En bref
Avec 95,6 % des voix dépouillées, le candidat de gauche Roberto Sánchez devance la conservatrice Keiko Fujimori de moins de 30 000 voix (50,084 % contre 49,916 %).
Environ 450 000 voix dans des procès-verbaux contestés, ainsi que les bulletins de 73 pays, décideront de la course. Les procès-verbaux de l'étranger arrivent d'ici mercredi.
Sánchez et Fujimori ont tous deux exhorté leurs partisans à rester calmes et promis de respecter le résultat, bien que chaque camp ait des avocats qui examinent les procès-verbaux.
Le Jury national des élections estime que le résultat définitif pourrait prendre jusqu'à 30 jours, en raison des exigences de procédure légale.
- 8 juinLes Péruviens votent à l'élection présidentielle du second tour.
- 9 juinAvec 95,6 % des voix dépouillées, Sánchez devance Fujimori 50,084 % contre 49,916 %, soit une marge d'environ 30 000 voix.
- 10 juinLes procès-verbaux des votes de l'étranger devraient arriver au Pérou pour être dépouillés.
Une marge infime
Roberto Sánchez, du parti de gauche Juntos por el Perú, conservait mardi une très légère avance sur la conservatrice Keiko Fujimori alors que l'autorité électorale péruvienne dépouillait les bulletins du second tour. Avec 95,6 % des bureaux de vote traités, Sánchez obtenait 50,084 % (8 899 257 voix) contre 49,916 % pour Fujimori (8 869 481), soit un écart de moins de 30 000 voix. Les chiffres pourraient encore s'inverser : la tête est passée de l'un à l'autre à plusieurs reprises dans la nuit, et l'écart s'est resserré à chaque mise à jour. Le décompte rappelle déjà le second tour de la présidentielle de 2021, lorsque Pedro Castillo avait battu Fujimori par seulement 44 000 voix.
Des bulletins encore en transit
L'issue du scrutin repose sur deux réservoirs de voix encore à dépouiller : les bulletins de l'étranger et les procès-verbaux de bureaux de vote contestés. Plus d'un million de Péruviens sont inscrits à l'étranger, et environ 400 000 ont voté au premier tour ; ces bulletins arrivent de 73 pays et doivent parvenir à Lima d'ici mercredi. Sur le territoire national, 1 513 procès-verbaux ont été signalés pour irrégularités ou contestations et doivent être tranchés par des jurys électoraux spéciaux. Environ 450 000 voix se trouvent dans ces actes contestés, de quoi effacer l'avance de Sánchez.
Les candidats appellent à la patience
Les deux candidats ont exhorté leurs partisans à attendre le résultat officiel.
« Nous sommes très confiants et optimistes, mais nous devons attendre que tous les bulletins soient comptés. »
« Nous devons attendre jusqu'à la fin. Ce qu'il faut maintenant, c'est de la patience et de la sérénité. Nous respecterons le résultat, quel qu'il soit. »
« C'est une égalité technique ; cela peut pencher d'un côté comme de l'autre. Le résultat pourrait être inversé dans les heures à venir ; on ne parle pas encore d'un vainqueur. »
Un pays divisé selon des lignes de fracture familières
Le vote a une fois de plus exposé les fractures géographiques et sociales du Pérou. Fujimori domine à Lima et le long de la côte, où les votes dépouillés tôt lui ont donné une avance initiale. Sánchez puise sa force dans les hauts plateaux andins et l'Amazonie, dont les bulletins sont arrivés plus tard et l'ont progressivement propulsé en tête. La fracture fait écho à la compétition de 2021 et à un cycle plus long de turbulences politiques : depuis 2016, le Pérou a connu huit présidents, dont beaucoup ont été défaits par des scandales de corruption ou des affrontements parlementaires.
- Roberto Sánchez
- 8899257
- Keiko Fujimori
- 8869481
Données tirées du texte de l’article
La longue attente d'un résultat
La finalisation de l'élection devrait probablement s'étendre jusqu'en juillet. Roberto Burneo, président du Jury national des élections, a déclaré que la proclamation définitive « interviendrait dans les 30 prochains jours ». Ce délai est dicté par l'obligation légale de transporter chaque bulletin de vote physique et chaque procès-verbal vers plus d'une centaine de bureaux de dépouillement, ainsi que par le jugement des actes contestés. Ni Sánchez ni Fujimori ne disposent d'une majorité au Congrès, de sorte que le vainqueur final devra tisser des alliances pour gouverner un pays usé par le crime organisé, les réseaux d'extorsion et la défiance institutionnelle.