En bref
Gérald Darmanin a écrit à 10 000 magistrats pour exprimer son attachement viscéral à une justice indépendante, tout en rappelant leur devoir constitutionnel.
La lettre souligne que l'indépendance doit s'accompagner de responsabilité et que les manquements avérés doivent entraîner des sanctions.
Gérald Darmanin affirme que ses instructions de prioriser les violences aux personnes n'ont pas été pleinement appliquées, rejetant la responsabilité politique.
Mathilde Panot, Yannick Jadot, Olivier Faure et d'autres ont demandé ou suggéré la démission du ministre.
Deux enquêtes distinctes sur la gestion de l'affaire Lyhanna doivent être remises au gouvernement.
- 4 juinDécouverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers
- 15 juinLe ministre de la Justice Gérald Darmanin envoie une lettre manuscrite aux magistrats
- 22 juinRemise prévue des rapports d'inspection au gouvernement
La lettre, envoyée le 15 juin 2026 et rendue publique par BFMTV, intervient dix jours après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans le département du Gers. L'affaire a suscité une vive émotion et relancé le débat sur la gestion des plaintes par le système judiciaire français, en particulier celles concernant les violences faites aux mineurs.
Contexte de l'affaire Lyhanna
Le corps de Lyhanna a été retrouvé le 4 juin. Jérôme Barella est le principal suspect. Quelques heures après la découverte, le garde des Sceaux avait déjà critiqué des défaillances individuelles dans le traitement du dossier, s'attirant les foudres des magistrats qui l'accusaient de préjuger des enquêtes en cours. Gérald Darmanin a depuis maintenu que ses instructions visant à donner la priorité aux dossiers d'atteintes aux personnes, notamment les agressions sexuelles sur mineurs, n'avaient pas été pleinement appliquées, rejetant ainsi toute responsabilité politique dans ce drame.
La lettre manuscrite de deux pages
Dans une note manuscrite de deux pages adressée à environ 10 000 membres de la magistrature, Gérald Darmanin justifie sa démarche directe.
« J'ai fait le choix de vous écrire en ce moment si important… pour réaffirmer mon attachement viscéral à l'indépendance de l'autorité judiciaire. »
L'équilibre entre indépendance et responsabilité
Le message central de la lettre est que l'indépendance judiciaire ne peut être dissociée de la responsabilité.
« Cette indépendance va de pair avec la responsabilité. Lorsque des fautes professionnelles sont établies, par des rapports d'inspection ou des enquêtes administratives, personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées. »
Retombées politiques et appels à la démission
Depuis le début de l'affaire, plusieurs figures de l'opposition ont demandé le départ de Gérald Darmanin. Mathilde Panot (La France insoumise), l'écologiste Yannick Jadot, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, ainsi que des représentants du Rassemblement national ont formulé des appels explicites ou implicites à sa démission. Le ministre a résisté, arguant que le problème fondamental résidait dans le non-respect de sa directive sur le traitement des dossiers axé sur les victimes.
Prochaines étapes et échéance du 22 juin
Les deux inspections ordonnées par le gouvernement, l'une par la gendarmerie et l'autre par l'inspection judiciaire, doivent rendre leurs conclusions le 22 juin. Ces rapports devraient identifier où et pourquoi le système a failli. Gérald Darmanin a indiqué qu'il utiliserait ces conclusions pour établir les responsabilités, réitérant son souhait de faire avancer une réforme constitutionnelle du ministère public.