En bref
Verhoeven a déclaré au juge José Luis Calama, vendredi 16 octobre, qu'il ignorait que Plus Ultra avait reçu les 53 millions d'euros d'aide publique et nie avoir blanchi cet argent.
Il affirme avoir prêté 2,1 millions d'euros à la compagnie par le biais de cinq prêts, attribue les contrats à Luis Felipe Baca et ne reconnaît pas sa signature sur les contrats présentés dans le dossier.
Le juge José Luis Calama place l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero au sommet d'un présumé réseau d'influence lié au prêt de 53 millions d'euros obtenu par Plus Ultra en 2021.
Verhoeven a été remis à l'Espagne après son arrestation en Allemagne, détenu à Soto del Real puis remis en liberté par le juge après avoir refusé de témoigner fin septembre, son passeport étant retiré.
- 21 aoûtVerhoeven interpellé à l'aéroport de Francfort, selon El Confidencial
- Fin septembre 2026Verhoeven comparaît devant le juge et est remis en liberté, passeport retiré
- 16 oct.Verhoeven nie le blanchiment devant le juge José Luis Calama
Démenti devant le juge
Vendredi 16 octobre, Simon Leendert Verhoeven, le financier néerlandais présenté comme le cerveau financier de l'affaire Plus Ultra, a été entendu en qualité de mis en examen par le juge José Luis Calama à l'Audiencia Nacional. Il a affirmé à la cour qu'il ignorait que la compagnie avait reçu les 53 millions d'euros d'aide accordés par le gouvernement espagnol pendant la pandémie, et il a nié avoir blanchi cet argent. Il a indiqué avoir prêté 2,1 millions d'euros à la compagnie et a nié toute irrégularité dans ses contrats avec l'entreprise.
Il s'est décrit comme actionnaire majoritaire de trois sociétés, une à Gibraltar et deux au Royaume-Uni, actives dans le négoce, les métaux précieux et l'immobilier. Il a soutenu que les lingots d'or, les montres et les bijoux saisis par la police à son domicile de Majorque provenaient d'une activité légale. Cette maison de Santa María de Camí avait été perquisitionnée en octobre 2024 sur commission rogatoire suisse, les enquêteurs y ayant découvert deux lingots d'or, douze montres de luxe et de nombreux bijoux.
Contrats et signatures
Verhoeven attribue les cinq contrats de prêt qu'il a signés avec la compagnie à un homme d'affaires péruvien, identifié par ABC et EL MUNDO comme Luis Felipe Baca, qui l'avait appelé pour lui proposer un prêt à intérêt élevé. Il ne reconnaît pas sa signature sur les contrats présentés par Plus Ultra dans le dossier, mais il a admis la sienne sur un autre ensemble de contrats faisant l'objet d'une enquête en Suisse. Selon ABC, citant des sources judiciaires, il a déclaré que les documents côté espagnol contenaient des détails sur le sauvetage, tandis que ceux qu'il a traités en Suisse et en France n'en contenaient pas. Il a nié connaître Julio Martínez Martínez, présenté comme l'associé de Zapatero, l'ancien président de Plus Ultra Julio Martínez Sola et l'ancien dirigeant Rodolfo Reyes. Il a reconnu que ses sociétés avaient eu des relations avec des entreprises vénézuéliennes, sans pouvoir les nommer.
La thèse de l'accusation
Le juge Calama place l'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero au sommet d'un présumé réseau d'influence destiné à obtenir les 53 millions d'euros de prêt public que Plus Ultra a obtenus en 2021. Verhoeven est considéré comme le cerveau de l'infraction de blanchiment dans la même affaire. L'ordonnance du juge indique que Reyes aurait ordonné que certaines des sommes reçues du gouvernement espagnol soient transférées à trois sociétés instrumentales gérées par Verhoeven : Valerian Corporation, Allpa Wira Trading AG et Wailea Investment. El Periódico, citant l'enquête du juge, rapporte que les comptes gibraltariens de Valerian dissimulaient des transferts vers la compagnie d'un total de 900 000 dollars, justifiés comme des contrats d'investissement. L'ancien directeur général Roberto Roselli a déclaré au juge que, lorsqu'il avait interrogé Reyes sur Verhoeven, celui-ci avait renvoyé à une recherche Google et World-Check, ce que Roselli a décrit comme des instructions implicites d'accepter les paiements de Valerian. EL MUNDO rapporte que le parquet accuse Verhoeven d'avoir fourni des fonds issus d'activités criminelles au Venezuela, remboursés par des prêts tirés du sauvetage public.
Arrestation, détention et libération
Les sources divergent sur la date de son arrestation en Allemagne. El Confidencial donne le 21 août à l'aéroport de Francfort, tandis qu'Europa Press et EL MUNDO la situent en septembre. Après sa remise à l'Espagne, il a été placé en détention provisoire à la prison de Soto del Real. Traduit devant le juge fin septembre, il a refusé de témoigner et demandé du temps pour préparer sa déclaration. Le juge l'a ensuite remis en liberté, mais a retiré son passeport.