En bref
Yolanda Díaz a demandé le 8 octobre 2026 au comité consultatif de remettre sa proposition de salaire pour 2027 fin octobre ou début novembre, plusieurs semaines avant les dates de janvier 2025 et décembre 2025 utilisées lors des cycles précédents.
L'inflation en glissement annuel a atteint 4,9 % en septembre 2026, ce qui porterait le salaire minimum mensuel actuel de 1 221 euros à 1 281 euros sur 14 versements si elle était répercutée intégralement.
La Confédération espagnole des organisations d'entreprises et l'ancien ministre Miguel Sebastián ont mis en garde contre le contournement du dialogue social et l'adoption de décrets salariaux avant les élections du 29 novembre 2026.
La loi espagnole impose de consulter les partenaires sociaux, mais autorise le gouvernement à fixer le salaire minimum 2027 par décret royal, sans vote du Parlement ni accord du patronat.
- 8 oct.Le ministère du Travail réunit les experts pour lancer la révision du salaire 2027
- 29 nov.Élections générales espagnoles
- 1 janv.Date légale à partir de laquelle les entreprises doivent appliquer le salaire actualisé
Un calendrier accéléré avant les élections
La deuxième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail, Yolanda Díaz, a demandé le 8 octobre 2026 au comité consultatif d'experts de remettre ses recommandations sur le salaire minimum pour 2027 fin octobre ou début novembre. Ce délai accéléré de trois semaines vise à conclure le processus bien avant les élections générales prévues le 29 novembre 2026, convoquées par le Premier ministre Pedro Sánchez après la dissolution du Parlement. Selon le calendrier habituel, les rapports d'experts étaient remis en décembre ou en janvier, et les décrets salariaux adoptés en février. Yolanda Díaz a rejeté les accusations selon lesquelles ce calendrier accéléré serait motivé par des considérations politiques, en insistant sur le fait que les entreprises doivent connaître le nouveau taux du salaire minimum au 1er janvier.
« La vie des travailleurs et des entreprises ne s'arrête pas à cause d'un processus électoral. »
Pressions inflationnistes et pouvoir d'achat
Le comité d'experts, présidé par Begoña Cueto, professeure d'économie appliquée à l'université d'Oviedo, doit proposer une hausse qui empêche les salariés rémunérés au salaire minimum de perdre du pouvoir d'achat, tout en veillant à ce que ce salaire atteigne au moins 60 % du salaire moyen national, conformément à la Charte sociale européenne. Yolanda Díaz a rappelé que l'inflation annuelle des prix à la consommation a atteint 4,9 % en septembre 2026, sous l'effet des coûts des carburants liés au conflit au Moyen-Orient. Une revalorisation de 4,9 % du salaire minimum mensuel actuel de 1 221 euros sur 14 versements porterait la rémunération à 1 281 euros, soit une hausse de près de 60 euros par mois. À l'inverse, un ajustement fondé sur le taux d'inflation moyen sur 12 mois, de 3,2 % à 3,3 %, porterait le plancher légal entre 1 258 et 1 261 euros. Cette année, le ministère a demandé au comité d'évaluer les effets de l'inflation sur les ménages aux revenus les plus faibles, qui consacrent une part disproportionnée de leur budget à l'alimentation, aux transports, à l'énergie et au logement.
- 2018
- 736 EUR
- 2026
- 1221 EUR
Données tirées du texte de l’article
Opposition des organisations patronales et de responsables politiques
Le calendrier proposé et une éventuelle hausse de 5 % ont immédiatement suscité l'opposition des organisations patronales et de responsables politiques. La Confédération espagnole des organisations d'entreprises (CEOE) a déclaré que les entreprises ne peuvent pas supporter une hausse de cette ampleur après avoir subi de fortes augmentations de coûts dues à l'instabilité géopolitique. L'ancien ministre de l'Industrie et professeur d'économie Miguel Sebastián a appelé à la prudence, estimant que des mesures économiques importantes ne devraient pas contourner le dialogue social ni précéder un scrutin.
« Je pense qu'aujourd'hui le gouvernement devrait s'abstenir de prendre, disons, des mesures importantes sans passer d'abord par le dialogue social, qui est aujourd'hui rompu. »
Miguel Sebastián a soutenu que tout engagement sur le salaire minimum devrait être présenté comme une promesse électorale plutôt qu'adopté avant que les électeurs ne se prononcent. Il a également averti que les risques économiques extérieurs étaient négligés pendant la période de campagne nationale.
Marges des entreprises et pouvoirs de décret
Yolanda Díaz a défendu le calendrier accéléré en invoquant les performances économiques d'ensemble, citant le taux de croissance de l'économie espagnole de 2,6 %, présenté comme le plus élevé de l'OCDE. Elle a affirmé que les marges des entreprises en Espagne sont le double de la moyenne européenne, les profits des entreprises ayant progressé de plus de 20 % et les marges bénéficiaires sur les ventes dépassant 8 %.
« Il est temps de se serrer un peu la ceinture en haut, pas en bas. »
Depuis 2018, le salaire minimum espagnol a augmenté de 66 %, passant de 736 euros par mois à 1 221 euros sur 14 versements. Une fois le rapport des experts remis, le ministère du Travail ouvrira des discussions avec les syndicats et les organisations patronales. La législation espagnole impose de consulter les partenaires sociaux mais n'exige pas leur accord unanime : le gouvernement conserve donc le pouvoir d'adopter le salaire minimum 2027 par décret royal, même si les organisations patronales refusent de l'approuver.