En bref
L'Arcom a relevé une forte convergence de points de vue favorisant les thèmes de la sécurité intérieure, de l'immigration et de l'islam, ainsi que des critiques systématiques du gouvernement et de La France Insoumise.
Cette décision est la première prise en vertu d'un arrêt du Conseil d'État de 2024, qui a étendu les compétences de l'Arcom du temps de parole politique au domaine plus large de la diversité des pensées et des opinions.
CNews pourrait faire face à des pénalités financières si elle ne corrige pas ce déséquilibre, un avertissement qui revêt une importance particulière à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
La chaîne n'a pas réagi publiquement à la décision. RSF, à l'origine de la plainte, a salué cette mesure.
- 12 juinL'Arcom adresse une mise en demeure à CNews
- 15 juinLa décision est rendue publique
- septembre 2026L'Arcom étendra son contrôle aux quatre chaînes d'information françaises
Détails de la décision
L'Arcom a annoncé publiquement le lundi 15 juin avoir adressé une mise en demeure à CNews pour non-respect du pluralisme des courants de pensée et d'opinion. La décision, datée du 12 juin, fait suite à une enquête ayant examiné plus de 900 séquences et 168 heures de programmes diffusés en mars 2025. Il s'agit de la première fois que le régulateur exerce son mandat élargi, instauré en 2024 après une décision du Conseil d'État, pour faire respecter la diversité des opinions au-delà du simple temps de parole politique.
Périmètre de l'examen
Le régulateur a passé en revue les émissions phares de CNews telles que L'Heure des Pros, La Grande Interview, Morandini Live et Punchline. Les enquêteurs ont relevé ce que l'Arcom décrit comme une grille d'interprétation prédominante centrée sur la sécurité intérieure, la menace liée à l'immigration et à l'islam, la critique de l'exécutif et de l'Union européenne, ainsi que des attaques quasi systématiques contre le parti de Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise.
« Nous avons observé une forte convergence des points de vue dans le traitement des principaux thèmes abordés. »
Contexte réglementaire
Il s'agit de la première décision depuis l'arrêt du Conseil d'État du 13 février 2024, qui exigeait un contrôle renforcé du pluralisme sur les chaînes d'information. Auparavant, l'Arcom ne suivait que l'équilibre des temps de parole politiques. La plainte à l'origine de cet examen a été déposée par Reporters sans frontières (RSF) en janvier 2025.
Prochaines étapes et calendrier politique
À dix mois de l'élection présidentielle de 2027, l'Arcom a averti que tout manquement pourrait entraîner des sanctions, y compris des pénalités financières. À la rentrée prochaine, le régulateur étendra son contrôle aux quatre chaînes d'information françaises. CNews, détenue par le groupe média de Vincent Bolloré, n'a pas souhaité commenter la décision.