En bref
La juge Phaedra F. Perry Bond a scellé la plainte de Jane Doe contre Cornell et d'autres documents, après le doxxing d'un homme portant le même nom que l'un des défendeurs.
Le 8 octobre, des manifestations réclamant la fin des violences sexuelles ont eu lieu dans plus de 40 États, avec des centaines de personnes marchant du National Mall à la Maison-Blanche à Washington.
Après le dépôt de la plainte civile, les procureurs ont rouvert le dossier et la gouverneure Kathy Hochul a nommé la procureure générale de l'État comme procureure spéciale.
Un faux signalement mardi soir a conduit un agent armé au domicile des parents de Jane Doe ; la police et le FBI examinent l'incident.
Matthew Van Houten a décidé de ne pas engager de poursuites pénales quelques jours après les premières déclarations substantielles de Jane Doe à la police en octobre 2024, une décision que son avocat Thomas Giuffra juge trompeuse pour sa cliente.
- 19 oct.Nuit de l'agression présumée à la maison de la fraternité Chi Phi
- septembre 2026Dépôt de la plainte civile contre Cornell, décrite comme le mois dernier
- Mardi soirUn faux signalement envoie la police armée au domicile des parents de Jane Doe
- 8 oct.Manifestations dans plus de 40 États
Plainte scellée et doxxing
La juge Phaedra F. Perry Bond a scellé la plainte civile déposée par Jane Doe contre l'université Cornell, ainsi que d'autres documents du dossier. L'ordonnance s'adresse au public, aux parties et à leurs avocats. Elle intervient après le doxxing d'un homme portant le même nom que l'un des défendeurs, qui n'a jamais fréquenté Cornell. Dans son ordonnance, la juge écrit :
« Toutes les personnes concernées, qu'il s'agisse du public, des parties ou de leurs avocats, doivent faire leur part pour faire retomber la tension avant que quelqu'un ne soit blessé. »
Les accusations
La plainte civile allègue que Jane Doe a reçu des drogues et de l'alcool avant d'être agressée sexuellement par plusieurs membres de la fraternité Chi Phi de Cornell alors qu'elle était en état d'incapacité, en octobre 2024. La plainte situe la nuit du 19 octobre 2024 dans la maison de la fraternité sur Edgemoor Lane, après un passage au bar Moonies. Elle décrit son accord pour un rapport sexuel avec un membre après une brève hésitation, puis l'administration de kétamine et des agressions et viols qui ont suivi. Sept anciens membres, désormais appelés les « Cornell 7 » aux États-Unis, sont mis en cause. La plainte a été déposée le mois dernier contre l'université et les étudiants accusés, et reproche à Cornell de ne pas avoir enquêté ni sanctionné les personnes impliquées.
Police et procureurs
Matthew Van Houten, procureur du comté de Tompkins, a décidé de ne pas engager de poursuites pénales quelques jours après les premières déclarations substantielles de Jane Doe à la police, en octobre 2024. Il a demandé à la police du campus de l'informer de cette décision, mais a admis ne jamais avoir parlé à elle ni à son avocat. La semaine dernière, il a déclaré dans un communiqué qu'aucune enquête supplémentaire n'était selon lui nécessaire, après que les procureurs ont examiné un résumé policier de six pages de son témoignage. Il a qualifié sa participation à la consommation de drogues et à l'activité sexuelle de volontaire, consciente et consentie. Cette description contredit ce qu'elle a déclaré à la police et aux enquêteurs de l'université, ainsi que sa plainte civile.
Les procureurs ont rouvert le dossier après le dépôt de la plainte civile, et la gouverneure de New York, Kathy Hochul, a nommé la procureure générale de l'État comme procureure spéciale. Giuffra a déclaré à l'Associated Press qu'elle avait été induite en erreur sur l'état de l'enquête :
« Je pense qu'elle a été induite en erreur. »
Manifestations dans tout le pays
Le 8 octobre, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays pour réclamer la fin des violences sexuelles, avec des survivantes, des étudiants et des militants rassemblés dans des communautés et sur des campus de plus de 40 États. À Washington, des centaines de personnes se sont réunies jeudi soir sur le National Mall et ont marché jusqu'à la Maison-Blanche. La manifestation de Washington était l'un des dizaines de rassemblements, veillées et débrayages organisés ce jour-là sous le mot d'ordre #StopSexualViolence : From the Frat House to the White House.
Menaces et fausse alerte
Mardi soir, un policier s'est rendu au domicile de ses parents après un faux signalement selon lequel un homme avait tiré sur sa mère et pointé une arme sur sa sœur. L'agent croyait être face à une fusillade en cours et est arrivé arme prête. Il a intercepté une voiture transportant son frère et son petit ami, tandis que son père sortait demander ce qui se passait, selon un rapport de police. La police enquête et le FBI examine le dossier. Giuffra affirme que des agents ont pointé leurs armes sur le petit ami, le frère et le père, et que sa cliente a reçu des menaces de mort. La famille a recouvert les fenêtres de la maison de papier. Giuffra a déclaré :
« S'il s'était agi d'un policier à la gâchette facile, ou si quelqu'un avait commis une erreur, quelqu'un aurait pu finir mort. »
Un débat plus large sur la culture des campus
L'affaire a suscité de vives critiques contre les fraternités, au cœur de la vie sociale étudiante et dont les anciens deviennent souvent des donateurs des universités. Aux Pays-Bas, Willy van Berlo, conseillère stratégique au centre de connaissances Rutgers, estime que l'affaire reflète la manière dont certains hommes et garçons ne reconnaissent ni ne respectent les limites sexuelles des femmes. Elle cite un groupe Snapchat dans lequel des étudiants ont lu des messages sur l'agression sans intervenir :
« Plusieurs étudiants de ce groupe Snapchat ont lu les messages sur l'agression, mais ne sont pas intervenus. »
Les chiffres de CBS pour 2024 montrent que 52 % des femmes dans l'enseignement universitaire ont subi une forme de comportement sexuel répréhensible en l'espace d'un an, contre 19 % des hommes.
- Femmes dans l'enseignement universitaire
- 52 %
- Hommes dans l'enseignement universitaire
- 19 %
Données tirées du texte de l’article
Mischa Dekker, chercheuse sur les violences de genre à l'université de Leyde, estime que l'indignation porte principalement sur des cultures de pairs dans lesquelles les hommes banalisent les comportements sexuels répréhensibles, et que la recherche néerlandaise montre des schémas similaires dans la vie étudiante.