné de naviguer sous faux pavillon et d'être impliqué dans un trafic de transport de carburant, tandis que Marinetraffic le montrait battant pavillon du Bénin.
Construit en 2006 sous le nom de NS Captain, rebaptisé Kaliningrad en 2024 et doté de son nom actuel en 2025, selon l'AFP citée par DW.
La France a arraisonné Grinch, Boracay, Deyna, Tagor et Deliver depuis l'automne 2025, tous libérés, le Grinch l'ayant été après une amende de plusieurs millions d'euros.
Vladimir Poutine a qualifié les saisies européennes de piraterie et de banditisme et menacé de saisir des navires étrangers, tandis que les autorités russes n'avaient pas commenté le cas du DF Peak au moment des rapports.
- 2006Construit sous le nom de NS Captain, propriété de Sovcomflot
- 2024Rebaptisé Kaliningrad
- 2025Reçoit son nom actuel, DF Peak
- 12 oct.La marine française arraisonne le pétrolier au sud de La Réunion
L'arraisonnement
La marine française a arraisonné le pétrolier DF Peak le lundi 12 octobre 2026, à plus de 450 milles nautiques (environ 833 kilomètres) au sud de La Réunion, l'île française de l'océan Indien située à l'est de Madagascar. Le président Emmanuel Macron a annoncé l'opération sur X, indiquant que la marine avait intercepté un navire soupçonné de naviguer sous faux pavillon et d'être impliqué dans un trafic de transport de carburant. L'état-major des armées françaises a précisé qu'un contrôle de documents effectué par l'équipe d'arraisonnement avait confirmé les doutes sur le pavillon irrégulier, et que le navire avait été redirigé sous escorte d'unités de la marine nationale. La préfecture de La Réunion supervise la poursuite des vérifications, selon l'annonce de la ministre des Armées.
Le navire et sa cargaison
Les données de Marinetraffic citées par DW montraient le pétrolier battant pavillon du Bénin et faisant route vers le Chili. Le renseignement militaire ukrainien (HUR) a indiqué que le pétrolier avait servi au transport de pétrole russe. Selon l'AFP, citée par le service russe de DW, le navire a été construit en 2006 et appartient à Sovcomflot sous le nom de NS Captain, a été rebaptisé Kaliningrad en 2024 et a reçu son nom actuel en 2025. Son opérateur est enregistré à Hong Kong. DW rapporte que le DF Peak figure parmi plus de 700 navires inscrits sur les listes de sanctions de l'UE. Europa Press indique que la cargaison n'a pas été divulguée.
Des arraisonnements français antérieurs
Depuis l'automne 2025, la France a arraisonné cinq autres pétroliers de la flotte fantôme : Grinch, Boracay, Deyna, Tagor et Deliver. Tous ont ensuite été libérés. DW rapporte que le Grinch a été libéré après que ses propriétaires ont payé une amende de plusieurs millions d'euros, l'équipage n'ayant pas pu justifier la navigation sous pavillon des Comores, qu'il arborait au moment de l'arraisonnement. Les données de VesselFinder citées par DW montrent que le Grinch a changé quatre fois de pavillon depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie et a été rebaptisé Transformer. Le Royaume-Uni, la Belgique et la Suède ont également arraisonné des pétroliers de la flotte fantôme, selon le même rapport.
La réponse de Moscou
Vladimir Poutine, selon DW, a qualifié les saisies européennes de « piraterie et de banditisme » et menacé de saisir des navires étrangers. Europa Press a rapporté que les autorités russes n'avaient pas encore commenté l'arraisonnement du DF Peak. La cargaison du DF Peak n'a pas été rendue publique.
L'effort plus large de l'UE
L'UE intensifie sa campagne contre la flotte fantôme russe afin de limiter les revenus que Moscou tire de ses ventes de pétrole, rapporte DW. Le 30 août, l'opération navale européenne IRINI en Méditerranée a contrôlé le pétrolier MV SUN pour suspicion de faux pavillon. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a déclaré qu'il s'agissait du sixième navire soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme intercepté lors d'opérations maritimes de l'UE au cours des mois précédents.