En bref
Pike, 50 ans, marche avec assistance et s'alimente, ont déclaré ses avocats jeudi, huit jours après la tentative du 30 septembre.
La juge I'Ashea Myles a ordonné mercredi que les lignes intraveineuses, les seringues et les déchets de la salle d'exécution soient conservés.
Le gouverneur Bill Lee a reporté la seule autre exécution prévue cette année dans l'État et ordonné un examen de l'échec.
El Confidencial a rapporté une pneumonie et un caillot sanguin dans un bras, tandis que la déclaration des avocats de jeudi décrit Pike en train de s'alimenter.
Le chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee, Frank Strada selon Europa Press, a démissionné après la tentative d'exécution ratée.
- 30 sept.Deux doses de pentobarbital administrées et l'exécution échoue
- 6 oct.Pike reprend connaissance et commence à parler
- 7 oct.Un tribunal du Tennessee ordonne la conservation des preuves de l'exécution
- 8 oct.Les avocats rapportent qu'elle peut marcher avec assistance et s'alimenter
Rétablissement après l'exécution ratée
Christa Pike, 50 ans, a recommencé à marcher et à s'alimenter dans un hôpital, une semaine après la tentative d'exécution du Tennessee le 30 septembre. Ses avocats ont déclaré jeudi qu'elle avait fait ses premiers pas mercredi, qu'elle avait eu besoin d'aide pour marcher et qu'elle s'était alimentée pour la première fois. Elle recouvre aussi la mobilité de ses bras, qui avaient été brûlés et couverts d'ampoules. Elle est restée inconsciente et sous ventilation artificielle les premiers jours, et a repris connaissance le 6 octobre, selon Al Jazeera. Ses avocats indiquent qu'elle a encore des difficultés de concentration et de mémoire, et les médecins estiment qu'il est trop tôt pour évaluer les effets à long terme.
Un autre article d'El Confidencial indiquait que Pike avait développé une pneumonie et un caillot sanguin dans un bras, et qu'elle ne pouvait pas avaler. Ce récit diffère de l'alimentation rapportée par ses avocats, et l'article cite son avocat Randy Spivey, selon lequel ses premiers mots au réveil ont été « Où suis-je ? » et « Qui êtes-vous ? ».
Ordonnance judiciaire et preuves
Mercredi, un tribunal du Tennessee a ordonné aux autorités de conserver toutes les preuves de l'exécution ratée, ce qui pourrait préparer une future action en justice contre l'État. La juge I'Ashea Myles a ordonné que les lignes intraveineuses, les seringues et les déchets soient conservés, et a exigé une documentation sur l'état psychologique de Pike avant, pendant et après la tentative. Les avocats de Pike soutiennent qu'une ligne intraveineuse pourrait avoir échoué et que le pentobarbital pourrait avoir fui hors de la veine, une hypothèse qui doit encore être établie par l'enquête. Myles a résumé la portée de l'ordonnance :
« tout ce qui se trouvait dans la salle elle-même doit être préservé et conservé »
Trouw rapporte que les avocats de Pike soutiennent que l'exécution équivaut à de la torture et viole l'interdiction des châtiments cruels. L'AP rapporte que l'affaire est un terrain juridique inédit pour le Tennessee, et les experts qu'elle a interrogés estiment qu'un procès pourrait prendre des années.
La réponse du Tennessee
Le gouverneur républicain Bill Lee a suspendu les exécutions et ordonné un examen des raisons de l'échec. L'AP rapporte qu'il a reporté la seule autre exécution prévue cette année dans l'État, et Al Jazeera le cite promettant un « examen complet par un tiers ». Le chef de l'administration pénitentiaire de l'État a démissionné après la tentative ; Europa Press l'identifie comme Frank Strada. Le Texas a procédé à une exécution mercredi, la première aux États-Unis depuis la tentative du Tennessee, selon l'AP. Les avocats de Pike vont demander à Lee de commuer sa peine en prison à vie sans libération conditionnelle, et affirment qu'elle ne devrait jamais faire face à une nouvelle tentative d'exécution.
Un précédent rare dans les injections létales
Des témoins ont rapporté que Pike continuait de respirer, ronflait et soulevait des parties de son corps de la civière après les injections, selon Al Jazeera. La chaîne rapporte également que six États, dont le Tennessee et le Texas, ont enregistré au moins une injection létale ratée depuis 2022. Robin Maher, directrice exécutive du Death Penalty Information Center, une organisation à but non lucratif de Washington, a déclaré :
« C'est l'occasion pour tout le monde de s'arrêter et d'examiner très attentivement toutes les façons dont cette exécution a mal tourné et de prendre de bonnes décisions sur la manière d'avancer, si nous devons avancer avec cette méthode d'exécution. »
La BBC rapporte que Pike est considérée comme la seule personne à avoir survécu à une tentative d'exécution par injection létale. Elle a été condamnée pour le meurtre de Colleen Slemmer, 19 ans, en 1995, avec son petit ami de l'époque Tadaryl Shipp, qui a échappé à la peine de mort parce qu'il avait 17 ans et qui reste en prison.
Questions en suspens
Les avocats de Pike ont déclaré qu'ils ne connaissaient pas le bilan émotionnel et psychologique complet de la tentative ni la durée de son rétablissement. On ne sait pas encore si le Tennessee cherchera une nouvelle date d'exécution, et l'ordonnance sur les preuves pourrait étayer une future action en justice contre l'État. Pike continue d'exprimer de la sollicitude envers les autres, en particulier la famille de sa victime, selon ses avocats.