En bref
Le président pakistanais a décrété l'état d'urgence au Khyber Pakhtunkhwa dimanche 11 octobre, suspendant le gouvernement provincial dirigé par le PTI. Un gouverneur et un conseil consultatif administreront la province pour une période initiale de six mois.
Dawn a rapporté qu'au moins cinq manifestants avaient été blessés par balles après que la police a tiré sur la foule à Bara Bazaar. Samar Haroon Bilour a indiqué que la police avait arrêté 50 personnes.
Attaullah Tarar a déclaré que le gouvernement disposait de preuves solides que l'administration du PTI travaillait main dans la main avec les terroristes, mais n'avait fourni aucun détail mardi 13 octobre.
La plupart des dirigeants du PTI dans la province se sont cachés. Le parti affirme que le ministre en chef Sohail Afridi a été arrêté, tandis que le gouvernement dit qu'il est en détention protectrice.
- 11 oct.État d'urgence décrété au Khyber Pakhtunkhwa et gouvernement provincial dirigé par le PTI suspendu
- 12 oct.Le ministre de l'Intérieur Mohsin Naqvi défend l'état d'urgence
- 13 oct.Affrontements avec la police à Bara et Bara Bazaar, à Peshawar, avec gaz lacrymogènes et tirs signalés
L'état d'urgence et le gouvernement suspendu
Le président pakistanais a décrété l'état d'urgence au Khyber Pakhtunkhwa dimanche 11 octobre et a suspendu le gouvernement provincial, le seul que dirigeait le PTI. Le gouvernement fédéral a qualifié cette mesure de constitutionnelle et nécessaire pour protéger les habitants du terrorisme. Dans ce cadre, un gouverneur nouvellement nommé administrera directement la province, assisté d'un conseil consultatif, d'abord pour six mois et peut-être plus longtemps. Le ministre fédéral de l'Information, Attaullah Tarar, a déclaré que le gouvernement disposait de « preuves solides » que l'administration du PTI travaillait « main dans la main avec les terroristes », sans toutefois fournir de détails mardi 13 octobre. Le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a défendu l'état d'urgence lundi 12 octobre, tandis que le gouvernement fédéral nie que des considérations de politique intérieure aient motivé la décision.
Affrontements à Bara et à Peshawar
Mardi 13 octobre, des partisans du PTI se sont affrontés avec la police et des bâtiments gouvernementaux ont été incendiés. Des dizaines de manifestants se sont rassemblés à Bara, dans le district de Khyber, ville natale du ministre en chef Sohail Afridi, où des gaz lacrymogènes auraient été tirés. À Bara Bazaar, à Peshawar, la police a d'abord utilisé des matraques et des gaz lacrymogènes ; lorsque la foule a avancé, les agents se sont repliés dans des boutiques voisines, selon des médias locaux, avant de tirer des gaz lacrymogènes et des coups de feu en l'air. Dawn a rapporté que les tirs de la police avaient fait au moins cinq manifestants blessés par balles. Le secrétaire à l'Information du PTI, Ikram Khatana, a déclaré que des personnes non identifiées avaient incendié le bureau du NADRA à Bara, à environ 15 km de Peshawar, et pris d'assaut des bureaux gouvernementaux voisins. Samar Haroon Bilour, responsable de la nouvelle administration provinciale, a rejeté les accusations de tirs comme infondées et sans objet, a mis en cause des comptes anonymes sur les réseaux sociaux diffusant des images générées par IA, et a indiqué que la police avait arrêté 50 personnes.
- Manifestants blessés par balles (au moins, selon Dawn)
- 5
- Arrestations (selon Samar Haroon Bilour)
- 50
Données tirées du texte de l’article
Arrestations, fermetures et déclarations du parti
La police n'a confirmé aucune arrestation, mais une répression visant à prévenir les manifestations est manifeste, et la plupart des dirigeants du PTI dans la province se sont cachés. Le lieu où se trouve le ministre en chef Sohail Afridi reste incertain : le parti affirme qu'il a été arrêté, tandis que le gouvernement dit qu'il est en détention protectrice. Les écoles qui avaient été fermées ont rouvert à Peshawar et dans la majeure partie de la province, et les services internet ont été rétablis. Des routes ont été bloquées avec des conteneurs maritimes et des troupes ont été déployées dans la ville.
Zulfikar Bukhari, porte-parole du PTI, a partagé sur X des vidéos liées aux violences de Bara Bazaar et averti que les manifestations contre l'état d'urgence pourraient s'étendre. Il avait auparavant soutenu que la province était le dernier endroit où le parti détenait un véritable mandat démocratique.
« Le Khyber Pakhtunkhwa était la seule province qui disposait encore d'un véritable mandat démocratique. »
Bukhari a également qualifié le dispositif de coup d'État déguisé.
« Il s'agit plutôt d'un coup d'État déguisé en état d'urgence et en gouvernement de gouverneur. »
Le fief de Khan et les enjeux plus larges
Le Khyber Pakhtunkhwa est le fief de Khan depuis 13 ans, et c'était la seule province que gouvernait le PTI. Khan est emprisonné depuis 2023 pour incitation à des émeutes visant des sites militaires et pour corruption, des accusations qu'il juge, comme ses partisans, motivées par des raisons politiques. Son épouse est également en prison et ses trois sœurs sont en détention. Khan a été destitué en 2022 par un vote de défiance parlementaire, qu'il a imputé à l'armée agissant à la demande des États-Unis. Des milliers de ses partisans ont manifesté pour exiger sa libération, et la province a subi un nombre croissant d'attaques de militants. L'état d'urgence pourrait tendre davantage les relations déjà tendues entre Islamabad et Kaboul. La journaliste Arifa Noor a déclaré ne voir aucun lien entre l'état d'urgence et le terrorisme.