En bref
Acciaierie d'Italia in amministrazione straordinaria annonce la suspension de la production de l'aciérie à chaud à partir du 9 octobre, après l'arrêt de la cour d'appel de Milan du 27 juillet et le rejet notifié le 5 octobre.
La Cour de cassation doit examiner le 20 octobre le recours contre la fermeture de l'aciérie à chaud, décision que les administrateurs voulaient attendre avant toute suspension.
Acciaierie d'Italia prévoit un arrêt général temporaire des sites de Gênes et de Novi Ligure d'ici au 15 novembre, que les maires Silvia Salis et Rocchino Muliere ont jugé inacceptable.
Des sources syndicales évoquent 125 millions d'euros pour la protection des salariés, dont 80 millions pour la cassa in deroga des sous-traitants et environ 45 millions pour le personnel d'Acciaierie et d'Ilva, avec un soutien pouvant durer jusqu'à la fin juin.
À Novi Ligure, 541 salariés figurent aux effectifs et un peu moins d'un tiers sont en cassa integrazione ; Moreno Vacchina, de la Cisl, estime que le travail pourrait cesser à la première semaine de novembre.
- 9 oct.Suspension de la production de l'aciérie à chaud à partir de ce jour
- 20 oct.Audience de la Cour de cassation sur le recours
- 15 nov.Échéance de l'arrêt général temporaire des sites de Gênes et de Novi Ligure
Arrêt de l'aciérie à chaud dès vendredi
Acciaierie d'Italia in amministrazione straordinaria a informé le préfet, les autorités locales et les forces de l'ordre que la production de l'aciérie à chaud de Tarente sera suspendue à partir du 9 octobre. L'entreprise indique que cette décision applique l'arrêt de la cour d'appel de Milan du 27 juillet, après le rejet de sa demande de suspension de cette décision, rejet notifié le 5 octobre. Les administrateurs et AdI S.p.A., propriétaire du site, avaient demandé une suspension dans l'attente d'un arrêt de la Cour de cassation sur le recours contre la fermeture de l'aciérie à chaud. Cette audience est fixée au 20 octobre. L'entreprise a aussi annoncé qu'elle demanderait des amortisseurs sociaux (ammortizzatori sociali) pour les salariés concernés.
Origine de la décision
L'arrêt de juillet fait suite à une action en justice fondée sur des motifs sanitaires, présentée par des membres d'une association de parents et par un enfant atteint d'une mutation génétique rare. Le tribunal a estimé que l'activité de l'aciérie à chaud devait cesser dans un délai de trois mois, sauf à retirer tout l'amiante du site et à ramener les émissions de particules dans les limites sanitaires. Le site de Tarente, autrefois la plus grande aciérie d'Europe, est confronté à des difficultés économiques et a été associé à des taux élevés de cancer dans la ville portuaire. ADI a été placée sous administration publique au début de 2024 après la fin conflictuelle de l'actionnariat d'ArcelorMittal. Federacciai a indiqué en août que son conseil avait chargé son président Antonio Gozzi de manifester l'intérêt d'un consortium d'entreprises italiennes pour la reprise du site. Le groupe indien Jindal, le groupe tchèque CE industries et l'américain Flacks ont également manifesté leur intérêt, et le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni n'a pas exclu une participation de l'État.
Gênes, Novi Ligure et le Piémont
Le même décret a conduit Acciaierie d'Italia à annoncer un arrêt général temporaire des sites de Gênes et de Novi Ligure d'ici au 15 novembre. Dans un communiqué commun, les maires de Gênes et de Novi Ligure, Silvia Salis et Rocchino Muliere, ont jugé cet arrêt totalement inacceptable. Leur communiqué précise également ce qui suit.
« Les conséquences des retards répétés dans la vente de l'ex Ilva ne peuvent pas, une fois encore, retomber sur les salariés, leurs familles et les villes où ils vivent et travaillent. »
À Novi Ligure, 541 salariés figurent aux effectifs et un peu moins d'un tiers sont en chômage partiel (cassa integrazione), avec trois installations à l'arrêt. Le site de Racconigi est pratiquement inactif. Moreno Vacchina, de la Cisl, décrit la production.
« Aujourd'hui, nous ne produisons plus que du matériel pour les fûts métalliques industriels servant au transport du pétrole. »
Vacchina a ajouté que les dernières brames d'acier arriveraient dans les prochains jours, mais qu'à la première semaine de novembre, il n'y aurait plus de travail. Le président du Piémont, Alberto Cirio, a relié cette crise à l'ensemble du secteur sidérurgique.
« Ilva est une question nationale qui ne concerne pas seulement Tarente et les Pouilles, mais aussi les sites piémontais et les centaines de salariés impliqués. »
Réponse du gouvernement et financements
Le gouvernement a rencontré les syndicats au Palazzo Chigi et a annoncé son intention de présenter un décret-loi au prochain Conseil des ministres, avec des protections sociales pour les salariés. La mesure est présentée comme une cassa integrazione de continuité plutôt que de fermeture d'activité. Des sources syndicales chiffrent le dispositif à 125 millions d'euros, dont 80 millions financeraient la cassa in deroga pour les salariés des sous-traitants (indotto-appalto) et environ 45 millions abonderaient la cassa extraordinnaire pour le personnel d'Acciaierie et d'Ilva. Le soutien pourrait courir jusqu'à la fin juin. Le haut fourneau 2 doit s'arrêter dans les prochaines heures et être mis en préchauffage à un niveau technique minimal, sans production de fonte.
- Cassa in deroga pour les salariés des sous-traitants
- 80 millions
- Abondement de la cassa pour le personnel d'Acciaierie et d'Ilva (environ)
- 45 millions
Données tirées du texte de l’article
Le président de la région des Pouilles, Antonio Decaro, a exprimé l'espoir qu'une solution émerge des réunions des prochains jours.
« Nous espérons que ces journées de réunions permettront de dégager une perspective solide pour l'avenir des salariés, de notre territoire et de la filière sidérurgique du pays. »
Les salariés à l'intérieur du site
Fanpage rapporte que les installations de l'aciérie à chaud ont été mises en préchauffage dans la nuit du 7 au 8 octobre, à l'arrêt dans l'attente de l'arrêt de la Cour de cassation. Giacomo Mastro, 42 ans, travaille depuis 24 ans à l'ex Ilva, d'abord comme ouvrier du bâtiment et de la métallurgie, aujourd'hui dans le nettoyage industriel. L'INAIL, l'organisme public qui reconnaît les maladies professionnelles, a reconnu des pathologies dans son cas, dont deux nodules non malins au poumon gauche et une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Il dit être exposé au bruit tout au long de sa journée de travail. Mastro a déclaré à Fanpage.it ce qui suit.
« Ce lieu m'a donné une famille, mais il m'a aussi rendu malade. Pour mes enfants, je rêve d'un avenir différent. »