En bref
Plavšić est morte le 1er octobre 2026 à l'âge de 96 ans à Belgrade ; le diffuseur public RTRS indique qu'elle sera enterrée à Banja Luka.
En 2003, le TPIY a condamné Plavšić à 11 ans de prison après qu'elle a plaidé coupable en 2002 de persécutions contre des musulmans et des Croates de Bosnie pendant la guerre de 1992-1995.
Plavšić a été libérée par anticipation d'une prison suédoise en octobre 2009 après avoir purgé les deux tiers de sa peine, avant de revenir sur son plaidoyer de culpabilité dans un entretien au magazine Vi.
Après sa rupture avec Radovan Karadžić en 1996, Plavšić a été présidente de la Republika Srpska jusqu'en 1998 et s'est retirée de la politique en 2000.
- 2003Elle est condamnée à 11 ans de prison par le tribunal et transférée en Suède.
- octobre 2009Elle obtient une libération anticipée après avoir purgé les deux tiers de sa peine, puis revient sur son plaidoyer de culpabilité.
- 1 oct.Elle meurt à Belgrade à l'âge de 96 ans ; son enterrement est prévu à Banja Luka.
Décès de l'ancienne dirigeante des Serbes de Bosnie
Biljana Plavšić, ancienne présidente de la Republika Srpska et seule femme condamnée pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, est morte à Belgrade le 1er octobre 2026, à l'âge de 96 ans. Son décès a été annoncé par la télévision publique de la Republika Srpska (RTRS), citant des informations de sa famille. Les diffuseurs ont confirmé que ses funérailles se dérouleront à Banja Luka, centre administratif de l'entité serbe de Bosnie-Herzégovine. Sa mort survient environ un mois après celle de Ratko Mladić, ancien commandant de l'armée de la Republika Srpska condamné pour génocide et crimes de guerre. L'ancien président des Serbes de Bosnie Milorad Dodik a publié un hommage après l'annonce.
« Sa mort nous rappelle une fois encore cette période de lutte, de sacrifices et de grands obstacles sur la route qui a conduit à la création de la Republika Srpska. »
Formation universitaire et rôle pendant la guerre
Née en 1930, Plavšić s'était d'abord fait connaître comme docteure en sciences biologiques, professeure d'université et doyenne de faculté à l'université de Sarajevo. Au début des années 1990, elle s'est tournée vers la politique et est devenue une figure de premier plan de la direction de la Republika Srpska nouvellement proclamée, aux côtés de Radovan Karadžić. Pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995, qui a fait environ 100 000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes, les médias occidentaux l'ont surnommée la Dame de fer des Balkans. Tout au long du conflit, elle a adopté des positions intransigeantes, soutenant publiquement la persécution des populations non serbes et affirmant que le nettoyage ethnique était un phénomène naturel et non un crime de guerre. Le journaliste Tim Judah a relevé que, si elle a ensuite été perçue comme une modérée, elle s'était souvent opposée à Karadžić pendant la guerre, jugeant ses positions insuffisamment dures.
Tournant d'après-guerre et présidence
Après la fin des hostilités sous l'accord de Dayton, Plavšić a soutenu l'accord de paix, affirmant qu'il garantissait les frontières et la souveraineté de l'entité. En 1996, elle a rompu avec les nationalistes radicaux basés à Pale et établi un canal de coopération avec les gouvernements occidentaux et la communauté internationale. Opérant depuis Banja Luka, elle a dirigé l'opposition politique à ses anciens compagnons de guerre et a été présidente de la Republika Srpska de 1996 à 1998. Les responsables occidentaux ont ensuite traité avec elle comme d'une figure politique coopérative dans l'administration d'après-guerre. Plavšić s'est finalement retirée de la vie politique active en 2000 après la défaite de son parti aux élections locales.
Reddition, aveu de culpabilité et peine
En 2001, Plavšić s'est rendue volontairement au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye, où les procureurs l'avaient inculpée de génocide, de persécutions et de crimes de guerre. Un an plus tard, elle a conclu un accord de plaider-coupable dans lequel les procureurs ont abandonné l'accusation de génocide après qu'elle a reconnu avoir persécuté des musulmans et des Croates de Bosnie pour des motifs politiques, raciaux et religieux. Cet aveu a fait d'elle la plus haute responsable de l'ex-Yougoslavie à reconnaître sa responsabilité dans les atrocités commises pendant la guerre.
« J'ai été convaincue et j'accepte que plusieurs milliers de personnes innocentes ont été victimes d'un effort organisé et systématique visant à chasser les musulmans et les Croates du territoire que les Serbes revendiquaient comme le leur. »
En 2003, le tribunal l'a condamnée à 11 ans de prison, qu'elle a purgés en Suède. Les autorités suédoises lui ont accordé une libération anticipée en octobre 2009 après qu'elle a purgé les deux tiers de sa peine. À son retour à Belgrade, elle est revenue sur ses aveux dans un entretien au magazine suédois Vi, affirmant que son plaidoyer de culpabilité avait été une manœuvre tactique pour faire abandonner les accusations de génocide. Elle a passé ses dernières années dans la vie privée à Belgrade, sans revenir à la vie publique.