En bref
Des informations publiées mercredi font état de troupes érythréennes ayant franchi la frontière et progressé dans le nord du Tigré, où les combats entre les forces fédérales éthiopiennes et le TPLF se poursuivent depuis le 23 septembre.
L'AFP, citant des témoins et le groupe de suivi ACLED, rapporte que des drones éthiopiens ont frappé dans la nuit des forces et des munitions érythréennes à Adigrat, une localité proche de la frontière érythréenne.
L'Érythrée a rompu ses relations diplomatiques avec l'Éthiopie le 1er octobre, selon France 24, et l'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir le TPLF, ce que l'Érythrée dément.
Les États-Unis ont émis une alerte de sécurité demandant à leurs ressortissants de reconsidérer tout voyage en Éthiopie et d'éviter les régions de l'Amhara, du Tigré et de l'Afar, invoquant la menace d'attaques à longue portée.

- 23 sept.Reprise des combats entre les forces fédérales éthiopiennes et les groupes dirigés par le TPLF
- 1 oct.L'Érythrée rompt ses relations diplomatiques avec l'Éthiopie
- MercrediDes informations font état de troupes érythréennes franchissant la frontière et progressant dans le nord du Tigré
- Nuit de jeudiDes drones éthiopiens frappent des forces et des munitions érythréennes près d'Adigrat, selon des témoins et l'ACLED
Des troupes signalées à l'intérieur du Tigré
Des informations publiées mercredi font état de troupes érythréennes ayant franchi la frontière et progressé dans le nord du Tigré, région où le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) combat les forces fédérales éthiopiennes depuis le 23 septembre. Des images géolocalisées par France 24 montrent des hommes en uniforme dans au moins deux camions à Edaga Hamus, une localité du Tigré située à plus de 50 kilomètres de la frontière érythréenne. Les plaques visibles sur au moins deux de ces camions correspondent à des véhicules de transport érythréens et non à des plaques de l'État du Tigré, rapporte France 24. Une personne ayant photographié le convoi a déclaré à la chaîne qu'il transportait des soldats érythréens. RFI fait état de soldats en patrouille à Rama et autour de Sheraro, tous deux proches de la frontière, ainsi qu'à Fatsi, près d'Adigrat, à 40 kilomètres de la frontière.
Comment le conflit en est arrivé là
Les hostilités ont repris le 23 septembre entre l'armée éthiopienne et des groupes opposés au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, dont le TPLF, qui gouvernait le Tigré depuis avril et défiait l'autorité fédérale, selon RFI. L'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir les rebelles, ce que l'Érythrée a toujours démenti. L'Érythrée et l'Éthiopie ont combattu ensemble contre le TPLF pendant la guerre civile de 2020 à 2022, mais leurs relations se sont dégradées, et l'AFP rapporte que l'Érythrée craint que l'Éthiopie, pays enclavé, ne prévoie d'envahir son territoire pour obtenir un accès direct à la mer Rouge. Les deux pays se sont aussi affrontés dans une guerre frontalière entre 1998 et 2000, note l'AFP. L'Érythrée a rompu ses relations diplomatiques avec l'Éthiopie le 1er octobre, rapporte France 24. La BBC Somali rapporte que les forces du TPLF se sont retirées de Mekelle, la plus grande ville du Tigré, à 115 kilomètres au sud d'Adigrat, que les forces gouvernementales contrôlent désormais.
Frappes de drones et accusations
L'AFP, citant des témoins et le groupe de suivi ACLED, rapporte que des drones éthiopiens ont mené plusieurs frappes dans la nuit contre des forces et des munitions érythréennes à Adigrat. Un témoin ayant requis l'anonymat a déclaré à l'AFP qu'un très grand nombre de frappes de drones avait touché la zone, détruisant des camions érythréens qui ne sont plus dans les rues. Ni Asmara ni Addis-Abeba n'avaient répondu aux questions sur la situation dans le nord de l'Éthiopie au moment du rapport de l'AFP. Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, a dénoncé sur X ce qu'il a qualifié de « récit fallacieux de légitime défense » du gouvernement éthiopien, selon lui utilisé pour justifier une « guerre d'agression » que l'Éthiopie entend mener contre l'Érythrée. Getachew Temare, analyste politique basé aux États-Unis, a qualifié le déploiement érythréen de « plan B » d'Asmara, estimant que l'Érythrée voulait d'abord que le Tigré soit une zone tampon sous contrôle du TPLF pour protéger sa frontière de l'armée fédérale.
Réactions régionales et américaines
Bloomberg rapporte que les États-Unis ont émis une alerte de sécurité demandant à leurs ressortissants de reconsidérer tout voyage en Éthiopie en raison de la menace d'attaques à longue portée, alors que les tensions avec l'Érythrée s'intensifient. L'ambassade à Addis-Abeba a conseillé aux citoyens américains d'éviter les régions de l'Amhara, du Tigré et de l'Afar. RFI présente la contre-offensive éthiopienne, lancée une dizaine de jours plus tôt, comme l'élément qui a poussé Asmara à engager des troupes au sol, faisant craindre que les combats au Tigré ne se transforment en une guerre régionale plus large.