En bref
Michael Kotlikoff a annoncé le 13 octobre que les soirées dans les maisons de fraternité sont interdites jusqu'à la fin de l'année universitaire, et que la police de l'État de New York participera aux enquêtes sur les signalements d'agressions sexuelles.
Michael Kotlikoff a déclaré au New York Times avoir appris en 2024 qu'une étudiante avait signalé un viol en réunion présumé à la maison Chi Phi, sans jamais vérifier ce qu'il était advenu d'elle ni des étudiants accusés.
Le 14 octobre, le sénat académique a débattu d'une résolution soutenue par plus de 100 enseignants, un second débat étant prévu le 28 octobre, suivi d'un vote.
La gouverneure Kathy Hochul a retiré le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, de l'affaire, a désigné la procureure générale Letitia James comme procureure spéciale et a ordonné un examen indépendant de la gestion des allégations par Cornell.
- 13 oct.Michael Kotlikoff interdit les soirées de fraternité jusqu'à la fin de l'année universitaire
- 14 oct.Le sénat académique débat d'une motion de censure
- 28 oct.Second débat prévu au sénat académique, suivi d'un vote
Les soirées de fraternité suspendues
Le mardi 13 octobre, le président de l'université Cornell, Michael Kotlikoff, a annoncé l'interdiction des soirées de fraternité jusqu'à la fin de l'année universitaire. Des enquêteurs expérimentés en matière d'agressions sexuelles seront ajoutés pour travailler avec la police de l'université, et la police de l'État de New York participera désormais aux enquêtes sur les signalements d'agressions sexuelles sur le campus. Les maisons qui enfreindront la nouvelle règle seront immédiatement suspendues, selon le communiqué de l'université. Michael Kotlikoff a déclaré que cette pause permettrait un examen approfondi de la vie des fraternités, auxquelles participe un tiers des étudiants de premier cycle au sein des organisations grecques. Dans un entretien au New York Times, il a expliqué que les soirées avaient pris une place plus centrale dans la vie étudiante après la pandémie, lorsque de nombreux bars et lieux d'Ithaca ont fermé sans rouvrir.
Un aveu sur le signalement de 2024
Dans le même entretien au Times, Michael Kotlikoff a reconnu avoir appris en 2024 qu'une étudiante avait signalé un viol en réunion présumé à la maison de la fraternité Chi Phi, sans jamais donner suite. Il a indiqué n'avoir appris que récemment que la jeune femme avait quitté Cornell ou que des étudiants avaient été expulsés ou suspendus à la suite de l'incident. Dans un message à la communauté en novembre 2024, il avait qualifié les allégations impliquant consommation de drogues et violences sexuelles de « profondément troublantes » et affirmé que des enquêtes pénales et universitaires étaient en cours. Il a ensuite convoqué un groupe de travail présidentiel sur la manière dont Cornell traite les agressions sexuelles, tout en reconnaissant n'avoir jamais vérifié l'issue des enquêtes pénales ou de celles menées au titre du Title IX. Mardi, il s'est excusé, déclarant être personnellement désolé de ce que la plaignante a vécu à Cornell.
La plainte et les hommes accusés
L'ancienne étudiante de premier cycle, désignée dans les documents judiciaires sous le nom de Jane Doe, a déposé en septembre une plainte contre sept hommes, Cornell, la fraternité Chi Phi et sa propre sororité. La plainte allègue que les hommes l'ont agressée sexuellement ou exploitée en octobre 2024 et décrit une agression d'une durée de près de sept heures alors qu'elle était sous l'emprise de l'alcool. Les hommes nient toute faute. La fraternité affirme avoir agi rapidement pour les exclure, et Cornell a expulsé deux des hommes et banni le chapitre du campus. Le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a d'abord refusé d'engager des poursuites après avoir examiné un résumé de la police de l'université Cornell, avant de déclarer plus tard que ce résumé omettait des détails essentiels et de rouvrir l'enquête après le dépôt de la plainte. La gouverneure Kathy Hochul l'a ensuite retiré de l'affaire, a désigné la procureure générale Letitia James comme procureure spéciale et a ordonné un examen indépendant de la gestion des allégations par Cornell.
Le débat au sénat académique
Le mercredi 14 octobre, le sénat académique a débattu d'une résolution proposée déclarant ne pas avoir confiance en la capacité de l'administration centrale à gérer la crise des agressions sexuelles sur le campus. Michael Kotlikoff a d'abord répondu aux questions de plus de 100 enseignants, étudiants et membres du personnel à Rockefeller Hall et a défendu ses décisions. Expliquant la suspension des soirées, il a déclaré que Cornell ne pouvait pas être pleinement assurée que ce qui se passe dans les maisons de fraternité est sûr.
« Et donc, pour le moment, nous allons arrêter cette activité et mettre en place un examen approfondi »
Deux professeurs présents, selon l'AP, ont décrit une réunion tendue au cours de laquelle Michael Kotlikoff est apparu sur la défensive et a tenté de contrôler le récit, avant de partir avant le début du débat formel. La résolution ne demande ni sa démission ni de changements politiques précis, et le sénat est consultatif, sans pouvoir de destituer un président. Plus de 100 enseignants ont exprimé leur soutien, et son adoption requiert une majorité. Un autre débat est prévu le 28 octobre, suivi d'un vote.
Le manuel de crise de Cornell
La réponse de Cornell suit une voie que les établissements sous pression empruntent souvent : ajouter des règles, recruter des enquêteurs externes et parfois changer de direction. Texas A&M a traversé une crise lorsqu'un tas de bûches de feu de camp s'est effondré et a tué 12 personnes, Penn State a fait face à des allégations d'abus sexuels sur mineurs visant un entraîneur de football, et Ohio State a été confrontée à des accusations d'abus contre un ancien médecin de l'équipe. Le premier communiqué de Cornell, publié trois jours après que le journal étudiant a révélé la plainte en septembre, indiquait que les allégations avaient été traitées conformément aux politiques de l'université et fournissait peu de détails. Evan Nierman, fondateur et directeur général de l'agence de communication de crise Red Banyan, estime que les universités ont tendance à rater leur réponse en agissant trop lentement.