En bref
L'Assemblée nationale a approuvé la réforme constitutionnelle à l'unanimité lors d'une session spéciale tenue à León le 1er septembre 2026.
Les mandats des dirigeants exécutifs, législatifs, judiciaires, policiers et militaires sont portés de six à sept ans, repoussant les élections présidentielles à 2028.
L'article 47 interdit aux personnes considérées comme traîtres, dont au moins 452 déchues de leur citoyenneté comme Sergio Ramírez et Gioconda Belli, d'occuper des fonctions publiques.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté les alliés à rompre les relations normales avec Managua, tandis que le Panama a retiré son ambassadeur après les annonces précédentes.
- 19 juil.Daniel Ortega annonce publiquement qu'aucune autre élection concurrentielle n'aura lieu
- 1 sept.L'Assemblée nationale adopte la réforme constitutionnelle en première lecture
- 18 janv.Second vote législatif prévu pour ratifier les amendements constitutionnels
Vote parlementaire et modifications constitutionnelles
L'Assemblée nationale du Nicaragua a adopté une réforme constitutionnelle en première lecture le 1er septembre 2026, interdisant aux partis et candidats de l'opposition de participer aux élections. La mesure a été approuvée à l'unanimité par acclamation lors d'une session législative spéciale tenue dans la ville de León, dans le nord-ouest du pays. Selon l'article 47 du texte modifié, les personnes désignées comme traîtres à la patrie, auteurs de tentatives de coup d'État ou celles qui demandent une intervention militaire étrangère et des blocus économiques sont exclues de toute candidature à une fonction élective ou de tout poste public. La loi confère également au Conseil suprême électoral le pouvoir d'annuler le statut juridique des partis politiques recevant des financements des États-Unis. En outre, la réforme porte le mandat présidentiel de six à sept ans, sans limite de réélection.
Mandats prolongés et calendrier législatif
Au-delà de la présidence, l'extension à sept ans s'applique aux coprésidents, aux députés de l'Assemblée nationale, aux maires, aux magistrats judiciaires, aux juges électoraux, au procureur général, au surintendant des banques, ainsi qu'aux commandants de l'armée et de la police. La loi nicaraguayenne exige que les révisions constitutionnelles soient adoptées au cours de deux périodes législatives distinctes pour entrer pleinement en vigueur. Le président de l'Assemblée, Gustavo Porras, a annoncé l'approbation initiale, tandis que la coprésidente Rosario Murillo a indiqué que le second vote aura lieu lors de la session législative débutant le 18 janvier 2027. Selon le calendrier révisé, les élections présidentielles nationales sont reportées à 2028, suivies des élections municipales en 2029. Cette révision fait suite à une modification antérieure en 2024 qui avait porté le mandat exécutif de cinq à six ans et fait de Murillo la coprésidente aux côtés de son mari, Daniel Ortega.
- Avant 2024
- 5 ans
- Réforme de 2024
- 6 ans
- Réforme de 2026
- 7 ans
Données tirées du texte de l’article
Consolidation du pouvoir d'Ortega
Le vote législatif fait suite aux déclarations d'Ortega le 19 juillet 2026 lors du 47e anniversaire de la Révolution sandiniste, où il a annoncé que le vote concurrentiel n'aurait plus lieu dans le pays. Ortega, âgé de 80 ans et approchant de son 81e anniversaire, gouverne le Nicaragua sans interruption depuis 2007, ce qui fait de lui le chef d'État en poste le plus longtemps en Amérique.
« Oubliez ça, il n'y aura plus d'élections dans ce pays. »
Le gouvernement avait précédemment détenu des candidats rivaux avant les élections de novembre 2021 et avait ensuite déchu au moins 452 critiques de leur citoyenneté, dont les auteurs Sergio Ramírez et Gioconda Belli. Les troubles politiques ont commencé en avril 2018 lorsque les forces de sécurité ont réprimé des manifestations antigouvernementales, une action qui a fait plus de 300 morts selon les décomptes des Nations unies et a contraint des milliers de personnes à l'exil.
Réaction diplomatique internationale
Après le vote de l'Assemblée, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a appelé les partenaires régionaux à suspendre les relations diplomatiques et économiques normales avec Managua. Rubio a déclaré que Washington entend présenter des mesures supplémentaires lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation des États américains pour accroître la pression sur le gouvernement nicaraguayen.
« Les dictatures qui nient les droits inaliénables de leurs citoyens ne devraient pas bénéficier des mêmes avantages économiques ou politiques que les gouvernements engagés à défendre la paix et la sécurité hémisphériques. »
Les mesures constitutionnelles ont également suscité la condamnation des gouvernements régionaux à travers l'Amérique latine. Après la déclaration d'Ortega en juillet, les administrations du Brésil, du Chili, de la Bolivie et de plusieurs nations centraméricaines ont critiqué la suspension des processus démocratiques, tandis que le Panama a retiré son ambassadeur de la capitale Managua.