En bref
Mohamed Sanhadji a été mis en examen à Paris pour corruption d'une personne dépositaire de l'autorité publique et condamné à verser un cautionnement de 80 000 euros.
L'enquête porte sur un chèque de 60 300 euros remis à Sanhadji en juin 2023 provenant des primes de Coupe du monde 2022 de Kylian Mbappé.
Le contrôle judiciaire interdit à Sanhadji l'accès à Clairefontaine, au Stade de France, au personnel de la FFF, aux joueurs de l'équipe de France et aux responsables de la DCCRS en fonction depuis 2011.
Sanctionné par la hiérarchie policière, Sanhadji a pris sa retraite de la police en décembre 2025 avant d'être embauché directement par la FFF pour la Coupe du monde 2026.
- 2004Sanhadji commence à gérer la sécurité de l'équipe de France de football en tant qu'officier de police
- juin 2023Mbappé remet un chèque de 60 300 euros provenant de ses primes de Coupe du monde 2022 à Sanhadji
- décembre 2025Sanhadji prend sa retraite anticipée de la police et est embauché directement par la FFF
- septembre 2026Le parquet de Paris confirme la mise en examen de Sanhadji pour corruption d'une personne dépositaire de l'autorité publique
Mise en examen et conditions du contrôle judiciaire
Mohamed Sanhadji, responsable logistique et sécurité de l'équipe de France masculine de football, a été mis en examen mercredi à Paris pour corruption d'une personne dépositaire de l'autorité publique. Le parquet de Paris a annoncé la mise en examen vendredi après la garde à vue de Sanhadji. L'enquête judiciaire porte sur un transfert financier de 60 300 euros que Sanhadji a reçu en juin 2023 de l'attaquant de l'équipe de France Kylian Mbappé.
Dans le cadre du contrôle judiciaire ordonné par le magistrat, Sanhadji doit verser un cautionnement de 80 000 euros. L'ordonnance impose des limitations strictes à ses activités professionnelles, lui interdisant d'exercer des fonctions de police nationale et de travailler dans le secteur du sport professionnel. Cette restriction couvre tout travail rémunéré avec des clubs de football français ou étrangers, la Fédération française de football (FFF) et les instances sportives internationales.
Interdictions étendues de contacts et de lieux
Les mesures de contrôle judiciaire interdisent explicitement à Sanhadji de maintenir des contacts avec plusieurs groupes liés au football français et à la sécurité de l'État. Il lui est interdit de communiquer avec les joueurs passés et présents des équipes de France, l'encadrement technique actuel, les anciens et actuels sélectionneurs, ainsi que les anciens et actuels présidents et employés de la FFF. L'interdiction s'étend aux directeurs et directeurs adjoints de la DCCRS (Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité) en fonction depuis 2011.
Sanhadji est également interdit de pénétrer dans les principaux lieux du football français sans autorisation judiciaire expresse. Les lieux restreints comprennent le siège de la FFF à Paris, le centre national d'entraînement de football à Clairefontaine, le Stade de France à Saint-Denis et le Parc des Princes.
Origine du versement des primes de Coupe du monde
Sanhadji a travaillé comme officier de police chargé de superviser la sécurité de l'équipe de France de 2004 à décembre 2025. La transaction financière a eu lieu en juin 2023, après la Coupe du monde 2022 au Qatar. Mbappé a émis un chèque de 60 300 euros provenant de ses primes de tournoi à l'ordre de Sanhadji. La transaction a été signalée par un banquier comme un cadeau d'usage, mais Sanhadji n'avait pas informé sa hiérarchie policière de ces fonds.
Des sanctions policières internes ont suivi le défaut de déclaration des fonds, conduisant Sanhadji à prendre une retraite anticipée de la police nationale en décembre 2025. Malgré les sanctions disciplinaires, Sanhadji est resté bien considéré parmi les joueurs de l'équipe de France et au sein de la fédération. La FFF l'a recruté directement comme membre du personnel civil pour gérer la logistique et la sécurité de l'équipe en vue de la Coupe du monde 2026.
Répercussions pour le staff de Zinédine Zidane
Les procédures judiciaires créent un défi opérationnel immédiat pour la Fédération française de football et le nouveau sélectionneur Zinédine Zidane. Sanhadji avait servi aux côtés de l'équipe pendant plus de deux décennies, établissant des liens étroits avec des générations de joueurs et d'administrateurs avant son intégration formelle dans le staff de Zidane. Avec l'interdiction judiciaire pour Sanhadji d'accéder à Clairefontaine, aux stades et à toutes les activités sportives, la FFF doit réorganiser ses opérations de sécurité alors que l'enquête judiciaire se poursuit.