En bref
Les juges d'instruction ont confirmé le 25 septembre 2026 que 11 prévenus seront jugés devant la cour d'assises des mineurs pour meurtre aggravé par l'hostilité envers la race blanche et la nation française.
Le parquet de Valence a plaidé en juin et août 2026 contre la circonstance aggravante raciale, qualifiant les témoignages d'imprécis et minoritaires, mais les juges ont rejeté l'objection.
Les enquêteurs n'ayant pu déterminer qui a porté le coup de couteau mortel à Thomas Perotto, 16 ans, le 19 novembre 2023, les magistrats ont inculpé les 11 prévenus selon la théorie de la scène collective.
L'avocate de la défense Élise Rey-Jacquot a annoncé un appel contre l'ordonnance de mise en accusation le 26 septembre 2026, tandis que l'avocat des parties civiles Denis Dreyfus a salué la décision des juges.
- juillet 2026Les juges d'instruction rendent un avis intégrant la circonstance aggravante raciale.
- août 2026Le parquet de Valence conteste formellement l'inclusion des charges de haine raciale.
- 25 sept.Les juges d'instruction ordonnent que 11 prévenus soient jugés devant la cour d'assises des mineurs avec la circonstance aggravante raciale.
La mise en accusation et la circonstance aggravante raciale
Les juges d'instruction français ont rendu une ordonnance de mise en accusation définitive le 25 septembre 2026, renvoyant 11 prévenus devant la cour d'assises des mineurs pour le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, survenu en novembre 2023. L'ordonnance accuse le groupe de meurtre, de tentative de meurtre sur trois autres personnes et de violences lors d'un bal d'hiver dans le village de Crépol, situé dans la Drôme. Les enquêteurs n'ayant pu identifier l'auteur du coup de couteau mortel, les magistrats ont appliqué le concept juridique de scène unique collective pour renvoyer les 11 prévenus ensemble devant la justice. Les juges ont également retenu une circonstance aggravante d'hostilité raciale, citant des actes et des propos visant la race blanche et la nation française. Dix-neuf témoins directs ont rapporté avoir entendu des insultes anti-Blancs lors des violences à l'extérieur de la salle des fêtes, notamment des déclarations indiquant l'intention de poignarder des Blancs. Perotto, un joueur de rugby local, est décédé lors de son transport d'urgence à l'hôpital après la confrontation.
Conflit procédural sur les charges
L'inclusion de la circonstance aggravante raciale a fait suite à des mois de désaccord entre les juges d'instruction et le parquet de Valence. En juin 2026, le procureur de Valence a déposé des réquisitions définitives demandant un procès pour meurtre et tentative de meurtre sans la motivation raciale, estimant que les témoignages alléguant des propos racistes étaient imprécis, contradictoires et minoritaires. Les juges d'instruction indépendants se sont écartés de cette évaluation en juillet 2026 en rendant un avis de fin d'information intégrant l'aggravation raciale contre la race blanche et la nation française. Le parquet de Valence a formellement contesté cette décision en août 2026, réitérant son avis selon lequel le seuil de preuve pour la motivation raciale n'était pas atteint. Les juges d'instruction ont passé outre les objections du parquet le 25 septembre 2026 en confirmant la qualification raciale dans leur ordonnance de renvoi définitive.
Réactions de la défense et appels en cours
Les avocats représentant les prévenus ont exprimé leur opposition aux accusations collectives de meurtre et à l'inclusion de la circonstance aggravante raciale. Les avocats de la défense Seydi Ba et Diala Al-Shaman ont contesté le fondement juridique de l'ordonnance de renvoi concernant leur client.
« Comment notre client peut-il être renvoyé en procès pour meurtre aggravé par une circonstance raciale alors que ni le coup fatal ni aucun propos raciste ne lui sont personnellement attribués ? »
L'avocate Élise Rey-Jacquot, qui représente un autre prévenu, a déclaré le 26 septembre 2026 qu'elle ferait appel de l'ordonnance de mise en accusation, une démarche qui pourrait reporter le début des débats devant la cour d'assises. Les représentants des parties civiles ont soutenu la décision judiciaire de retenir la composante raciale. L'avocat Denis Dreyfus, agissant pour le compte de plusieurs participants à la fête demandant des dommages et intérêts, a approuvé les conclusions des juges d'instruction.
« Nous saluons le travail considérable accompli par les juges d'instruction. »
Conséquences et procédure judiciaire
Certains des 11 accusés étaient mineurs lors de l'attaque de la salle des fêtes de Crépol en novembre 2023, tandis que plusieurs individus du groupe étaient originaires du quartier de La Monnaie à Romans-sur-Isère. Le coup de couteau mortel a provoqué des tensions politiques dans la région, notamment une tentative d'expédition punitive par des militants identitaires d'extrême droite à Romans-sur-Isère après la mort. Les 11 prévenus bénéficient de la présomption d'innocence en droit français. En cas de condamnation pour les charges aggravées devant la cour d'assises des mineurs, les accusés encourent des peines allant jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité. La date du procès n'a pas encore été fixée, dans l'attente de l'issue des appels de la défense contre l'ordonnance de renvoi.