En bref
Conte et Schlein se sont rencontrés à Rome le 4 août, évoquant un climat détendu et un respect mutuel, après une semaine d'affrontements.
Conte a réitéré l'opposition du M5S à l'envoi d'armes à l'Ukraine et souhaite que les primaires tranchent la ligne politique ; Schlein insiste pour qu'un programme commun soit d'abord défini.
Un texte PD-M5S-AVS s'opposant à de nouvelles dépenses militaires et aux engagements de l'OTAN a été bloqué le 4 août par l'aile réformiste du PD.
- 2 aoûtConte déclare que la position sur l'Ukraine sera tranchée par les primaires.
- 3 aoûtSchlein répond que le programme doit passer avant le candidat.
- 4 aoûtConte et Schlein déjeunent à Rome ; l'aile réformiste du PD rejette la résolution commune sur le réarmement.
Un déjeuner pour calmer les esprits
Giuseppe Conte et Elly Schlein ont déjeuné le 4 août dans un restaurant du Campo de' Fiori à Rome, une rencontre que les deux camps ont décrite comme cordiale et planifiée de longue date. Conte, s'exprimant devant la presse à Montecitorio, a déclaré qu'il n'y avait "aucun problème personnel" avec la secrétaire du PD et que le repas avait été arrangé la semaine précédente. "La dialectique politique demeure, mais avec un respect mutuel", a-t-il ajouté. Des sources du PD ont confirmé un "climat détendu" et indiqué que les deux dirigeants avaient fait le point sur les prochaines étapes.
Ce déjeuner faisait suite à plusieurs jours d'échanges vifs qui menaçaient de fracturer la coalition de centre-gauche connue sous le nom de "campo largo". Dimanche, Conte avait déclaré à un public à PiazzAsiago que la position de la coalition sur l'Ukraine serait tranchée par les élections primaires, sous-entendant que le vainqueur dicterait la ligne. Schlein a répliqué le lendemain : "Ça ne marche pas comme ça. D'abord le programme, ensuite le candidat."
Le bras de fer sur l'Ukraine et les primaires
Le différend central reste inchangé. Conte a réitéré l'opposition du Mouvement Cinq Étoiles à l'envoi d'armes à l'Ukraine, tout en reconnaissant la position différente du Parti démocrate. "J'ai dit et répété les mêmes choses que moi et le M5S disons depuis quatre ans, notre position est toujours la même. Mais je respecte les positions du Parti démocrate", a-t-il déclaré. Le chef du M5S souhaite que les primaires tranchent non seulement le choix du candidat mais aussi l'orientation politique de la coalition. Schlein insiste pour qu'un programme commun soit d'abord défini, craignant qu'un vainqueur des primaires n'impose la ligne de son parti aux alliés.
Conte a ensuite ajouté que la politique étrangère ne peut être exclue des primaires. "Ce serait absurde", a-t-il dit, "la politique étrangère est l'un des enjeux les plus déterminants pour le pays, pour l'Europe et, actuellement, pour le scénario géopolitique international."
Un nouveau front sur le réarmement
Alors même que les deux dirigeants dînaient, une nouvelle fracture s'est ouverte au sein du PD lui-même. Une résolution commune rédigée par le PD, le M5S et l'alliance Verts-Gauche (AVS) en amont des communications parlementaires du ministre de l'Économie, Giancarlo Giorgetti, a été rejetée par l'aile réformiste du parti. Le texte s'opposait au réarmement, aux engagements de dépenses de l'OTAN, à de nouvelles dépenses militaires et à tout écart budgétaire pour les armes. Des figures réformistes du PD ont jugé le projet "non partageable" et ont prévenu que s'il restait inchangé, une scission était inévitable. Cet épisode a montré que les fractures internes de la coalition dépassent la seule relation Conte-Schlein.
Construction de la coalition au ralenti
Le déjeuner a peut-être restauré la civilité personnelle, mais le chemin vers une alternative unifiée de centre-gauche au gouvernement de Giorgia Meloni reste escarpé. Un commentaire notait que les deux dirigeants semblaient commander à des menus différents : l'un de la mer, l'autre de la montagne. Matteo Renzi, chef d'Italia Viva, s'est exprimé depuis Marina di Pietrasanta, déclarant se soucier peu des règles des primaires et davantage du coût de la vie. "Meloni a une coalition divisée, grâce aussi à Robertus Vannaccius Nero", a-t-il dit, utilisant un surnom latinisé moqueur pour un député européen de la Ligue. "Ce que le centre-gauche ne peut pas faire, c'est se diviser." La coalition Ulivo de 1996, rappelait le même commentaire, avait nécessité 88 thèses pour se former ; le campo largo d'aujourd'hui ne semble pas moins complexe.