En bref
Le Jurado Nacional de Elecciones a déclaré Keiko Fujimori présidente élue le 3 juillet 2026, ainsi que les vice-présidents Luis Galarreta et Miguel Torres.
Fujimori a gagné avec 50,135 % des voix contre 49,865 % pour Roberto Sánchez, une avance de 49 641 votes (0,27 point de pourcentage).
Le candidat battu a déposé une plainte auprès de la Cour interaméricaine des droits de l'homme concernant des irrégularités présumées dans le vote à l'étranger ; le JNE a rejeté son dernier recours interne quelques heures avant la proclamation.
Le président brésilien Lula et le gouvernement espagnol ont adressé leurs félicitations, Lula proposant un vaste programme de coopération bilatérale.
- 2 juil.Le JNE rejette le dernier recours de Sánchez pour annuler les bulletins de l'étranger ; l'habeas corpus d'Antauro Humala également rejeté.
- 3 juil.Le JNE proclame officiellement Keiko Fujimori présidente élue.
- 15 juil.Cérémonie de remise des lettres de créance prévue pour la présidente élue.
La proclamation
Lors d'une cérémonie au siège du Jurado Nacional de Elecciones (JNE) dans le quartier de Jesús María à Lima, le président du JNE, Roberto Burneo, a déclaré le ticket de Fuerza Popular vainqueur de l'élection générale de 2026. Fujimori elle-même n'était pas présente ; les représentants légaux de son parti y ont assisté tandis qu'elle suivait l'événement depuis les bureaux du parti à San Isidro. En quelques minutes, des comptes sur les réseaux sociaux pour sa présidence sont apparus, arborant tous le tag « Presidenta Electa del Perú ».
« Chaque vote compte également. »
Burneo a ajouté que la proclamation reflétait la volonté souveraine de millions de Péruviens. Aux côtés de Fujimori, Luis Galarreta a été proclamé premier vice-président et Miguel Torres deuxième vice-président pour le mandat 2026-2031.
Une marge étroite et une longue attente
Le second tour, tenu soit le 7 juin soit le 21 juin selon les sources, a produit l'un des résultats les plus serrés de l'histoire récente du Pérou. Fujimori a obtenu 50,135 % des voix contre 49,865 % pour le candidat de gauche Roberto Sánchez de Juntos por el Perú – une différence de seulement 49 641 bulletins, soit 0,27 point de pourcentage. Les résultats officiels avaient été publiés le 29 juin, mais le processus de validation a traîné pendant des semaines.
Cette victoire met fin à un marathon pour Fujimori, qui avait perdu les seconds tours en 2011, 2016 et 2021 et devient maintenant le neuvième chef d'État en une seule décennie. Sa campagne a mis l'accent sur un retour aux politiques de loi et d'ordre et à la relance économique, faisant écho à l'héritage de son père, qui a gouverné de 1990 à 2000.
« Je reçois avec une profonde gratitude la confiance que des millions de Péruviens m'ont accordée. Une nouvelle étape commence. »
Contestation de l'opposition
Roberto Sánchez a refusé d'accepter le résultat, alléguant des irrégularités concernant les bulletins de vote des Péruviens de l'étranger. Le 2 juillet, il a saisi la Cour interaméricaine des droits de l'homme de mesures conservatoires. Quelques heures avant la proclamation, le JNE a rejeté son dernier recours interne visant à annuler les votes de l'étranger, et le pouvoir judiciaire a déclaré irrecevable un habeas corpus déposé par son allié Antauro Humala, qui avait soutenu que les origines nikkei de Fujimori l'empêchaient d'accéder à la présidence.
Réactions régionales
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a félicité Fujimori le 4 juillet, déclarant qu'il se réjouissait d'« un programme bilatéral ambitieux » couvrant le commerce, l'investissement, l'intégration des infrastructures, la protection de l'Amazonie, la lutte contre la faim et la pauvreté, et la lutte contre la criminalité transnationale organisée. Le gouvernement espagnol a publié une déclaration soulignant le travail des missions d'observation électorale de l'UE et de l'OEA, dont l'Espagne faisait partie, et a réaffirmé son souhait d'approfondir les relations stratégiques avec le Pérou.
La suite
Burneo a annoncé que la cérémonie de remise des lettres de créance pour la présidente élue et ses vice-présidents aura lieu à midi le 15 juillet. Fujimori a décrit la période de transition comme « une opportunité d'écouter, de dialoguer et d'arriver préparé au début du nouveau gouvernement ».