En bref
Les cotisations salariales augmentent de 0,2 pp (au lieu de 0,3) et la TVA normale de 0,4 pp ; taux réduit inchangé, taux spécial hôtelier +0,2 pp.
Adopté par 15 voix contre 11 par les délégués des deux chambres mercredi matin.
Le centre-gauche soutient le paquet comme équilibré socialement ; les partis de droite s'opposent aux hausses salariales et préfèrent un financement uniquement par la TVA.
Le Conseil des États vote le 11 juin, le Conseil national le 17 juin ; si l'un rejette, le projet échoue mais la 13e rente commencera quand même en décembre.
La 13e rente nécessite 4,2 milliards CHF en 2026, 4,5 milliards d'ici 2030 et 5,4 milliards d'ici 2040 ; les recettes du compromis ne couvrent qu'une partie.
- 10 juinLa conférence de conciliation propose un modèle de financement mixte
- 11 juinLe Conseil des États vote sur le compromis
- 17 juinLe Conseil national vote sur le compromis
- 1 déc.Premier versement de la 13e rente AVS
Compromis trouvé
Après des semaines de blocage entre les deux chambres, une conférence de conciliation a voté mercredi matin 15 contre 11 en faveur d'un modèle de financement mixte pour la 13e rente AVS. La proposition reflète largement la position antérieure du Conseil des États, associant une augmentation plus modeste des cotisations salariales à une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée. Le Conseil national avait insisté pour un financement uniquement via une hausse temporaire de la TVA, mais la conférence a opté pour une solution permanente.
« Avec un financement mixte, nous avons une solution stable, précisément équilibrée et permanente. »
Ce que prévoit l'accord
Selon le compromis, les cotisations salariales augmenteraient de 0,2 point de pourcentage à partir de 2028, au lieu des 0,3 points que le Conseil des États avait précédemment demandés. Le taux normal de TVA augmenterait de 0,4 point de pourcentage, tandis que le taux réduit sur les biens de consommation courante reste inchangé. Le taux spécial pour le secteur hôtelier augmenterait de 0,2 point. La cotisation supplémentaire devrait apporter environ 2,5 milliards de francs au fonds AVS d'ici 2030.
Clivage politique
La proposition creuse un fossé partisan. L'alliance de centre-gauche (Le Centre, PS et Verts) soutient le paquet, les syndicats le qualifiant d'équilibré socialement. L'USS a déclaré que les salariés recevraient une rente plus élevée en échange de cotisations « à peine perceptibles ». Le bloc de droite (UDC, PLR et Vert'libéraux) rejette toute hausse des prélèvements salariaux. Le coprésident du PLR, Benjamin Mühlemann, a prévenu que son parti voterait contre, affirmant qu'il ne soutiendrait pas des augmentations de recettes « unilatérales ». La cheffe de groupe des Vert'libéraux, Corina Gredig, a fait valoir que des cotisations plus élevées signifient « moins d'argent dans les comptes des travailleurs ».
Prochaines étapes
Le Conseil des États vote jeudi, suivi du Conseil national le 17 juin. Si l'une des chambres rejette la proposition, le projet de financement s'effondre. Dans ce cas, la 13e mensualité serait tout de même versée à partir de décembre, mais sans source de financement dédiée. Le Conseil fédéral a déjà inclus des options de repli dans son projet de réforme AVS 2030, qui comprennent soit une augmentation combinée, soit une approche uniquement par la TVA.
Pression sur les coûts
Même si l'accord est adopté, le coût de la rente devrait augmenter fortement. La première année en 2026 nécessitera 4,2 milliards de francs, passant à environ 4,5 milliards en 2030 et 5,4 milliards d'ici 2040. Les recettes supplémentaires issues du compromis ne couvriraient qu'une partie de cet écart.
- 2026
- 4.2 mds CHF
- 2030
- 4.5 mds CHF
- 2040
- 5.4 mds CHF
Données tirées du texte de l’article