En bref
Le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez a annoncé des mesures alternatives à l'incarcération pour 131 personnes le 14 août, deux jours après la conclusion du premier cycle de négociations parrainées par les États-Unis le 12 août.
Foro Penal a confirmé 64 libérations vendredi à 19h30. L'ONG dénombrait 391 prisonniers politiques au 10 août et estimait qu'environ 250 restaient après les libérations annoncées.
Au moins six femmes ont été libérées de l'INOF à Los Teques, dont Emirlendris Benítez, condamnée à 30 ans en 2022 dans l'affaire de la tentative d'assassinat par drone de 2018, et l'Hispano-Vénézuélienne María Auxiliadora Delgado Tabosky, condamnée à 30 ans en 2019.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a qualifié les libérations d'étape cruciale pour la réconciliation et a indiqué que 1 046 Vénézuéliens avaient été libérés depuis le 3 janvier. Un nouveau cycle de dialogue est prévu pour septembre.
La dirigeante de l'opposition Dinorah Figuera a salué les libérations tout en appelant à une pression continue. La lauréate du prix Nobel Maria Corina Machado, exilée au Panama, n'a pas été invitée aux négociations mais a déclaré qu'elle ne ferait pas obstacle au processus.
- 12 aoûtPremier cycle de négociations parrainées par les États-Unis conclu avec deux accords
- 14 aoûtLe gouvernement annonce la libération de 131 personnes ; Foro Penal en confirme 64 en soirée
- septembre 2026Nouveau cycle de dialogue prévu
Annonce de la libération
Le gouvernement intérimaire du Venezuela a annoncé vendredi 14 août l'octroi de « mesures alternatives à l'incarcération » pour 131 personnes détenues pour des motifs politiques, selon un communiqué diffusé par le ministre de la Communication, Miguel Ángel Pérez Pirela. Cette annonce intervient deux jours après la conclusion, mercredi 12 août, du premier cycle de négociations parrainées par les États-Unis entre le gouvernement de Delcy Rodríguez et une délégation de l'opposition menée par Dinorah Figuera. Les deux parties étaient parvenues à des accords sur la réforme judiciaire et la récupération des avoirs vénézuéliens gelés en Angleterre pour aider à la reconstruction après les séismes de juin qui ont fait plus de 6 300 morts, mais la question des prisonniers politiques n'était pas formellement à l'ordre du jour.
Confirmations et détenus restants
Foro Penal, l'ONG qui recense les détentions politiques, a confirmé 64 libérations vendredi à 19h30 et a demandé aux familles de « faire preuve de patience pour la diffusion d'informations vérifiées et complètes ». L'organisation dénombrait 391 prisonniers politiques lundi 10 août. Selon ABC, Foro Penal estimait qu'environ 250 prisonniers politiques restaient dans les prisons vénézuéliennes après les libérations annoncées. RFI faisait état de 502 personnes détenues pour des motifs politiques avant les délibérations de vendredi, dont 52 femmes, un chiffre qui pourrait refléter une définition plus large.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré sur X que ces libérations étaient « une étape cruciale pour le processus de réconciliation du pays » et que 1 046 Vénézuéliens avaient été libérés depuis le 3 janvier.
- Libérés depuis le 3 janvier (Rubio)
- 1046 personnes
- Annoncés le 14 août
- 131 personnes
- Confirmés le 14 août au soir (Foro Penal)
- 64 personnes
Données tirées du texte de l’article
Cas parmi les libérés
Parmi les prisonniers libérés se trouvaient au moins six femmes de l'Instituto Nacional de Orientación Femenina (INOF) à Los Teques, Miranda, dont Emirlendris Benítez, María Alexandra Delgado Tabosky, Samaira Romero, Maryfrancys Marcano et Jennifer Osuna, selon Alfredo Romero, directeur de Foro Penal. Emirlendris Benítez, détenue depuis le 5 août 2018 dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'assassinat par drone contre Nicolás Maduro, a été condamnée à 30 ans de prison en 2022. Des organisations de défense des droits humains ont documenté qu'elle avait été torturée alors qu'elle était enceinte, qu'elle avait perdu son enfant et qu'elle souffrait de graves problèmes de mobilité nécessitant l'usage d'un fauteuil roulant. María Auxiliadora Delgado Tabosky, une Hispano-Vénézuélienne de 50 ans, a été capturée en 2019 avec son mari, l'officier militaire Juan Carlos Marrufo, et condamnée à 30 ans de prison pour complot et financement du terrorisme.
Réactions et perspectives
Dinorah Figuera a salué les libérations sur X tout en appelant à une pression continue.
« Avec l'espoir de retrouvailles pour les familles vénézuéliennes, nous accueillons les informations sur les libérations. Ils ne sont pas tous libres, et ils méritent une liberté totale. Continuons à exiger sans relâche jusqu'à ce que chaque citoyen soit réuni avec sa famille. »
L'ancien député Ramón López, membre de la délégation de l'opposition, a déclaré à Venevisión que les prisonniers politiques ne devaient pas être traités comme des monnaies d'échange.
« Il ne peut y avoir de dialogue national sans la libération complète de tous les prisonniers politiques. Et aujourd'hui, 131 sortent. Notre travail doit se concentrer sur la libération de tous. Les prisonniers politiques ne peuvent pas être un gage d'échange pour progresser sur d'autres sujets, cela doit être une question centrale. »
Le dialogue a lieu sept mois après la capture de Maduro par les forces américaines. Maria Corina Machado, la dirigeante de l'opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, exilée au Panama, n'a pas été invitée à participer mais a déclaré qu'elle ne ferait pas obstacle au processus. Un nouveau cycle de négociations est prévu pour septembre.