En bref
Le président Sergio Mattarella a retiré trois ans et deux mois à la peine de douze ans et quatre mois infligée à Guido Gianni pour double homicide et tentative d'homicide.
Avec cinq ans et trois mois déjà purgés, la peine restante de Gianni passe sous les quatre ans, ce qui lui permet de demander une probation sous contrôle des services sociaux.
Gianni a été condamné pour avoir tiré sur trois braqueurs, dont deux mortellement, après qu'ils eurent agressé son épouse avec une réplique d'arme à feu dans son magasin à Nicolosi le 18 février 2008.
- 18 févr.Trois braqueurs attaquent la bijouterie de Gianni à Nicolosi, deux braqueurs sont tués
- 2018L'épouse de Gianni, Maria Angela Distefano, lance une pétition en ligne pour obtenir la clémence
- 2022Gianni commence à purger sa peine de prison après la condamnation définitive
- 7 oct.Le président Sergio Mattarella signe un décret réduisant la peine de Gianni de trois ans et deux mois
Décrets de clémence présidentielle
Le président de la République Sergio Mattarella a signé trois décrets de grâce individuels le 7 octobre 2026 en vertu de l'article 87, alinéa 11 de la Constitution italienne, après un avis favorable du ministère de la Justice. Parmi les bénéficiaires figure Guido Gianni, bijoutier de 66 ans, qui a obtenu une grâce partielle éteignant trois ans et deux mois de sa peine de prison. Gianni avait été condamné à douze ans et quatre mois pour double homicide et tentative d'homicide. Le chef de l'État a pris en compte l'avis favorable du magistrat de surveillance, la dégradation de l'état de santé de Gianni et les cinq ans et trois mois déjà purgés. Cette réduction ramène la peine restante de Gianni sous la barre des quatre ans, permettant au tribunal de l'application des peines d'envisager des mesures alternatives telles que la probation sous contrôle des services sociaux, conformément à l'article 47 de la loi pénitentiaire. Mattarella a également gracié A.A., né en 1972, en remettant une peine restante de cinq ans, cinq mois et dix jours en raison de conditions de santé irréversibles, et a accordé une grâce partielle d'un an et neuf mois à G.B., né en 1981, après sa réinsertion sociale et au vu de l'état de santé de sa fille mineure.
Le braquage de Nicolosi en 2008
Les accusations contre Gianni découlent d'un incident survenu le 18 février 2008 dans sa bijouterie Pierre Bonnet, sur le Corso Italia à Nicolosi, près de Catane. Trois assaillants masqués ont pénétré dans les lieux, ont agressé Gianni et son épouse, Maria Angela Distefano, et les ont menacés avec une réplique d'arme à feu dépourvue de bouchon de sécurité rouge. Gianni a récupéré dans son atelier un pistolet de calibre 9x21 détenu légalement et a tiré des coups de sommation avant qu'une bousculade n'éclate. Les juges du fond ont conclu que les tirs mortels ont atteint dans le dos deux braqueurs de 21 ans alors qu'ils fuyaient le magasin. La justice a estimé que les actes dépassaient la légitime défense, aboutissant à une condamnation définitive à douze ans et quatre mois et à l'incarcération de Gianni en 2022.
Campagne familiale et réactions politiques
L'épouse de Gianni a lancé une campagne publique et une pétition en ligne sur Change.org en 2018 pour obtenir la clémence présidentielle, soutenant que son mari avait agi uniquement pour protéger leur vie et leur commerce. Distefano a exprimé son soulagement après l'annonce du Quirinal, précisant avoir consulté ses avocats pour calculer la peine restante exacte.
« Je remercie le président Sergio Mattarella pour la grâce, même si elle est partielle ; pour moi, c'est mon héros, il m'a sauvé la vie alors que je subissais des violences. »
La décision a reçu le soutien public de plusieurs personnalités politiques italiennes. Le vice-président du Conseil et chef de la Ligue, Matteo Salvini, qui avait déjà rendu visite à Gianni à la prison de l'Ucciardone à Palerme, avec le soutien de la députée européenne de la Ligue Susanna Ceccardi, s'est félicité du décret.
« Une merveilleuse nouvelle. Ces dernières années, j'ai suivi de près l'histoire de Guido Gianni, l'ayant aussi rencontré en prison, en soutenant son combat avec la Ligue. Aujourd'hui, je suis heureux pour lui et pour sa famille. Je l'ai dit alors et je continue de le penser : celui qui est agressé dans son commerce, voit sa femme menacée et réagit pour se défendre et défendre ses proches ne peut pas être traité comme un criminel. Une accolade à Guido. La défense est toujours légitime. »
Contexte judiciaire et débat public
Le député européen de Forza Italia Fulvio Martusciello a qualifié la grâce partielle de décision d'équilibre et d'humanité prise dans le cadre des prérogatives constitutionnelles. L'affaire a été comparée dans le débat public à celle de Mario Roggero, un bijoutier de Grinzane Cavour condamné à quatorze ans et neuf mois pour avoir tiré sur deux braqueurs en fuite lors d'un braquage en 2021. Évoquant la relation entre sécurité et État de droit lors de la cérémonie du Ventaglio en juillet, Mattarella a déclaré que les conduites individuelles doivent se conformer aux règles juridiques communes plutôt que d'adapter les règles au cas par cas.