En bref
Le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El-Mansouri, 50 ans, Première ministre le 29 septembre 2026, en vertu de l'article 47 de la Constitution.
Le Parti de l'authenticité et de la modernité d'El-Mansouri s'est classé premier au scrutin du 23 septembre 2026 avec 22,13 % des voix et 97 des 395 sièges.
Les consultations ont débuté le 30 septembre 2026 avec le RNI (66 sièges) et l'Istiqlal (65 sièges), tandis que le PJD (54 sièges) a choisi l'opposition.
Le nouveau gouvernement fait face à un taux de chômage des jeunes de 37 % et supervise un programme d'investissement de 20 milliards de dollars pour la Coupe du monde 2030.
- 23 sept.Le Maroc organise des élections législatives pour 395 sièges à la Chambre des représentants.
- 29 sept.Le roi Mohammed VI nomme Fatima Ezzahra El-Mansouri Première ministre.
- 30 sept.El-Mansouri ouvre des consultations formelles en vue de négocier une coalition gouvernementale.
Une nomination royale et une étape politique
Le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El-Mansouri Première ministre du Maroc le 29 septembre 2026, au Palais royal de Rabat. En vertu de l'article 47 de la Constitution marocaine, le monarque a chargé cette avocate de 50 ans, coordinatrice nationale du Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM), de former un nouveau gouvernement. Mme El-Mansouri, qui a été ministre de l'Habitat et de l'urbanisme ainsi que maire de Marrakech, devient la première femme à diriger le gouvernement du Maroc et la troisième dans le monde arabe, après deux femmes Premières ministres en Tunisie.
Après son audience avec le roi, Mme El-Mansouri s'est adressée au public au sujet de son mandat.
« C'est un moment historique. Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, une femme assume la responsabilité de la présidence du gouvernement. Ce n'est pas un honneur pour moi seule, mais pour toutes les femmes du pays. »
Le résultat des élections et l'arithmétique parlementaire
La nomination fait suite aux élections législatives du 23 septembre 2026, où le PAM, parti libéral, s'est classé premier avec 22,13 % des voix. La participation a atteint 38 %, en baisse par rapport aux 50 % enregistrés lors des élections législatives de 2021. Les règles électorales marocaines empêchant un parti d'obtenir à lui seul la majorité absolue au sein de la Chambre des représentants (395 sièges), le gouvernement doit être formé par le biais d'une coalition.
Le PAM a obtenu 97 sièges, devançant ses anciens partenaires de coalition. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) termine deuxième avec 66 sièges, soit 36 de moins que dans le Parlement précédent. Le Parti de l'Istiqlal (PI) a remporté 65 sièges, contre 81 auparavant. Le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste modéré, a gagné 41 sièges pour en totaliser 54, tandis que la Coalition de gauche a obtenu 8 sièges.
- PAM
- 97 sièges
- RNI
- 66 sièges
- Istiqlal (PI)
- 65 sièges
- PJD
- 54 sièges
- Coalition de gauche
- 8 sièges
Données tirées du texte de l’article
Consultations de coalition et réactions étrangères
El-Mansouri a ouvert des négociations formelles de coalition à Rabat le 30 septembre 2026 avec les partis représentés au Parlement. Elle a entamé des discussions avec le RNI et l'Istiqlal, et s'est entretenue par téléphone avec le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, qui a confirmé que son parti resterait dans l'opposition aux côtés de la Coalition de gauche. La commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica, a félicité Mme El-Mansouri mercredi, qualifiant le Maroc de partenaire clé et stratégique de l'Union européenne.
Le roi a préféré Mme El-Mansouri à l'ancien ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa, qui avait rejoint le PAM deux mois avant le scrutin. Riccardo Fabiani, directeur pour l'Afrique du Nord à l'International Crisis Group, a évalué le choix du monarque.
« Je pense qu'ils ont compris qu'elle est la cheffe du parti et qu'elle fait du bon travail, et que Lekjaa ne se plaindra pas s'ils ne le choisissent pas, ce qui leur permet d'envoyer un signal de progrès encore plus fort, même si le changement est cosmétique. »
Pressions économiques et préparatifs de tournoi
Le nouveau gouvernement fait face à des défis économiques considérables, dont un taux de chômage des jeunes de 37 % et la hausse du coût de la vie. En 2025, des manifestations de jeunes ont dénoncé les dépenses publiques consacrées aux événements sportifs au détriment des services de santé et d'éducation. La pression économique s'est manifestée fin juillet lorsque environ 70 000 personnes ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta, faisant plus de 140 morts.
Le programme du PAM promet de créer un million d'emplois en cinq ans, d'exonérer d'impôt sur le revenu les salaires mensuels inférieurs à 15 000 dirhams (1 366 euros) et d'instituer une pension minimale de 3 000 dirhams (273 euros). Le gouvernement gérera également un portefeuille de 20 milliards de dollars d'infrastructures et de construction de stades pour la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganise avec l'Espagne et le Portugal.