En bref
Le Pen a déclaré que la France maintiendrait son aide financière pendant six mois après sa prise de fonction, puis l'arrêterait faute de moyens. Elle s'est exprimée à Bruxelles le 14 octobre 2026.
L'Ukraine Support Tracker de l'Institut de Kiel chiffre l'aide française à plus de 7,9 milliards d'euros entre janvier 2022 et août 2026, soit 0,32 % du PIB français mesuré par rapport à 2021.
Dans un entretien au Financial Times rapporté le 15 octobre, Zelensky a déclaré que Le Pen ne maîtrise pas certains détails et qu'il ne voterait pas pour elle parce qu'il est ukrainien.
Geert Wilders a déclaré que les Pays-Bas figurent parmi les donateurs les plus généreux par habitant et a appelé l'Espagne, le Portugal, la Grèce et l'Italie à contribuer davantage.
Selon El Mundo, Le Pen défendrait un plafond strict de 5 milliards d'euros sur la contribution nette de la France à l'UE, soit une baisse de 4,5 milliards d'euros par rapport aux versements actuels.
- 14 oct.Le Pen déclare lors d'une conférence de presse à Bruxelles que la France ne peut plus financer l'Ukraine
- 14 oct.Le Pen déclare à des médias flamands que l'aide cesserait six mois après son élection
- 15 oct.Zelensky répond à Le Pen dans un entretien au Financial Times
La position de Le Pen à Bruxelles
Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national et candidate à l'élection présidentielle française de 2027, s'est exprimée lors d'une conférence de presse à Bruxelles le mercredi 14 octobre 2026. Elle intervenait après une réunion du groupe Patriotes tenue en amont d'un sommet du Conseil européen. Elle a déclaré que la France n'était plus en mesure, budgétairement, de financer l'Ukraine, présentant ce message comme une question d'honnêteté. Selon son plan, le soutien actuel se poursuivrait pendant six mois après son élection, puis l'aide financière cesserait faute de moyens. Dans un entretien accordé à des médias flamands enregistré le mercredi soir, elle a décrit la France comme étant au bord de la faillite et suggéré que Kyiv pourrait se tourner vers d'autres membres de l'UE en meilleure situation financière.
Ce que la France a déjà versé
L'Ukraine Support Tracker de l'Institut de Kiel, cité par NRC, recense plus de 7,9 milliards d'euros d'aide française entre janvier 2022 et août 2026. Ce montant équivaut à 0,32 % du PIB français, mesuré par rapport au PIB de 2021. Selon le même outil, l'Allemagne et le Royaume-Uni versent les sommes les plus élevées en euros, les États-Unis sont le premier donateur global, et le Danemark et l'Estonie arrivent en tête rapportés à leur PIB. El Mundo avance une estimation plus large de 26,2 milliards d'euros pour l'aide militaire et humanitaire française depuis 2022, bilatérale et via l'UE, et place la France au troisième rang derrière les États-Unis et l'Allemagne. Les deux chiffres couvrent des périmètres et des sources différents, et l'estimation d'El Mundo ne comporte pas de date de fin précisée.
Réactions en Europe
Geert Wilders, dirigeant du PVV néerlandais, a déclaré que les Pays-Bas figurent parmi les plus gros contributeurs par habitant et a estimé que l'Espagne, le Portugal, la Grèce et l'Italie, qui paient moins selon lui, devraient désormais contribuer davantage. Une source diplomatique européenne citée par Adnkronos a relevé que les Pays-Bas à eux seuls aident l'Ukraine plus que deux grands pays d'Europe du Sud réunis. Gabriel Attal, ancien Premier ministre et candidat centriste, a déclaré sur Franceinfo que Le Pen défend les intérêts de la Russie et que soutenir l'Ukraine sert la défense européenne. Zelensky, dans un entretien au Financial Times rapporté le 15 octobre, a déclaré que Le Pen ne maîtrise pas certains détails, que le coût de l'aide n'est pas aussi élevé que des vies humaines, et qu'il ne voterait pas pour elle parce qu'il est ukrainien. Il a aussi indiqué que l'Ukraine partage avec la France son expérience de guerre et son expertise en cybersécurité.
Plafond budgétaire et négociations européennes
Les propos de Le Pen s'inscrivent dans les négociations sur le prochain budget de long terme de l'UE. Selon El Mundo, elle défendrait un plafond strict de 5 milliards d'euros sur la contribution nette de la France à l'UE, ce qui réduirait les versements français de 4,5 milliards d'euros par rapport à ce qu'ils sont aujourd'hui. Lors de la conférence de presse bruxelloise, rapporte ANSA, elle a soutenu que le cadre financier pluriannuel ne devait pas être clos avant les élections nationales en France, en Pologne, en Espagne et en Italie. Elle a affirmé que la Commission entend aller au-delà de la volonté exprimée par les électeurs de ces quatre pays. Elle a également demandé à la Commission d'abandonner des programmes comme la santé et la sécurité intérieure, et déclaré que la France n'accepterait pas que la Commission assume des rôles diplomatiques, militaires ou de renseignement.
La suite
Un diplomate européen cité par La Vanguardia a déclaré que des décisions urgentes sur le financement de l'Ukraine étaient nécessaires avant la fin de l'année, à l'approche d'un hiver difficile. L'UE a promis 45 milliards d'euros pour 2027, mais davantage est nécessaire, et le total est encore en cours de calcul car d'autres alliés du G7 n'ont pas honoré leurs contributions prévues. Une autre source diplomatique a indiqué qu'aucune décision de financement n'était attendue au prochain sommet. Zelensky se rend à Bruxelles pour la session du Conseil européen, à l'invitation de son président, António Costa.