En bref
Un camion piégé a explosé devant un commissariat à Cucutá le 1er août 2026, blessant au moins 11 personnes (8 policiers, 3 civils).
L'attaque a eu lieu six jours avant l'investiture du président élu Abelardo de la Espriella, prévue le 7 août à Cali, sous haute sécurité avec 11 000 soldats et policiers.
De la Espriella a condamné cette « attaque terroriste lâche » et a juré qu'elle ne briserait pas la détermination des Colombiens à vivre en paix.
Le futur dirigeant d'extrême droite, soutenu par Donald Trump, promet une répression militaire contre les groupes armés, des méga-prisons et un délai d'un mois pour que les criminels se rendent.
Les experts préviennent que la nouvelle stratégie pourrait aggraver la violence dans un pays qui endure déjà plus de 60 ans de conflit armé et une flambée de violences inédite depuis une décennie.
- 2025Le candidat présidentiel de droite Miguel Uribe Turbay abattu lors d'un rassemblement à Bogotá
- 1 aoûtUn camion piégé explose devant un commissariat à Cucutá, blessant 11 personnes
- 7 aoûtInvestiture du président élu Abelardo de la Espriella à Cali
L'attaque
Samedi, un camion chargé d'explosifs a explosé devant un commissariat de Cucutá, ville du nord-est de la Colombie proche de la frontière vénézuélienne. Au moins 11 personnes ont été blessées, dont huit policiers et trois civils, selon George Quintero, ministre de la Sécurité de la région de Norte de Santander. Aucun groupe n'a immédiatement revendiqué l'attaque. Les autorités ont annoncé une récompense d'environ 28 000 euros pour toute information menant à l'arrestation des responsables.
Calendrier politique
L'attentat s'est produit six jours avant l'investiture du président élu Abelardo de la Espriella, prévue le 7 août à Cali. De la Espriella, figure d'extrême droite soutenue par le président américain Donald Trump, a condamné l'attaque sur le réseau social X.
« Cette attaque terroriste lâche ne brisera pas la détermination des Colombiens à vivre en paix et en sécurité. »
La cérémonie d'investiture, traditionnellement tenue au Congrès à Bogotá, a été déplacée à Cali à la demande du président élu. Cali se trouve dans une région fortement touchée par les affrontements entre gangs de trafiquants de drogue et groupes de guérilla. Environ 11 000 soldats et policiers sécuriseront l'événement.
Un virage dur
De la Espriella succède à Gustavo Petro, premier président de gauche de la Colombie, dont le mandat de quatre ans a été marqué par des négociations de paix infructueuses avec les groupes armés. Le président élu promet une rupture nette avec l'approche de Petro fondée sur le dialogue. Il a donné à tous les criminels du pays un mois pour se rendre et promet des campagnes de bombardements massifs contre les puissants cartels de la drogue. Il prévoit également de construire des méga-prisons, citant les modèles sécuritaires de Nayib Bukele au Salvador et de Daniel Noboa en Équateur.
Craintes d'escalade
Des experts ont averti que la nouvelle stratégie pourrait aggraver la violence dans un pays déjà en proie à plus de 60 ans de conflit armé impliquant des groupes d'extrême gauche, des trafiquants de drogue et des opérations minières illégales. La Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne, et la violence a atteint des niveaux inédits depuis une décennie. La campagne électorale elle-même a été entachée de sang : en 2025, le candidat présidentiel de droite et sénateur Miguel Uribe Turbay a été abattu lors d'un rassemblement à Bogotá.