En bref
Volkswagen a résilié dix conventions collectives le 30 septembre 2026, dont l'accord-cadre central qui régit les conditions de travail de 130 000 salariés allemands.
Le directeur général Oliver Blume a proposé d'augmenter la durée hebdomadaire du travail ou de réduire les jours de congés sans compensation salariale, affirmant que les coûts du travail allemands sont le double de ceux des autres sites européens.
L'économiste Helena Wisbert a indiqué que Volkswagen a abaissé à 1 % sa prévision de marge opérationnelle pour 2026, avec jusqu'à 50 000 postes et quatre usines menacés.
La présidente du comité d'entreprise, Daniela Cavallo, et IG Metall ont promis de résister après des débrayages à Zwickau, en avertissant de possibles grèves dès le début de 2027.
- Septembre 2026Volkswagen lance un avertissement sur résultats et abaisse à 1 % sa prévision de marge opérationnelle pour 2026
- 30 sept.Volkswagen résilie dix conventions collectives avec IG Metall
- Début 2027IG Metall se prépare à d'éventuelles grèves après l'expiration des contrats
Résiliation des conventions collectives
Le 30 septembre 2026, Volkswagen a résilié dix conventions collectives conclues avec le syndicat industriel IG Metall, dont son accord-cadre central (Manteltarifvertrag). Cet accord-cadre fixe les normes essentielles du travail, notamment la durée du travail, les jours de congés payés et les majorations salariales pour l'ensemble des sites allemands. La direction de l'entreprise a déclaré que cette résiliation ouvrait un espace formel de négociation pour répondre à un désavantage de coûts qui se creuse. La mesure concerne environ 130 000 salariés des sites allemands de Volkswagen.
La direction veut allonger le temps de travail
Le directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a proposé d'augmenter le temps de travail des salariés allemands afin d'aligner les coûts de production sur ceux des concurrents étrangers. Interrogé par le média The Pioneer, Oliver Blume a déclaré que les coûts du travail allemands sont environ deux fois plus élevés que dans les autres pays européens où Volkswagen est présent. Le dirigeant a identifié deux méthodes principales pour réduire les dépenses : augmenter la durée hebdomadaire du travail sans compensation salariale, ou augmenter le temps de travail annuel en réduisant les droits à congés.
« C'est ce qui doit être négocié dans les semaines et les mois à venir. »
La semaine de travail standard dans les entreprises liées par convention dans l'industrie automobile allemande est de 35 heures, sans qu'il s'agisse d'une obligation légale. Des sources internes indiquent que des postes plus longs réduiraient les coûts du travail dans les divisions qui recourent aux heures supplémentaires et aux embauches externes, tandis que les services en sureffectif ne verraient pas leurs horaires augmenter.
Dégradation financière et fermetures d'usines
Les résiliations font suite à un plan de restructuration approuvé par le conseil de surveillance de Volkswagen fin août 2026. Le plan prévoit plusieurs milliards d'euros de réductions de masse salariale, la fermeture possible de jusqu'à quatre usines d'assemblage et la suppression de jusqu'à 50 000 postes. Helena Wisbert, professeure d'économie automobile à l'université des sciences appliquées d'Ostfalia, a déclaré qu'un point bas financier était initialement prévu pour le second semestre 2026, mais que la situation s'est dégradée. Après un avertissement sur résultats en septembre 2026, le constructeur prévoit une marge opérationnelle de 1 % pour 2026.
« Volkswagen doit désormais vraiment retourner chaque pierre et s'attaquer aussi à ce type de contrats pour redevenir compétitif sur les coûts. »
Au-delà des contrats de travail, l'entreprise évalue la vente d'activités et l'arrêt de filiales afin de préserver sa liquidité face à la contraction des volumes de ventes.
Résistance syndicale et préparatifs de grève
Les représentants du personnel ont réagi par des protestations immédiates sur les sites allemands. À l'usine de véhicules de Zwickau, des salariés ont quitté une réunion interne du personnel après l'annonce des résiliations. Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise central de Volkswagen, a promis de défendre les avantages acquis et de s'opposer aux coupes dans les salaires et les conditions de travail. Les responsables d'IG Metall en Basse-Saxe ont critiqué la direction pour avoir divulgué les résiliations aux médias avant de présenter des revendications concrètes aux représentants des salariés. Les accords résiliés expirant fin décembre 2026, IG Metall a averti que des grèves pourraient débuter dans les usines allemandes au début de 2027.