En bref
Les stockages souterrains de l'UE étaient remplis à 72 % au 1er octobre, contre un objectif habituel de 90 % au début de l'hiver.
La France se situait autour de 85 % tandis que l'Allemagne atteignait 59,2 % selon la Bundesnetzagentur mercredi.
IEEFA estime un déficit pouvant atteindre 14 milliards de mètres cubes cet hiver, soit environ 7 % de la demande de l'UE.
Samantha Dart, de Goldman Sachs, situe les prix près de 70 euros par mégawattheure si les livraisons de GNL du golfe Persique s'améliorent, ou environ 40 % plus haut dans le cas contraire.
- septembre 2026Le commissaire Dan Jorgensen écrit aux ministres de l'UE pour les avertir de prix très élevés
- 1 oct.Les stockages souterrains de l'UE atteignent 72 % de remplissage
- 7 oct.La Bundesnetzagentur situe les stocks allemands à 59,2 %
- 8 oct.Les perspectives hivernales d'ENTSOG indiquent que l'UE peut couvrir sa demande hivernale de gaz
Perspectives hivernales des gestionnaires de réseau
L'association européenne des gestionnaires de réseaux de transport de gaz, ENTSOG, a indiqué le jeudi 8 octobre que l'UE peut couvrir sa demande hivernale de gaz, tout en appelant à surveiller de près des stocks à des niveaux « historiquement bas ». Les stockages souterrains de l'UE étaient remplis à 72 % au 1er octobre au terme d'une saison qualifiée de « difficile » par l'association, bien en dessous de l'objectif habituel de 90 % au début de l'hiver, un seuil que le bloc a assoupli pendant la crise énergétique. LExpress situe le taux de remplissage environ dix points sous celui de l'an dernier et plus de 20 % sous les niveaux de 2024. L'objectif antérieur de 80 % début novembre n'est plus atteignable, selon l'agence fédérale allemande des réseaux, la Bundesnetzagentur, qui précise que les injections quotidiennes sont « en partie restées assez faibles ». Ni ENTSOG ni les autorités allemandes ne voient de risque d'approvisionnement pour l'hiver lui-même.
- Moyenne UE (1er oct.)
- 72 %
- France
- 85 %
- Allemagne (7 oct.)
- 59.2 %
Données tirées du texte de l’article
Écarts entre États membres
Les stocks varient fortement au sein du bloc, la France se situant autour de 85 % et l'Allemagne à 59 % selon l'AFP, tandis que la Bundesnetzagentur mesurait 59,2 % en Allemagne mercredi. LExpress rapporte que la France, l'Italie et le Portugal dépassent 85 %, alors que l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique tirent la moyenne vers le bas. ENTSOG a signalé que les pays enclavés d'Europe centrale et orientale, ainsi que l'Europe du Sud-Est, seraient les plus en difficulté pour sécuriser des volumes suffisants de GNL. ENTSOG a indiqué que les importations de GNL peuvent compenser en partie des stocks plus faibles et a appelé à maintenir des livraisons élevées tout au long de l'hiver. Son président, Piotr Kus, a résumé l'enjeu en une phrase.
« Chaque molécule supplémentaire disponible aujourd'hui, que ce soit en stockage ou via le GNL, renforce la situation en Europe. »
Scénarios pour les prix et l'approvisionnement
IEEFA, un centre de réflexion américain sur l'énergie, estime que l'UE pourrait faire face à un déficit allant jusqu'à 14 milliards de mètres cubes cet hiver, soit environ 7 % de la demande. POLITICO rapporte que les perspectives des gestionnaires de réseau avertissent que les stocks pourraient descendre jusqu'à 11 % si les importations de GNL sont limitées, tandis que la version de l'AFP des mêmes perspectives évoque une baisse « nettement sous 30 % » d'ici la fin de l'hiver. Samantha Dart, de Goldman Sachs, a esquissé deux cas de figure : si les livraisons de GNL en provenance du golfe Persique s'améliorent, les marchés européens pourraient s'équilibrer autour des prix actuels d'environ 70 euros par mégawattheure, mais dans le cas contraire, les prix devraient augmenter d'environ 40 %. L'économiste d'Oxford Economics Angel Talavera a livré la lecture la plus précise de l'objectif et de la météo.
« Atteindre l'objectif de stockage de l'UE sera difficile cette année. Au final, c'est la météo qui détermine avant tout la demande de gaz pendant la saison de chauffe. »
Routes d'approvisionnement et question russe
Les États-Unis fournissent environ 60 % des importations de GNL de l'UE, et la Russie reste le deuxième fournisseur avec environ 17 % des importations en 2026, malgré l'objectif affiché par l'UE de s'affranchir de l'énergie russe. Le bloc prévoit d'interdire toutes les importations de gaz russe d'ici l'automne 2027. Ana Jaller-Makarewicz, analyste principale pour l'énergie en Europe chez IEEFA, a déclaré que des réserves au plus bas laissent le bloc « avec moins de marge » face aux perturbations de l'approvisionnement mondial. LExpress présente les perspectives hivernales comme dépendantes du maintien ou non de la paralysie du détroit d'Ormuz. Le commissaire Dan Jorgensen a averti les ministres dans une lettre de fin septembre de prix « très élevés » et a exhorté les pays à réduire leur consommation aux heures de pointe, tandis que la Commission a déclaré qu'il n'y avait pas de risque immédiat pour la sécurité d'approvisionnement.