En bref
Le ministère de la Santé souhaite plafonner les salaires individuels des médecins à 240 PLN bruts par heure et limiter les dépenses salariales à 60 % des budgets hospitaliers provenant des fonds du NFZ, contre une moyenne actuelle de 81,3 %.
Le président du NIL, Łukasz Jankowski, a déclaré que les propositions manquent de précisions sur le raccourcissement des files d'attente et pourraient pousser les médecins vers le secteur privé, aggravant l'accès aux soins publics.
Le Dr Jerzy Gryglewicz et le Dr Małgorzata Gałązka-Sobotka ont prévenu que le plafond salarial pourrait fermer des services hospitaliers et que le plan se concentre sur le suivi des files d'attente plutôt que sur leur réduction.
Le ministère prévoit de lancer une file d'attente électronique unifiée pour les procédures planifiées d'ici fin 2026, deux ans avant le calendrier initial, pour améliorer la transparence et l'égalité d'accès.
- 8 juil.La ministre présente un paquet de réformes incluant un plafond horaire de 240 PLN et une limite salariale de 60 %.
- 9 juil.La ministre rencontre le président du NIL, Łukasz Jankowski ; le NIL exprime sa déception face au manque de précisions.
- 16 juil.L'Équipe tripartite pour la protection de la santé doit discuter de propositions plus détaillées.
- End of 2026Le système central d'e-prise de rendez-vous doit être pleinement opérationnel, créant une file d'attente électronique unifiée.
Le paquet de réformes
Le 8 juillet, la ministre de la Santé Jolanta Sobierańska-Grenda a présenté un ensemble de modifications visant à accroître la transparence et la sécurité des patients dans le système de santé polonais. Le paquet comprend un salaire horaire maximum brut de 240 PLN pour le personnel médical, un plafonnement des dépenses salariales à 60 % des budgets hospitaliers financés par le Fonds national de la santé (NFZ), et l'obligation pour les médecins d'être employés au moins à mi-temps dans un établissement, avec l'accord de l'employeur nécessaire pour tout travail supplémentaire. Les hôpitaux seraient également interdits de contracter avec des entreprises appartenant à des médecins, une pratique liée à des scandales récents.
« Je suis ferme là-dessus, car je crois que c'est le minimum pour la sécurité des patients. Je souhaiterais voir des médecins qui voient leur patient non seulement pendant l'intervention. »
Plafonds salariaux et règles d'emploi
Le ministère soutient que la croissance actuelle des salaires est insoutenable. La part moyenne des salaires dans les budgets hospitaliers provenant des fonds du NFZ atteint déjà 81,3 %, et le coût cumulé de l'augmentation salariale de 2026 (8,82 % à partir du 1er juillet) atteindra 71 milliards de PLN, soit un tiers du budget du NFZ. Le fonds est déjà confronté à un déficit de 16 milliards de PLN. Le plafond de 60 % proposé vise à libérer des ressources pour d'autres besoins, mais les représentants des hôpitaux estiment qu'il ne fonctionnera que si les tarifs des services sont ajustés pour augmenter les recettes.
- Moyenne actuelle
- 81.3 %
- Plafond proposé
- 60 %
Données tirées du texte de l’article
Réactions de la communauté médicale
Le 9 juillet, la ministre a rencontré Łukasz Jankowski, président de la Chambre suprême des médecins (NIL). Jankowski a exprimé sa déception, déclarant que les propositions contenaient « beaucoup de mots, beaucoup de déclarations, mais encore peu de précisions ». Il a averti que plafonner les salaires sans traiter l'accès aux spécialistes pourrait pousser les médecins vers le secteur privé et allonger les files d'attente. Le NIL soutient l'élimination des salaires aberrants mais souhaite des garanties pour éviter un exode des hôpitaux publics.
« Nous devons créer un système qui fait disparaître les salaires aberrants tout en maintenant un accès ininterrompu aux spécialistes. Ce qui manquait, c'étaient des informations sur la manière de raccourcir les files d'attente, comment garantir l'accès aux médecins. »
Avertissements des experts
Dr hab. Małgorzata Gałązka-Sobotka, rectrice de l'Université Łazarski, a décrit la situation comme « éteindre un feu qui brûle depuis des années », notant que la décomposition du système se préparait bien avant les récents scandales. Le Dr Jerzy Gryglewicz, de la même université, a prévenu que la limite de 240 PLN pourrait inciter certains spécialistes, en particulier ceux effectuant des interventions, à partir vers le secteur privé, fermant potentiellement certains services hospitaliers et allongeant les files d'attente. Il a ajouté que les propositions manquaient de mesures concrètes pour réduire effectivement les temps d'attente.
« Nous parlons de surveiller la file d'attente, mais pas de ce qu'il faut faire pour la raccourcir. À quoi cela sert-il pour un patient de se voir dans une file d'attente de deux ans ? »
Prochaines étapes
Le ministère prévoit de présenter des propositions plus détaillées lors de la prochaine réunion de l'Équipe tripartite pour la protection de la santé le 16 juillet. Le système central d'e-prise de rendez-vous, qui créera une file d'attente électronique unifiée pour les procédures planifiées, doit être pleinement opérationnel d'ici fin 2026. La ministre insiste sur le caractère concret et nécessaire des réformes, tandis que le partenaire de coalition Nouvelle Gauche soutient le plafond salarial mais appelle également à une refonte plus large du financement de la santé, notamment en remplaçant la cotisation d'assurance maladie par un impôt santé.