En bref
Le 30 septembre 2026, le tribunal de district de Varsovie a accordé un sauf-conduit non définitif au député PiS Marcin Romanowski, malgré l'opposition du procureur Piotr Woźniak.
Romanowski fait face à 11 chefs d'accusation, dont la participation à un groupe criminel organisé et plus de 280 millions de zlotys de détournements présumés du Fonds pour la justice, après avoir quitté la Pologne les 7 et 8 décembre 2024.
Le tribunal a écarté l'article 281 § 2 du code de procédure pénale, qui exige l'accord du parquet, jugeant cette restriction inconstitutionnelle.
Le ministre de la Justice Waldemar Żurek a annoncé un appel, tandis que le président du Conseil national des avocats Przemysław Rosati et le juriste Marek Chmaj ont discuté des conditions et obligations juridiques du sauf-conduit.
- 7–8 décembre 2024Romanowski quitte la Pologne par Barwinek vers la Slovaquie et la Hongrie avant une détention attendue.
- 30 septembre 2026Le tribunal de district de Varsovie accorde un sauf-conduit à Romanowski malgré l'opposition du parquet.
- 1er octobre 2026Le ministre de la Justice Waldemar Żurek annonce un appel contre la décision du tribunal.
Décision de justice et conflit juridique
Le 30 septembre 2026, le tribunal de district de Varsovie a accordé un sauf-conduit au député de Droit et Justice (PiS) Marcin Romanowski, ordonnant la suspension de la détention provisoire dès que la décision prendra effet. Le procureur Piotr Woźniak s'est formellement opposé à la requête, et le parquet national a confirmé qu'il ferait appel de cette décision non définitive. En vertu de l'article 281 § 2 du code de procédure pénale, amendement adopté sous l'ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, un sauf-conduit au stade de l'instruction exige une requête ou l'accord du procureur. La porte-parole du tribunal, la juge Anna Ptaszek, a expliqué que la formation avait jugé la clause légale subordonnant une mesure de faveur judiciaire à l'assentiment du parquet incompatible avec la Constitution polonaise et les normes internationales. L'avocat pénaliste Jacek Dubois et l'ancien procureur général adjoint Kazimierz Olejnik ont tous deux affirmé que les tribunaux disposent de bases juridiques pour écarter des dispositions qui compromettent l'égalité procédurale entre les parties.
Accusations pénales et franchissement de la frontière
Le parquet national a retenu 11 chefs d'accusation contre Romanowski, alléguant sa participation à un groupe criminel organisé et des détournements de fonds supérieurs à 280 millions de zlotys pendant qu'il gérait le Fonds pour la justice. Le député a quitté la Pologne dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024 par le poste frontière de Barwinek vers la Slovaquie et la Hongrie, devançant une mesure de détention attendue, un mandat d'arrêt et un mandat d'arrêt européen. Bien que Romanowski ait auparavant promis une pleine coopération avec les autorités judiciaires et assuré qu'il resterait en Pologne, il a quitté le pays après avoir qualifié l'enquête de motivée politiquement. Sa localisation n'a pas été confirmée depuis, des médias évoquant des séjours possibles en Hongrie et en Transnistrie, alors qu'il conserve son mandat parlementaire à la Diète.
Réaction de l'exécutif et intégrité de la justice
Le ministre de la Justice et procureur général Waldemar Żurek a attaqué publiquement la décision sur le réseau social X, qualifiant le juge président Konrad Mielcarek de nomination politiquement promue liée à l'administration de Ziobro. Le vice-ministre de la Justice Arkadiusz Myrcha a expliqué que le parquet avait choisi de ne pas déposer de requête formelle de récusation du juge afin d'éviter d'ajouter plusieurs mois de retard à l'enquête. L'ancien ministre de la Justice Zbigniew Ćwiąkalski a soutenu que le tribunal n'avait pas compétence légale, en vertu du droit procédural, pour accorder le sauf-conduit, tout en notant que le double rôle exécutif de Żurek crée un conflit d'intérêts institutionnel inhérent.
« On n'accorde pas de sauf-conduit à des gens qui se trouvaient à la tête d'un groupe criminel organisé et qui ont fui la justice. Zéro confiance, zéro indulgence. »
Débat juridique et conditions procédurales
Le président du Conseil national des avocats polonais, Przemysław Rosati, a observé que le sauf-conduit constitue un mécanisme pratique pour contraindre Romanowski à se présenter devant la justice polonaise plutôt que de laisser l'enquête bloquée à l'étranger. Rosati a pointé le paradoxe institutionnel de voir Romanowski bénéficier du rejet de dispositions procédurales adoptées par son propre parti. La docteure Katarzyna Gajowniczek-Pruszyńska, bâtonnière de l'ordre des avocats de Varsovie, a noté que le tribunal n'a pas assorti le sauf-conduit d'une caution financière. Le juriste Marek Chmaj a déclaré que le document impose des conditions obligatoires plutôt que de conférer une impunité judiciaire.
« Un sauf-conduit n'est pas une récompense. C'est une obligation pour la personne recherchée de se présenter en Pologne, de résider à une adresse déterminée et de se signaler à chaque demande du parquet ou du tribunal. »