En bref
Le profil du député Michał Woś a publié une image de Ryszard Terlecki avec la légende 'Jeune. Instruit. Issu des grandes villes. La droite rajeunie de Mateusz Morawiecki' et un emoji clown ; Woś a ensuite déclaré qu'elle avait été mise en ligne par un administrateur et retirée après quelques dizaines de minutes le 25 juillet 2026.
Paweł Jabłoński, désormais aligné sur le groupe dissident de Morawiecki, a partagé la capture d'écran sur X et a accusé Woś de se moquer d'un vétéran réprimé par le régime communiste, utilisant l'insulte 'gnojek' ('salaud').
L'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki a publié une déclaration le 26 juillet qualifiant l'insulte et le mépris de 'fond politique' et avertissant que les guerres internes coûteraient les élections à la droite.
Rafał Bochenek a critiqué le ton agressif de Jabłoński, a déclaré que l'affaire était déjà clarifiée et l'a blâmé pour des actions antérieures ayant approfondi la scission du parti.
- Tweet de JabłońskiJabłoński traite Woś de 'gnojek', défend Terlecki comme un patriote réprimé et accuse Woś de se moquer de l'âge du vétéran.
- Déclaration de MorawieckiMateusz Morawiecki condamne l'insulte et le mépris comme 'fond politique' et avertit que les querelles internes feront perdre les élections.
- Intervention de BochenekLe porte-parole du PiS, Rafał Bochenek, critique Jabłoński pour avoir escaladé le conflit et déclare que l'affaire avait déjà été clarifiée.
Un seul post sur les réseaux sociaux et sa suppression rapide ont mis à nu les nerfs à vif au sein du plus grand parti d'opposition de Pologne, alors que la scission menée par l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki et son association "Rozwój Plus" entre en collision avec la direction restante du PiS.
Le post et ses retombées
Le 25 juillet 2026, le député Michał Woś a publié un post Facebook montrant Ryszard Terlecki, vétéran et ancien chef du groupe parlementaire PiS et longtemps vice-président de la Diète, avec la légende : "Jeune. Instruit. Issu des grandes villes. La droite rajeunie de Mateusz Morawiecki" accompagnée d'un emoji clown. Le post a été supprimé après quelques dizaines de minutes. Woś a ensuite déclaré qu'un administrateur de son profil l'avait publié et qu'il avait été retiré sur son ordre. Une capture d'écran a cependant circulé largement sur la plateforme X.
« Ce post maladroit a déjà été supprimé hier après quelques dizaines de minutes. »
La réponse explosive de Jabłoński
Paweł Jabłoński, ancien vice-ministre des Affaires étrangères parti du PiS avec Morawiecki, a partagé la capture d'écran sur X avec un long commentaire émotionnel. Il a reproché à Woś son manque de respect envers un vétéran de l'opposition au régime communiste et rappelé qu'il avait lui-même défendu Woś à plusieurs reprises contre ce qu'il qualifiait d'accusations politiquement motivées. De Woś, il a écrit « gnojek », une insulte crue en polonais.
« Et ce petit merdeux ne le fait que parce que sa bande de Pologne solidaire/souveraine a désormais pris le contrôle du PiS, et que Ryszard Terlecki n'a pas voulu l'accepter. »
Morawiecki appelle à la halte
Mateusz Morawiecki est intervenu le même matin, publiant une déclaration qui ne nommait explicitement aucun des deux protagonistes mais était largement comprise comme une réprimande à Woś et un appel à la désescalade. Ses mots ont présenté la lutte intestine comme une menace directe pour les perspectives électorales de la droite.
« J'en appelle à la retenue. Insulter, mépriser et manquer de respect, c'est le fond politique. La droite ne gagnera pas les élections par une guerre dans ses propres rangs. Elle ne les gagnera que par la crédibilité, l'efficacité et un programme. »
Woś contre-attaque, le porte-parole du parti se joint
Woś a répondu directement à Jabłoński, l'accusant d'utiliser un post déjà supprimé pour des attaques personnelles : « Tu ressors la capture d'un post qui a été supprimé sur mon instruction dès hier, au bout de peu de temps, par l'administrateur sur Facebook, et que j'ai déjà qualifié aujourd'hui d'inélégant sur X. »
Le porte-parole du PiS, Rafał Bochenek, est alors entré dans l'arène, critiquant le ton agressif de Jabłoński et affirmant que la situation avait déjà été expliquée. Il a simultanément accusé Jabłoński d'actions ayant contribué à la fracture du parti. Cet échange a souligné comment le post était devenu une bataille par procuration pour la lutte de pouvoir plus profonde après le départ de la faction de Morawiecki.
Une scission mise à nu
La querelle a éclaté quelques jours après une scission dont l'axe est l'association « Rozwój Plus » dirigée par Morawiecki. La direction du PiS a posé un ultimatum à ses parlementaires : signer avant jeudi minuit une déclaration de non-appartenance à des organisations extérieures, sous peine d'exclusion. Terlecki, pendant près de deux décennies l'un des plus proches collaborateurs de Jarosław Kaczyński, n'a pas signé, a été exclu du parti et a rejoint « Rozwój Plus ». Sur Facebook, il a écrit que Kaczyński « reste l'homme politique le plus éminent de ces 35 années », mais que « les Maślarze mènent le PiS à la défaite », étiquette accolée à la faction réunie autour de Przemysław Czarnek, Jacek Sasin et Tobiasz Bocheński. Les partisans de Morawiecki sont, eux, surnommés « harcerze », les scouts.
- Députés
- 40 personnes
- Eurodéputés
- 3 personnes
- Sénateurs
- 1 personnes
Données tirées du texte de l’article
L'ampleur du départ reste contestée. Kaczyński a évoqué une trentaine de députés renonçant à leur adhésion, tandis que Morawiecki a affirmé que son camp comptait 40 députés, un sénateur et trois eurodéputés. Dimanche, Morawiecki est revenu sur la polémique sur X, écrivant que « lorsque les arguments s'épuisent, commence le festival des fake news, des insinuations et de la boue politique ».