En bref
Le 4 juillet 2026, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans 80 à 110 villes, dont 100 000 à Paris, pour réclamer une loi intégrale contre les violences sexuelles.
Le viol et le meurtre de Lyhanna, 11 ans, fin mai, ont galvanisé la colère publique et déclenché des manifestations hebdomadaires devant les tribunaux.
Les manifestants réclament une 'loi intégrale' couvrant la prévention, l'éducation, les moyens judiciaires et l'aide aux victimes, rejetant les mesures au coup par coup.
Les activistes citent un taux de classement sans suite de 94 % pour les plaintes pour viol et le sous-financement des tribunaux et des écoles.
Le Premier ministre Lecornu a annoncé un projet de loi pour l'automne, mais les manifestants le jugent insuffisant et réclament 2,6 milliards d'euros de financement.
- 31 maiLyhanna, 11 ans, disparaît après l'école ; son corps est retrouvé quelques jours plus tard dans un silo à grains, violée et assassinée.
- 23 juinLe Premier ministre Sébastien Lecornu annonce un projet de loi qui sera examiné à l'automne.
- 4 juil.Manifestations nationales dans 80 à 110 villes ; 100 000 personnes défilent à Paris pour réclamer une loi intégrale.
L'affaire Lyhanna comme catalyseur
Les manifestations ont été déclenchées par le viol et le meurtre de Lyhanna, une fillette de 11 ans, fin mai 2026. Son corps a été retrouvé dans un silo à grains quelques jours après sa disparition de l'école. Le suspect, Jérôme Barella, avait un casier judiciaire. L'affaire a galvanisé la colère publique face aux défaillances systémiques et a déclenché des manifestations hebdomadaires devant les tribunaux et le ministère de la Justice à Paris.
Mobilisation nationale
Le 4 juillet, la Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale, réunissant 150 à 180 associations, a organisé des rassemblements dans 80 à 110 villes. À Paris, la marche de la Bastille à la Nation a rassemblé 100 000 participants selon les organisateurs, qui ont parlé d'une mobilisation historique. D'autres villes comme Nantes, Rennes, Mont-de-Marsan et Dax ont vu des centaines de manifestants. L'atmosphère a été décrite comme festive mais en colère, avec des familles et des enfants se joignant aux foules.
Revendications d'une loi intégrale
Les manifestants réclament une « loi intégrale » couvrant la prévention, l'éducation, les moyens judiciaires et l'aide aux victimes, rejetant les mesures au coup par coup.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de cette justice sous-dotée qui protège les agresseurs plutôt que les victimes. Avec 94 % des plaintes pour viol classées sans suite, de nombreux agresseurs sont signalés mais jamais inquiétés. »
« L'enjeu est aussi de former les professionnels, mais aussi les jeunes de demain et les adultes de demain pour que cessent les violences sexistes et sexuelles. »
Le système judiciaire sous le feu des critiques
Les critiques affirment que le système judiciaire est gravement sous-financé.
« Le gouvernement a fait passer des défaillances d'enquête pour des dysfonctionnements, mais c'est ainsi que fonctionne la justice en France. »
« Le policier m'a dit que ce n'était pas un viol, que cela pourrait ruiner la vie de l'homme, il m'a fait sentir coupable et a remis en question tout ce que j'ai dit. »
Réponse du gouvernement et prochaines étapes
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 23 juin qu'un projet de loi serait examiné à l'automne. Les syndicats et les activistes réclament 2,6 milliards d'euros de financement supplémentaire pour l'éducation et la justice. Ils veulent faire pression sur les députés et sénateurs locaux pour obtenir des ressources. De nombreux manifestants jugent le projet de loi du gouvernement insuffisant et insistent sur un cadre global plutôt que sur une législation réactive et au coup par coup.