En bref
La France fait face à sa troisième canicule depuis le printemps 2026, avec des températures atteignant 40 °C dans l'Ouest et un record de température minimale de 30,6 °C enregistré à Vivès.
Le nombre de personnes sous vigilance rouge triple entre vendredi et samedi, couvrant 24 départements dans le quart nord-ouest de la France.
Le plan, décrit par Maud Bregeon comme inédit, déclenche des centres de rafraîchissement, une surveillance humaine renforcée et des bilans de santé systématiques pour les populations vulnérables.
Le risque d'incendie est exceptionnellement élevé, avec près du double de la superficie brûlée par rapport à la même date en 2025, selon les estimations de la sécurité civile.
Sur les 30 000 unités de climatisation promises pour les hôpitaux, 6 000 ont été déployées, les autres devant suivre progressivement.
- Nuit du 8 au 9 juilletRecord de température minimale : 30,6 °C à Vivès (Pyrénées-Orientales), la plus élevée jamais enregistrée en France métropolitaine.
- 10 juil.Neuf départements de l'Ouest en vigilance rouge, 72 en orange. Déclenchement du plan Orsec chaleurs extrêmes.
- 11 juil.Extension à 24 départements en vigilance rouge, 56 en orange, couvrant 22,2 millions d'habitants.
- Mi-semaine suivanteLa canicule devrait persister au moins jusqu'au milieu de la semaine prochaine.
La canicule s'intensifie en France
La France subit sa troisième canicule en moins de deux mois, avec des températures prévues jusqu'à 40 °C dans les régions de l'Ouest. Météo-France a placé neuf départements de l'Ouest en alerte rouge vendredi 10 juillet, dont l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et la Vendée. Soixante-douze autres départements étaient en alerte orange. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, la commune de Vivès, dans les Pyrénées-Orientales, a enregistré une température minimale de 30,6 °C, la plus élevée jamais enregistrée en France métropolitaine.
Samedi 11 juillet, l'alerte rouge s'étendra à 24 départements du quart nord-ouest, du Morbihan à la région parisienne, 56 autres étant en orange. Selon un calcul de l'AFP basé sur les données de l'Insee, 22,2 millions d'habitants seront couverts par l'alerte rouge, soit trois fois plus que vendredi. Environ 54 millions de personnes au total restent sous vigilance orange ou rouge. Météo-France a prévenu que la chaleur s'intensifiera ce week-end, avec des nuits chaudes dans la majeure partie du pays et de possibles orages violents dans l'Ouest.
Une première : le plan Orsec « chaleurs extrêmes »
Le gouvernement a annoncé vendredi l'activation d'un plan Orsec chaleurs extrêmes, décrit par la porte-parole Maud Bregeon comme une mesure qui n'existait pas auparavant. Le plan n'est pas déclenché à un seuil de température fixe, mais suit une évaluation globale incluant la durée et l'intensité de la canicule.
« L'objectif de ce plan Orsec chaleurs extrêmes, qui n'existait pas par le passé, est de prendre en compte le retour d'expérience des vagues récentes. »
Il permet aux préfets de coordonner les services de l'État, les collectivités locales, les secours et les acteurs sanitaires et sociaux. Une version préliminaire a été présentée lors d'une réunion interministérielle de crise à Marseille le 2 juillet 2026.
Centres de rafraîchissement et registres de personnes vulnérables
Dans le cadre du plan, chaque département doit ouvrir des centres de protection et de rafraîchissement dédiés aux personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et les sans-abri. Les centres doivent être équipés de lits, de kits de premiers secours, de sanitaires séparés et d'une surveillance humaine renforcée, avec des bilans de santé systématiques à l'arrivée.
« De tels centres avaient déjà été ouverts, ou du moins mis à disposition pendant la journée, notamment dans les mairies, pour que les gens puissent venir se rafraîchir. Ici, nous allons deux, voire trois pas plus loin, en ciblant d'abord les personnes les plus vulnérables, avec un meilleur croisement des fichiers. »
Les préfets doivent s'appuyer sur des registres précis et actualisés des populations fragiles, constitués en collaboration avec les communes, les centres communaux d'action sociale (CCAS), les services sociaux et la caisse d'allocations familiales (CAF).
Risque d'incendie et contexte climatique
La combinaison de la chaleur et de la sécheresse crée un danger exceptionnel de feux de forêt dans tout le pays. Plus de 25 000 hectares ont brûlé depuis le début de l'année, soit près du double de la superficie enregistrée à la même date l'année dernière, selon les estimations de la sécurité civile. Le plan Orsec forêt avait déjà été activé lors des gigantesques incendies de 2022 en Gironde, qui avaient brûlé plus de 30 000 hectares à Landiras et La Teste-de-Buch.
« La barre des 40 °C peut être atteinte. »
Les canicules répétées sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, provoqué principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les scientifiques du climat. Le Haut Conseil pour le climat a averti jeudi que les politiques de la France en matière de décarbonation et d'adaptation restent insuffisantes.
Réaction du gouvernement et préparation des hôpitaux
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présidé une réunion interministérielle de crise vendredi matin. Bregeon a déclaré que 6 000 des 30 000 unités de climatisation promises pour les hôpitaux ont déjà été installées, les autres devant être déployées progressivement. Seules la Corse, la Côte d'Azur, l'extrême nord et quelques départements montagneux devraient échapper aux températures extrêmes. La canicule devrait durer au moins jusqu'au milieu de la semaine prochaine.