En bref
Yad Vashem ouvre son tout premier centre éducatif hors d'Israël, en choisissant l'Allemagne comme lieu d'implantation.
Le centre principal sera à Munich, sur la Karolinenplatz chargée d'histoire, avec une antenne à Leipzig, à l'Ariowitsch-Haus.
Munich a été choisie pour son rôle de « berceau du NSDAP », plaçant le centre au cœur de l'ancien quartier du parti nazi.
L'initiative est une réponse directe à l'augmentation de l'antisémitisme mondial, à la distorsion de la Shoah et à un manque de connaissances perçu chez les jeunes Allemands.
Le centre vise à centrer la perspective juive et les voix des victimes dans l'éducation allemande sur la Shoah, allant au-delà d'un focus sur les histoires locales des bourreaux.
L'antenne de Leipzig est spécifiquement chargée d'étendre la portée éducative aux voisins d'Europe de l'Est, notamment la Pologne et la République tchèque.
- 1 janv.Le président de Yad Vashem, Dani Dayan, propose pour la première fois un centre éducatif allemand au chancelier de l'époque, Olaf Scholz.
- 1 sept.Yad Vashem annonce une liste restreinte de trois Länder potentiels : la Bavière, la Saxe et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
- 28 maiMunich est officiellement sélectionnée comme site principal, avec une antenne confirmée pour Leipzig.
- 1 janv.Le centre éducatif de Munich devrait ouvrir dans un délai de trois ans.
Une décision historique
Le plus grand mémorial de la Shoah au monde, Yad Vashem, établit son tout premier centre éducatif international à Munich, en Allemagne, avec une antenne à Leipzig. La décision, annoncée jeudi, est une réponse directe à ce que l'institution décrit comme une augmentation critique de l'antisémitisme mondial et la distorsion ou le déni croissants de la Shoah. Le centre principal sera construit à la Karolinenplatz, au cœur de Munich, un lieu d'une profonde signification symbolique car il se trouve dans l'ancien quartier du parti nazi, berceau du NSDAP.
« Le choix de Munich, berceau du NSDAP, a une profonde signification symbolique et reflète l'importance de confronter cette histoire là où elle a commencé. »
Le hub de Munich
Le centre de Munich devrait ouvrir dans un délai de trois ans et servira de plateforme nationale pour les publics de toute l'Allemagne et des pays voisins. Le projet bénéficie d'une garantie financière du gouvernement du Land de Bavière. Les facteurs clés ayant conduit à la sélection de Munich, face aux candidatures concurrentes de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie – où Cologne, Düsseldorf et Dortmund avaient toutes postulé – incluent la situation stratégique de la ville, son paysage éducatif, ses normes de sécurité élevées et son importance historique. Le site est proche du NS-Dokumentationszentrum existant et du Consulat général d'Israël.
« Nous assumons notre responsabilité historique : les atrocités du national-socialisme ne doivent jamais se répéter. »
L'antenne de Leipzig
Parallèlement au hub de Munich, une antenne plus petite sera établie à Leipzig, à l'Ariowitsch-Haus, le centre culturel et communautaire de la communauté religieuse israélite de Leipzig. Ce site proposera des espaces d'apprentissage interactifs et ciblera spécifiquement les éducateurs et les jeunes de la région, servant également de pont vers l'Europe de l'Est, en particulier la Pologne et la République tchèque. Cette initiative a été saluée par les dirigeants saxons comme un grand honneur et une obligation.
« L'éducation et les nouveaux sites éducatifs sont nécessaires et importants pour s'opposer de manière décisive et claire à l'antisémitisme, aux préjugés, à la désinformation et à toute forme de relativisation de la Shoah. »
Mission et vision éducatives
Le centre vise à renforcer la perspective juive dans la culture du souvenir allemande, qui, selon la directrice pédagogique de Yad Vashem, Yael Richler-Friedman, a été largement façonnée par des récits locaux. La nouvelle institution se concentrera sur les voix des victimes plutôt que sur celles des bourreaux, visant à clarifier l'ampleur du meurtre de masse et à encourager les visiteurs à réfléchir à leur propre identité et à développer de l'empathie. La ministre allemande de l'Éducation, Karin Prien, a souligné que de nombreux jeunes en Allemagne en savent trop peu sur la Shoah.
« La connaissance de ce qui fut est importante pour empêcher le mal à l'avenir. »
Un projet de longue date
L'idée d'un centre éducatif allemand a été proposée pour la première fois par le président de Yad Vashem, Dani Dayan, en 2023 lors d'une réunion avec le chancelier de l'époque, Olaf Scholz. Le projet est depuis soutenu par le gouvernement actuel du chancelier Friedrich Merz et par des politiciens aux niveaux fédéral et des Länder. Après une étude de faisabilité, la liste restreinte des Länder potentiels a été réduite à la Bavière, la Saxe et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie en septembre 2025, aboutissant à la décision finale d'aujourd'hui.
Un engagement plus large
Malgré l'échec de sa candidature, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie s'est engagée à continuer de soutenir le travail éducatif national de Yad Vashem. Le chef de la chancellerie du Land, Nathanael Liminski, a déclaré que la NRW contribuerait avec son remarquable paysage de sites éducatifs et mémoriels à la lutte plus large contre l'antisémitisme. Cette initiative marque une expansion significative de la mission de Yad Vashem de préserver la mémoire de la Shoah par l'éducation, la documentation et la recherche à un moment où les témoignages directs de survivants se font de plus en plus rares.