En bref
Tourné pour 750 000 à 1 million de dollars, « Obsession » est devenu un succès mondial au box-office, offrant à Barker un contrat avec Universal.
Barker et le réalisateur de « Backrooms », Kane Parsons, représentent une nouvelle génération de cinéastes qui ont construit leur public sur YouTube avant de percer dans le cinéma traditionnel.
Le film utilise le postulat d'un souhait maudit pour explorer les relations toxiques, le machisme et le côté sombre de l'amour romantique.
Après une carrière en festival discrète, le film a explosé commercialement grâce aux réactions enthousiastes du public suite à sa sortie américaine en mai.
- 15 sept.Première au Festival international du film de Toronto ; ne remporte pas le prix du public
- 10 oct.Remporte le Prix spécial du jury au Festival du film de Sitges
- 1 maiSortie commerciale aux États-Unis ; le bouche-à-oreille provoque une flambée du box-office
- 25 juinSortie en salles en Espagne, saluée par la critique
Le succès d'un réalisateur né sur YouTube
Curry Barker, un cinéaste d'une vingtaine d'années qui s'est d'abord fait remarquer avec le court-métrage de 800 dollars « Milk & Serial », a réalisé l'un des films d'horreur les plus commentés de l'année. « Obsession » a été tourné pour un budget compris entre 750 000 et 1 million de dollars, une fraction des productions typiques de Blumhouse, mais il est devenu un phénomène mondial au box-office depuis sa sortie commerciale aux États-Unis en mai. Le film suit Bear (Michael Johnston), un jeune homme ordinaire qui utilise un objet maudit pour faire tomber amoureuse de lui sa crush platonique Nikki (Inde Navarrette), mais le souhait dégénère en violence psychologique et physique.
Une métaphore des relations toxiques
Les critiques ont salué le film comme une allégorie acérée de l'amour toxique, du machisme et des dangers de l'obsession romantique. Barker utilise le genre horrifique pour décortiquer les dynamiques de contrôle, d'isolement et de violence émotionnelle, suscitant des comparaisons avec « The Invisible Man » de Leigh Whannell. La force du film réside dans sa retenue : au lieu d'images de synthèse, Barker s'appuie sur des effets pratiques (ruban adhésif noir sur une porte, cadrages ombragés) et sur les performances intenses des acteurs pour instaurer l'angoisse.
Racines festivalières et explosion commerciale
« Obsession » a été présenté en première aux festivals de Toronto et de Sitges à l'automne 2025, remportant le Prix spécial du jury à Sitges mais sans susciter d'enthousiasme immédiat. La véritable flambée est survenue après sa sortie en salles aux États-Unis en mai, lorsque le bouche-à-oreille l'a propulsé vers des sommets inattendus au box-office. Universal a déjà signé Barker pour son prochain projet, et le film sort actuellement à l'international, notamment en Espagne fin juin.
Une nouvelle vague venue d'internet
« Obsession » est le deuxième film d'horreur à petit budget réalisé par un metteur en scène issu de YouTube à percer cette année, après « Backrooms » de Kane Parsons. Tous deux ont la vingtaine, se sont constitué un public en ligne avant de passer au long métrage, et sont soutenus par les grands labels de l'horreur (Blumhouse pour Barker, A24 pour Parsons). Les critiques voient en eux un tournant dans l'horreur contemporaine, apportant au grand public les rythmes de l'ère internet et une focalisation sur l'isolement et l'incommunicabilité.
Des performances qui ancrent la terreur
Michael Johnston livre ce qu'une critique appelle une performance de « scream king » dans le rôle du malheureux Bear, tandis que la Nikki d'Inde Navarrete a été saluée comme une digne successeure du rôle oscarisé d'Amy Madigan dans « Weapons ». Navarrete, qui avoue être si sensible à l'horreur qu'elle s'est caché les yeux pendant « Hereditary », trouve une vulnérabilité qui rend la descente de son personnage dans la manie à la fois crédible et profondément dérangeante.